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Glenn 3948 >

Critique du Film : Glenn 3948

Avis critique rédigé par Vincent L. le jeudi 10 juin 2010 à 13:45

Pas réussi, mais pas raté non plus...

Premier long-métrage du cinéaste belge Marc Goldstein, Glenn 3948 est une oeuvre se situant au croisement de plusieurs genres ; anticipation, thriller, drame, love-story, le film part dans des directions diamétralement opposées tout en maintenant une unité de lieu unique - que l'on va tout de même quitter de manière très éphémère à l'occasion de quelques petits flashbacks nécessaires à l'avancée de l'histoire - aboutissant à un résultat aussi hybride qu'indéniablement original. Présenté au vingt-huitième Festival du Film Fantastique de Bruxelles, Glenn 3948 n'avait, à l'époque de sa projection, pas encore trouvé de distributeur ; un mois plus tard, le film avait été acheté, ses diverses diffusions ayant réussi à suffisamment convaincre pour lui offrir une carrière internationale. Et si l'on n'est clairement pas là en présence d'un chef d'oeuvre du septième art, reconnaissons tout de même que sa capacité à sortir des conventions inhérentes au genre lui offre un capital sympathie indéniable.

Ainsi, tout ne tourne pas rond dans Glenn 3948, le film souffrant d'une accumulation de défauts plus ou moins génant, mais nuisant globalement à sa qualité générale. Le plus visible - et paradoxalement le moins important finalement - étant son côté très cheap, les ambitions du films étant très clairement trop gourmandes au regard du faible budget qui lui était alloué. Les CGI utilisés pour la modélisation des robots, bien que formellement très corrects, sont relativement mal inscrustés dans les images, donnant malheureusement au film un petit côté téléfilm assez dommageable. Formellement, Glenn 3948 souffre d'ailleurs de cet aspect télévisé qui marque chacune de ses images et amène souvent à penser que sa diffusion n'aurait pas forcément dû se faire dans une salle de cinéma. Fort heureusement, les choses sont bien plus qualitatives sur le fond, élevant tout de même le film à un niveau qualitatif plus élevé que celui d'une production télé lambda.

Ainsi, le croisement des genres amené par le scénario permet au film de cotoyer nombre de styles différents, amenant de l'un à l'autre avec une certaine facilité permise par une histoire transversale. Pris dans sa globalité, Glenn 3948 est avant tout un drame humain dans lequel les robots n'ont qu'une importance accessoire ; le film parle de rivalité, de rêves brisés, de quête de perfection et de musique en règle générale, des considérations éminament humaines auxquelle les machines n'apportent finalement que des ingrédients accessoires, permettant de donner une plus grande profondeur à ce qui nous est raconté (notamment dans toutes les thématiques relatives aux relations entre la pratique artistique et les capacité des robots). Presque paradoxalement, il sont pourtant au coeur du scénario et des différents retournements de situation qui vont rythmer le long-métrage, et ainsi lui donner la consistance nécessaire pour qu'il puisse fonctionner et aller de l'avant.

Néanmoins, si le fond de l'histoire est ambitieuse, la forme du scénario souffre d'un grand nombre de soucis structurels qui amenuisent considérablement la réussite globale du film. Les deux personnages principaux, pour commencer, sont très mal esquissés, le film ne prenant jamais le temps de se poser et de leur donner plus d'espace pour exister et toucher le spectateur ; une partie de la force dramatique s'en trouve donc fortement annihilée en ce qu'il est réellement difficile de s'attacher à eux et de prendre réellement parti dans leur rivalité (chose qu'avait par exemple admirablement réussi Christopher Nolan dans Le Prestige). L'histoire peine donc à intéresser, handicapée de plus par une exposition trop rapidement expédiée, une deconstruction temporelle nuisant à la fluidité du récit - même si ajoutant indéniablement du rythme au tout - et une certaine opacité quant au fil conducteur que suit le film. On peine à saisir, ainsi, ce que Glenn 3948 veut vraiment nous raconter.

La réalisation de Marc Goldstein est également en dent de scie tout au long de l'avancée du long-métrage. Le film possède ainsi ses fulgurances - notamment toute la dernière partie et la scène de piano à quatre mains ! - et, malgré quelques chutes de rythmes éparses, on ne s'ennuie tout de même pas devant. Mais à côté de cela, tout reste terriblement conventionnel, et le long-métrage prend bien garde de ne jamais prendre aucun risque dans ce qu'il dit ou montre ; très politiquement correct, Glenn 3948 n'appuie sur rien, et ne traite jamais les embryons de thématiques présents dans l'histoire, chacun y voyant ce qu'il veut bien y voir (une absence de prise de risque semblable, même si dans bien une moindre mesure, à celle de l'adaptation de V pour vendetta). Glenn 3948 aurait donc pu être bien plus profond et bien plus intéressant, mais le parti a été pris de le mettre en scène en ne s'intéressant qu'à son déroulement formel.

Reste que le film est malgré tout sauvé par un casting de qualité mettant en scène deux comédiens inspirés ainsi que quelques caméos sympathique (Gérard Depardieu et Patrick Bauchau). Le trop rare Billy Boyd revient ici en force après des années de silence, s'avèrant très convaincant et tenant solidement - même si de manière très classique - le rôle principal ; si sa prestation n'avait pas été aussi solide, nul doute que le long-métrage aurait sérieusement pris du plomb dans l'aile. Face à lui, Dominic Gould possède le charisme nécessaire pour palier au traitement moindre dont souffre son personnage. Les rôles secondaires, quant à eux, sont en revanche totalement inexistant, et notamment le rôle féminin - pourtant pivot dans l'histoire - que Smadi Wolfman n'arrive jamais à faire exister ; à sa décharge, reconnaissons que la pauvre n'avait pas le matériau nécessaire pour réussir à pouvoir faire quoique ce soit de convenable.

50

Glenn 3948 s'avère au final être un film très sympathique, mais qui souffre d'une accumulation de défauts génants tendant à faire aller son niveau qualitatif vers le bas. Entre maladresses scénaristiques et problèmes de mise en scène, le film laisse le spectateur avec un goût amer dans la bouche, comme s'il était passé à côté de quelque chose de plus intéressant que ça. Ce serait tout de même oublier que le long-métrage fait preuve de quelques fulgurances remarquables, notamment une excellente séquence finale qui arrive à faire stresser le public en lui montrant simplement deux pianistes jouer un morceau de musique classique.

Critique de publiée le 10 juin 2010.

Que faut-il en retenir ?

  • Un film hybride au croisement de plusieurs genre,
  • Structure en huis-clôt sympathique,
  • Une séquence finale aussi originale que réussie,
  • Un design retro assez sympathique,
  • Interprétation de qualité.

Que faut-il oublier ?

  • Aucune prise de risque,
  • De nombreux soucis dans le scénario,
  • Quelques chutes de rythme éparses,
  • Thématiques mal exploitées,
  • Trop gourmand pour son budget.

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