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Critique du Film : Don't Wake the Dead
Don't Wake the Dead >

Critique du Film : Don't Wake the Dead

Avis critique rédigé par Nicolas L. le samedi 10 avril 2010 à 1438

Danse macabre et potache

En compagnie d’Olaf Ittenbach et de Timo Rose - avec qui il travaille désormais sur ses nouveaux projets - Andreas Schnaas est l’un des derniers représentants encore vraiment actifs de cette vague du cinéma Z allemand ayant œuvrée à la fin des années 80. En effet, si Jörg Buttgereit(célèbre pour un Nekromantik qui a marqué l’histoire du cinéma underground via son habile mariage de poésie macabre et de perversion) semble être passé définitivement à autres chose (les séries TV) et si Andreas Bethmann a cédé à la facilité en plongeant dans le porno-gore de basse facture (Rossa Venezia),  Andreas Schnaas, lui, est resté fidèle à ses premiers amours : à savoir le splatter. On pourrait même dire que, plus qu’un Ittenbach qui tente de donner aujourd’hui une orientation « sérieuse » à sa filmographie (Dard Divorce, sa collaboration avec Uwe Boll…), Andreas Schnaas est l’ultime (Timo Rose, du haut de ses 34 ans, est trop jeune pour prétendre appartenir à cette vieille génération) à représenter encore un cinéma gore aux aspects excessifs mais décontractés.

Le cinéaste allemand n’a pas pour autant oublier d’évoluer. On se souvient de son expérience américaine en 2003 avec une aventure de son nouveau personnage Nikos l’Empaleur (interprété par Schnaas en personne, comme ce fut le cas pour Karl the Butcher, "héros" des Violent Shit). Bénéficiant d’un budget un peu plus confortable et d’un casting composé de comédiens professionnels, Nikos the Impaler avait été cependant une épreuve douloureuse, le jeune réalisateur n’étant absolument pas prêt pour passer à l’étape supérieure. La principale conséquence fut une absence prolongée (plus de six ans) des plateaux.  Mais aujourd’hui, Andreas Schnaas a digéré cette mésaventure, et, encouragé par Timo Rose, il est revenu plus en forme que jamais.

Don’t Wake the Dead est donc le film qui marque le retour derrière les caméras de cet enthousiaste quadragénaire potache. Et le moins que l’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas encore décidé de devenir un adulte raisonnable. Pour s’en convaincre, il suffit de se pencher un tant soit peu sur le script de ce film de dingue. Le scénario de Don’t Wake the Dead (au pitch prenant son inspiration dans celui du Manoir de la terreur), qui n’a finalement guère de sens, peut se résumer ainsi : un groupe d’étudiantes et les membres d’un groupe de métal sont assaillis dans un manoir par des hordes de cadavéreux templiers et de zombies nazis, quand surgit de nulle part la réplique bon marché de Solomon Kane (ou de Van Helsing), qui semble avoir un compte à régler avec cette clique de morts-vivants. On assiste donc à une scoobidoo party dans les couloirs du château, les nanas, stupides, n’hésitant pas, bien entendu, à se séparer et errer au hasard malgré le danger. Au final, presque tout le monde va se retrouver zombifié, à headbanger sur de la musique metal (Andreas Schnaas est fan de métal, et plus particulièrement du groupe Manowar).

Le film est donc bourré de références propres à divertir les cinéphages. Les templiers noirs évoquent les fameux morts-vivants d’Amando de Ossorio et les zombies nazis nous renvoient au cinéma de Jesus Franco ou au désopilant Lac des Morts-Vivants de Jean Rollin. Du coté des personnages, l’on a même droit, en plus de Van Helsing, à une sorte de mélange improbable entre Marcel Marceau et Bela Lugosi. L’aspect slasher est matérialisé via la présence d’une brochette de (plutôt mauvaises et assez moches) actrices qui laissent apparaître, au gré des plans, quelques paires de nichons en berne et autres monts de Venus soigneusement épilés. Cela reste cependant très sage, Schnaas n’a jamais été, d’ailleurs, un grand adepte du porno-gore ou de l’érotisme. Enfin, est-il utile de préciser que le niveau des lignes de dialogues se veut l’exact reflet des compétences dramatiques de leurs interprètes, c'est-à-dire totalement nulles ?

Et pourtant, pourtant, je ne me suis pas ennuyé une seule seconde à la vision de Don’t Wake the Dead. Cela vient probablement de cette capacité qu’a Andreas Schnaas pour transposer dans ses séries Z son amour du cinéma de genre (ou peut-être aussi parce que le métrage ne dure que 74 minutes). Fan de gore, le cinéaste utilise chaque denier de ses maigres moyens pour mettre en scène le plus grand nombre possible de séquences craspecs et gore. Mais attention, si la quantité est bien présente, ne croyez pas que la qualité y soit aussi. La plupart des effets de maquillage, ultra cheap, sont en effet grotesques (quelques uns sortent toutefois du lot comme ce zombie nazie - bubba? - avec une tête de mort gravée sur le front). De plus, Andreas Schnaas a cédé au confort des effets visuels en numérique pour matérialiser les différentes décapitations et démembrements, avec un niveau qualitatif proche du VCinema japonais. C’est très mauvais, bizarrement inspiré (comme la ridicule machine à décapiter du héros), mais drôle au dixième degré.

A noter également que dans Don’t Wake the Dead, comme souvent, Andreas Schnaas pète les plombs, comme s’il ne croyait pas réellement en ses capacités et que d’un coup, il décidait de faire dans la dérision. Ici, il craque dans le dernier quart d’heure, quand la quasi-totalité du casting (car les nanas et les musiciens mordus par les zombies SS ou ensorcelés par les templiers moisis se transforment en goules ou en démons) se retrouve dans le hall central pour une party dont la musique est assurée par le groupe de rock. On voit alors, quelque peu abasourdi, vielles momies en robes de bure, nanas zombies rafistolées à coup de scotch, serviteurs manchots et soldats allemands décrépis headbanger et se trémousser au son métal du groupe Gang Loco. Personnellement, j’ai trouvé cela très drôle, mais il est évident que ma réaction ne sera pas unanime.

La conclusion de

Don’t Wake the Dead est bien moins intéressant que Nikos the Impaler (film restant, à ce jour, le plus abouti du cinéaste allemand), mais cela fait vraiment plaisir de voir revenir derrière les caméras un Andreas Schnaas à nouveau très motivé. Bien aidé par Timo Rose, le réalisateur des Violent Shit nous propose ici une œuvre fauchée et bien gore apte à n’amuser que l’amateur de Z. C’est à la fois déjà pas mal et bien dommage, car il semble aujourd’hui évident que le premier à douter des réelles capacités artistiques d’Andreas Schnaas (et il n’en manque pas !) est Andreas Schnaas lui-même !

Que faut-il en retenir ?

  • Le retour d’un icône du Z allemand !
  • Un film déjanté et référenciel
  • Beaucoup d’effets gore
  • Pour les fans de Z

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario débile
  • Des mauvais acteurs
  • Des effets spéciaux souvent grotesques
  • Un érotisme en retrait

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