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Critique du film : Phénomènes Paranormaux [2010], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le samedi 31 juillet 2010 à 00h26

Escroquerie phénoménale

Dans les années 70 était diffusé sur les télévisions américains un téléfilm intitulé The UFO Incident. Marqué par les interprétations extraordinaires de James Earl Jones et Estelle Parsons, ce métrage se voulait être une reconstitution des séances de régression hypnotique des Hill, un couple mixte qui affirmait avoir été, durant l'été 1961, le sujet d'une abduction extra-terrestre. Le film de Richard A. Colla se basait essentiellement sur des séquences de séances d'hypnose, hormis son "spectaculaire" final où la réalisation s'essayait à matérialiser le récit de Betty Hill. Le résultat reste, encore aujourd'hui, saisissant.

Avec Phénomènes Paranormaux, le réalisateur Olatunde Osunsanmi récupère la recette de The UFO Incident pour tenter de mettre en forme un spectacle plus impressionnant et démonstratif. Il garde donc le principe des séances d'hypnose, remplace le témoignage audio par la vidéo (de mauvaise qualité, bien entendu, pour le spectateur en voie le moins possible) et y amène un aspect "possession démoniaque" emprunté à L'Exorciste et consorts. Utilisant la technique du split-screen pour faire avancer son « docu-fiction » tout en essayant (en vain) d'y adjoindre réalisme et crédibilité, le cinéaste nous y raconte l'histoire d'une psychologue, Abigail Tyler, qui se retrouve confrontée à d'étranges et terrifiants évènements se déroulant dans la petite ville de Nome, en Alaska. Pas bête comme idée, cela aurait même pu fonctionner...


Malheureusement, et peu importe le fait que ce témoignage ne soit finalement qu'un vulgaire Hollywood Hoax, le résultat est que la mayonnaise ne prend pas. Tout d'abord, le récit est bourré d'incohérences et même si cette Abigail Tyler avait réellement existé (ce qui n’est absolument pas le cas car elle est totalement inconnue de tous les UFOlogues mondiaux), on comprend avec aise que personne ne puisse croire à ses propos délirants. A coté de cela, le script est très maladroit (ou prend les spectateurs pour des imbéciles, ce qui revient au même) avec la présence de failles structurelles qui cassent toute l'efficacité de l'intrigue, comme cette vidéo de témoignage de la police du comté qui, si elle avait été véridique, aurait atterri dans les dossiers du FBI et pas sur la table d'un petit producteur hollywoodien. Le modus operandi des abductions, d’une grande violence et effectuées un peu dans  un manque d’organisation, semble également peu en accord avec les pratiques qu’utiliseraient une race extra-terrestre évoluée. On se dit qu’avec un tel niveau de  connaissances, les visiteurs utiliseraient des méthodes plus pratiques pour eux.

Olatunde Osunsanmi, par une réalisation très prétentieuse, s'acharne aussi dans une méthode narrative par split-screen, comme s'il n'avait aucune confiance dans le potentiel immersif de son scénario (à raison, serait-on tenté de dire). Malheureusement, de méthode plutôt pratique au départ, sa redondance finit par rendre l’effet lassant et entraine même une distanciation vis-à-vis du spectateur qui doit jongler entre pléthore de « dopplegangers » filmiques. En conséquence, les malheurs d’Abigail, à la fois Milla Jovovich et l’anglaise Charlotte Milchard, finit par ne plus nous toucher et le sort de cette psychologue qui se voit enlever sa famille, on s’en moque que de sa première chaussette. La mélodramatique séquence de conclusion ne possède d’ailleurs pas plus d’impact émotionnel qu’un épisode de Plus belle la vie.

Le cinéaste insiste également sur les effets sonores exagérés et transforme ses séquences d’hypnose en crises de nerf d’individus possédés par le démon. Comme dans Le projet Blair Witch et [REC.]- qui ont l’honnêteté, eux, de revendiquer tous deux leur artificialité -, Phénomènes Paranormaux utilise tous les artifices connus pour intriguer et faire peur à son audience : un témoin vidéo dérapant au mauvais moment, des borborygmes sumériens énonçant des brides de phrases suffisamment denses pour que l’on puisse comprendre leurs sens (et qui fait passer les aliens pour des gros débiles sadiques), une dégradation de la qualité de l’image qui apparaît comme trop calculée pour être honnête. Bref, si les plus jeunes pourront parfois sursauter, le spectateur avisé et attentif n’y croira pas une seule seconde. J’en ai même un peu ricané de dépit, je dois l’avouer.

Du coté de l’interprétation, Milla Jovovich, qui m’avait heureusement surpris dans le thriller Escapade Fatale où elle incarnait une tueuse psychopathe, continue sa progression. Elle interprète son personnage avec conviction et avec passion. On sent qu’elle désire se faire une place en qualité de véritable comédienne et elle est assurément sur la bonne voie. A ses cotés, Elias Koteas est aussi atone que Will Patton (le shérif August) est hystérique, les deux acteurs semblant avoir oubliés ce qu’est le jeu en nuance. La « véritable » Abigail Tyler est interprétée par une comédienne anglaise, Charlotte Milchard, transformée en junkie pour l’occasion. Bref, pas grand-chose de mémorable.

La conclusion de à propos du Film : Phénomènes Paranormaux [2010]

Nicolas L.
30

Il est amusant de remarquer qu’actuellement le pseudo-reportage au look fauché bénéficie du même engouement que le luxueux cinéma en 3D. Deux aspects cinématographiques totalement antithétiques qui laisseraient presque à penser que la recette du succès se trouve aujourd’hui dans l’exploitation des extrêmes. C’est ce qu’a dû penser le réalisateur opportuniste Olatunde Osunsanmi qui, après avoir exploité (et massacré) le filon claustro de The Descent avec l’étron The Cavern, nous propose Phénomènes Paranormaux, film encore plus escroc que les [REC.] and co. car lancé par de fausses informations usant de la magie du buzz internet. Intrinsèquement, le film n’est pas calamiteux grâce à une mise en scène parfois efficace (ce qui justifie cette note médiocre) mais, à force d’user d’artifices, le réalisateur rate totalement son coup et il n’arrive qu’à construire un métrage sans grand intérêt, sorte de mélange bidon entre La nuit des extra-terrestres et L'Exorciste, essayant de faire sursauter l’audience par des effets sonores, des flashs visuels et un mec baragouinant dans un évier. Bof.

Que faut-il en retenir ?

  • Une mise en scène parfois efficace
  • Milla Jovovich, assez passionnée

Que faut-il oublier ?

  • Une crédibilité mis en faute par des incohérences
  • Le split-screen, lassant à l’usage
  • Une tonne d’effets faciles
  • Absolument pas terrifiant, ni même stressant

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