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Critique du téléfilm : Flu Birds [2010], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 16 juin 2010 à 18h41

Cracoucass enragé à la sauce yogourt

- L'est, c'est sur notre gauche, et l'ouest à droite, non? demande un jeune homme brun coiffé à la Justin Bieber et armé d'une hache, caché derrière un caillou.
- Je pense... Alors, on fait quoi, on va vers la droite ou vers la gauche? Ajoute une jeune bimbo également très bien armée (calibre 34DD).
- Et le nord, par rapport au sud, c'est dans quelle direction? Interrompt un troisième larron, dissimulé derrière une feuille d'arbuste.
- Euh.... A la droite de l'est, non? Dans quel sens se dirige le soleil?
Ils lèvent la tête. L'on entend, au loin, des cris d'oiseaux.
-  Putain, j'en sais rien moi! On n'est pas le matin, ni le soir, le soleil est au-dessus! intervient Hip-hop, le gentil rappeur poète, pour le coup très observateur.
- Bon, allez, on y va! S’impatiente l'élément "minorité ethnique" du script (l'élément "surcharge pondérale", lui, est déjà mort quelques temps auparavant).
- Par là? Le brun tend le doigt vers l'est. Ou l'ouest.
- Non, par là! conclut une brune énergique, ce type de jolie fille que l'on est persuadé avoir déjà vu quelque part, dans une série ou un film.
Et tous de se lever pour aller Dieu seul sait où...

Reconstituée de mémoire (elle doit donc forcément présenter quelques petites erreurs mais l'essentiel y est), cette scène d'une terrible intensité dramatique est tirée de Flu Birds, un téléfilm de SF produit par Avi Lerner, boss de Nu Image et fils spirituel (si j'ose dire) de Menahem Golan et Yoram Globus, et réalisé par Leigh Scott, un cinéaste éminemment apprécié des fans de nanars pour leur avoir offert, entre autres, un délectable Transmorphers. Ces cinq jeunes gens, des délinquants juvéniles pensionnaires de la très dure maison de redressement L'Oreal & Schwarzkopf, sont les ultimes spécimens vivants d'une petite équipe en sortie pédagogique au cœur d'un parc national. Des gamins encore plus crétins que les célèbres lapins - presque tous si antipathiques que l'on souhaite sincèrement leur mort au bout de 10 minutes de métrage - qui ont eu la malchance de tomber sur une invasion d'oiseaux mutants atteints de grippe aviaire.

Pour vous décrire un peu ces vermines ailées, je vais maintenant faire appel à vos souvenirs de bédéphiles. En effet, si comme moi, vous avez lu, gamin, que dis-je, dévoré les classiques de Peyo narrant les aventures des Schtroumpfs, vous n'avez surement pas oublié l'album Les Schtroumpfs et le Cracoucass (dans lequel les gentils petits lutins bleus friands de salsepareille doivent repousser les attaques d'un oiseau ayant muté pour avoir absorbé un philtre inventé par le Grand Schtroumpf) Dans ce cas-là, vous n'aurez aucune difficulté à visualiser les créatures de Flu Birds car il suffit de remplacer les ailes du vautour sadique de la BD par des membranes de ptérodactyles. Vous aurez alors une image assez fidèle des bestioles du film. Quand à vous autres, amnésiques ou allergiques aux bulles belges, je devrai vous ignorer mais vous avez de la chance car, aujourd'hui je suis d'humeur généreuse: Imaginez une chauve-souris géante croisée avec un condor des Andes, affublez-la d'un regard de psychopathe, d'un sourire sadique et de talents de dissimulation dignes d'une perdrix ninja, et vous ne serez pas très loin du compte. Maintenant, si vous n'avez jamais croisé de chauve-souris géante, de condor des Andes ou de perdrix ninjas, je suis désolé mais je ne peux plus rien pour vous.

Donc, réfugiés dans une vieille mine, puis  dans une ferme, les gamins vont tenter, pendant 90 minutes, d'échapper aux griffures et aux morsures de ces sales volatiles qui non contents d'être des goinfres sans aucun respect de l'étiquette (non seulement ils se bâfrent comme des porcs mais, en plus, ils ne finissent pas leurs plats!) sont de surcroît porteurs du virus de la grippe H1N1. Une grippe par ailleurs très fulgurante, qui transforme en quelques heures le contaminé en une sorte de sac de pu lépreux. C'est bien simple, comparé à cette affection, le virus Ebolas affiche une allure de petit rhume des foins. Cet élément pandémique vise bien entendu à rajouter une dose de tension dramatique dans les rapports entre les protagonistes quand l'un d'entre eux présentera les premiers symptômes (ils sont décidément trop balaises ces scénaristes hollywoodiens).

C'est alors que, alertée par un gentil ranger et son ex-future-copine (ou vice-versa), chef de clinique de son métier, débarque la version cheap et bedonnante des men in black, accompagnée d'une énorme force militaire de trois figurants. Au programme: mise en quarantaine des malades et nettoyage de la zone! Cinéphile, Leigh Scott nous rejoue alors une célèbre séquence d'Aliens, le retour quand le commando s'aventure dans la forêt afin d'éradiquer la menace. Contact radio défectueux, montage cut alterné entre le lieu du massacre et le QG, soldats cédant à la panique et tirant dans tous les sens en hurlant "crèèèèève, saloperie!" et "Mon dieu, il en sort de partout!", cadrages obliques, gros plans sur des gueules, euh... pardon, des becs déchirant les chairs. Grrrr, zouiiii, fin de transmission. Bref, c'est comme dans le film de James Cameron... mais en beaucoup plus nase. 

Après ce premier échec cuisant, le chef des opérations, un incapable en costard trop grand qui se la pète sévère derrière ses Ray-ban, décide de prendre les choses en main et de phosphorer la région à partir d'un hélico. L'objectif des jeunes gens et du gentil couple qui les a rejoints est donc désormais de quitter la zone avant que ce fou ne la transforme en un gigantesque brasier. Cela va être juste mais, heureusement, les créatures, involontairement, vont leur prêter main... patte forte. En même temps, hein, on s'en doutait un peu, la production n'ayant certainement pas les moyens de se payer une forêt, même roumaine, pour ensuite la ratiboiser.

Personnages caricaturaux, scénario bourré de clichés (le bad boy qui purge son karma en se sacrifiant pour le groupe, via une séquence mille fois vue...) et d'incohérences (réfugiés dans une mine, les jeunes la quitte soudainement, sans véritable raison et, surtout, sans chercher une autre issue... qui existe, comme on le verra plus tard), dialogues débiles (tout, ou presque, est du niveau de ceux rapportés dans l'introduction de cette critique) et monstres improbables sont donc les principaux éléments d'un film au déroulement aussi linéaire que la ligne droite de Longchamp. Filmés par une caméra qui cède très très souvent à la mode de la shaky-cam, baignant dans une photographie absolument hideuse (image DV cheap en sus), les comédiens de Flu Birds adoptent un style qui varie, au gré des séquences, entre la récitation atone du parfait cachetonneur et le surjeu de l'acteur ayant trop biberonné les séries B de Chuck Norris et Steven Seagal. Bref, pas d'erreur, nous avons bien affaire avec Flu Birds à une production Nu Image. Sauf que...

... Sauf que les effets spéciaux peuvent étonner par leur qualité. Je ne parle pas des effets gore réalisés à partir de plats de spaghetti bolognaise et de pizza reine, ni des maquillages de ce malade alité barbouillé de Roquefort ou de Bleu d'Auvergne, mais de la modélisation et de l'animation des créatures. Conçus la plupart du temps à partir de CGI, utilisant des puppets à l'occasion de quelques gros plans, les volatiles géants bénéficient à la fois d'une modélisation correcte et, plus rare encore dans ce type de téléfilms, d'une incrustation de bonne facture. Une fois n'est pas coutume, force est d'admettre que, sur ce Flu Birds, le studio bulgare Worldwide FX surprend, lui qui nous a habitué à des travaux pour le moins perfectibles.  Un aspect assez surprenant, et heureux, qui relève bien le niveau de ce téléfilm autrement peu attrayant.

La conclusion de à propos du Téléfilm : Flu Birds [2010]

Nicolas L.
30

Pur produit du catalogue 2008 de Nu Image, Flu Birds devrait être - l'on connait en effet la qualité de ce que nous propose en général la société d'Avi Lerner - un navet sans grand intérêt, hormis le fait d'être parfois involontairement drôle. Hors, s'il est évident que le scénario, le réalisation et les personnages affichent bien la médiocrité propre à ce type de téléfilms, il en est tout autre pour ce qui est des effets visuels, plutôt réussis. Un constat étonnant qui tire la qualité du métrage vers le haut, pour en faire quelque chose de regardable.

Que faut-il en retenir ?

  • La modélisation des créatures

Que faut-il oublier ?

  • Tout le reste

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