75.OOO pixels viennent d'être aspirés dans un trou noir !
Le futur sera peut-être différent mais sur cette planète nous vivons encore grâce à la publicité.
Astuce N°3 : Un peu de fantasy ! Désactivez votre Adblock pour notre domaine et nous revivrons comme par magie !
On vous aime et nous vous souhaitons une bonne lecture. "Longue vie et prospérité !"
Critique du Film : Légion - L'Armée des anges
Légion - L'Armée des anges >

Critique du Film : Légion - L'Armée des anges

Avis critique rédigé par Nicolas L. le samedi 13 mars 2010 à 0228

L'Apocalypse selon Saint Nanar

Dans un bled paumé, situé à la limite du désert, en bord de route, se trouve le restaurant étape de Bob Hanson. Cet homme désabusé rumine sa mélancolie devant ses fourneaux, pour satisfaire une clientèle devenue rare depuis que les gens du comté ont déménagé de l'autre coté de la vallée. Son fils, Jeep (vroom !), est chargé de tenir le garage alors qu'au service en salle officie Charlie, une jeune femme qui ne se contente pas de croquer que du chocolat. Les journées s'écoulent, toutes aussi moroses les unes que les autres quand, un matin, entre dans l'établissement une bien singulière vieille dame...

Dieu ne supporte plus l'humanité. Il en a marre de ses caprices, de ses errements, de son manque de foi et de son ingratitude. Dieu se rend une nouvelle fois compte qu'il a fait une connerie en créant une espèce à son image (problème de moule ?). Dieu est très remonté. Il a les boules, et cela ne lui était plus arrivé depuis le Déluge. Alors, prenant à la lettre l'expression "aux grands maux les grands remèdes", le boss décide de mettre un terme au CDI de l'humanité. Comme il se souvient que le coup de l'eau n'avait pas bien fonctionné, il confie à ses armées d'Anges la tâche de nettoyer la surface de la Terre de ces encombrants et bruyants homos sapiens. Un plan bien plus radical, supervisé par les archanges Gabriel et Michel, ces nephilims bellicistes et vindicatifs dotés d'abdominaux aptes à faire mourir de jalousie le roi Leonidas. Mais ce que Le Grand Ordonnateur n'avait pas prévu (décidemment, il manque de clairvoyance le Tout-Puissant), c'est que va se dresser devant lui, victime d'un excès de sensiblerie, l'un de ses plus fidèles lieutenants.

Mon nom est Legion, car nous sommes nombreux", se vante Satan dans les Evangiles. Mais Marc, leurré par la nature agressive des soldats de Dieu, se trompait peut-être de camp quand il a rédigé son texte. Car, pour être nombreux, ils sont nombreux, ces Anges exterminateurs. Multitude de cavaliers de l'Apocalypse, reîtres immortels descendus des cieux, ils débarquent sur Terre en prenant possession des humains les plus faibles et en les transformant en goules bondissantes et baveuses. Des créatures abjectes, des démons qui vont envahir le monde et qui vont particulièrement prendre comme cibles les occupants de ce petit resto routier dans lequel travaille la future maman d'un nouveau Messie - celui qui devrait sauver l'humanité de la destruction.

Structurellement, le scénario de Legion est celui d'un pur actionner horrifique construit sous la forme d'un siège et évoquant tous ces films de zombies dans lesquels des vagues de morts-vivants affamés essayent de submerger une poignée de défenseurs barricadés dans un refuge de fortune. L'on n'est donc pas vraiment étonné de ne trouver guère de subtilité dans ce script - écrit par Peter Schink et Scott Stewart - qui ne vise finalement qu'à mettre en forme une succession de violents affrontements. On pourrait même dire que Legion est un summum de crétinérie, un feu d'artifice d'incohérences et d'interrogations non satisfaites (comment cet Elu va-t-il pouvoir sauver le monde?).

Legion est un film où des Archanges néanderthaliens utilisent leurs ailes comme Batman joue de sa cape, où des Anges atteints de la maladie de Gilles de la Tourette éructent, bavent et marchent au plafond (sauf quand cela serait judicieux), où les phases de possession évoquent un cartoon de Tex Avery et où les méchants sermonnent trop longtemps pour être vraiment efficaces. Le spectacle est tellement bourrin et stupide que l'on pourrait s'attendre à voir débarquer en renfort, à tout moment, les rois de la mandale Chuck Norris ou Steven Seagal, voire même Bud Spencer en angelot armé d’un arc. Legion, c'est un peu comme Une Nuit en Enfer à la sauce vaticane, un film dans lequel les éléments bibliques ne sont que des prétextes pour planter des gigantesques ailes dans le dos d'un comédien. Histoire de glisser un bad guy dans un zombie movie.

Ce bad guy, ce super vilain de comic, c'est l'Archange Gabriel. Il faut voir sa théâtrale entrée en scène, en milieu de métrage. Mémorable ! Un brin agacé, il se pointe pour régler lui-même le problème posé par des ploucs piètrement armés qui sont toutefois parvenus à mettre à mal ses cohortes d'Anges mal embouchés. Son apparition, sa silhouette se découpant à travers la lumière inondant la porte, est un grand moment de délire nanardesque. Accompagné de l'orage, de nuées de mouches et d'un score aussi pompeux que celui d'un défilé nazi, l'Archange Gabriel va mettre la main à la patte et son pied dans la tronche à Michel, le renégat qui s'est arraché les ailes au cours de la meilleure scène du film - en début de métrage.

Bref, Legion, c'est une succession amoureusement mitonnée de bastons mal chorégraphiées entrecoupées de phases de dialogues citant à bâtons rompus les Evangiles, la recette du chili con carne et les problèmes de cœur des protagonistes. On a affaire ici à du grindhouse de luxe, du nanar testostéroné que n'aurait pas renié Quentin Tarentino ou Eli Roth. Du n'importe quoi filmique qui finit par devenir très drôle à partir du moment où l'on a choisi de jouer le jeu de ce dixième degré si cher au cinéphage bis. Une pure déconne qui devient encore plus jouissive quand l'on prend bien conscience du fait qu'il est évident que ni la production, ni les comédiens, et encore moins Scott Stewart – spécialiste des FX improvisé réalisateur -, ne se rend compte de la catastrophe dont ils sont les acteurs.

Le film tourne donc parfois à la comédie involontaire, au délire potache inavoué. Une vieille mémé qui joue les spiderman sur le plafond du resto ; le pauvre type qui explose, aspergeant de matière son épouse stupéfiée ; Gabriel qui se prend pour le Diable de Tasmanie lorsqu’il pare des rafales d’armes automatiques et des punch lines en veux-tu, en voilà. Par exemple, quand Gabriel fait face à Michel :
- C’est impossible, tu lui as désobéi, s’étonne Gabriel en voyant son ancien compagnon abattu revenir du Tartare (ou du Samos).
- Tu lui as donné ce qu’il demandait. Moi, ce dont il avait besoin, rétorque Michel sur une musique de fanfare. Waow…

Au milieu de ce naufrage artistique, les acteurs font ce qu’ils peuvent pour maintenir la tête hors de l’eau. Dans le rôle de Bob Hanson, Dennis Quaid est toujours aussi charismatique même si, parfois, l’on a l’impression qu’il en a un peu soupé des monstres. Il faut dire qu’en 2009, entre Legion, Pandorum, Les Cavaliers de l’Apocalypse et G.I.Joe - Le réveil du Cobra, ce sympathique quinquagénaire a eu son compte dans le registre du freak. C’est peut-être pour cette raison, d’ailleurs, qu’il ne termine pas le récit debout sur ses deux jambes (oups, désolé, j’ai « teasé », comme disent les djeuns). Quoiqu’il en soit, c’est toujours un plaisir d’admirer ce talentueux comédien, très à l’aise dans le registre « grincheux au grand cœur ». A ses cotés, on peut trouver la charmante Adrianne Palicki (révélée dans l’excellente série Friday Night Light). Elle incarne Charlie, une jeune femme enceinte, abandonnée par son copain, qui reprend sur ses épaules le lourd fardeau déjà porté par une certaine Sarah Connor. Quand au fils de Bob Hanson, il est interprété par le fade Lucas Black.

Du coté des Archanges, Kevin Durand est chargé d’incarner Gabriel. Et il assume sa tâche avec le plus grand mal. On a des difficultés à le prendre au sérieux. Il faut dire qu’il n’est pas aidé par le design comic imposé par la production (qui ne présente pas la même originalité que le Gabriel de Constantine, interprété par Tilda Swinton) et par les insipides lignes de dialogue aux allures de sermons qu’il doit régulièrement débiter. De plus, le comédien manque de force. Il ne tient pas la comparaison, par exemple, avec Christopher Walken, qui incarne l’archange dans The Prophecy.

Paul Bettany, lui, interprète l’archange Michel. J’aime beaucoup cet acteur doté d’une forte personnalité, d’un large panel d’expressions et capable d’incarner toutes sortes de personnages. Mais dans Legion, force est d’admettre, hélas, que le comédien est complètement à coté de la plaque. Aussi énergique qu’un aï assommé au Prozac, Paul Bettany – dans un rôle presque aussi muet que le T100 - traine sa carcasse devant la caméra, cédant occasionnellement sa place à un cascadeur pour les séquences à risque. Il se réveille un brin dans le climax final, mais la totale stupidité des séquences ne l’aident guère à se réhabiliter.

La conclusion de

Legion, à défaut d’être un film fantastique réussi, est l’un des plus désopilants nanars de ces dernières années. Vingt six millions de dollars investis dans l’un des plus foireux films de super héros (car il s’agit bien de cela) de l’histoire du cinéma. Legion rejoint ainsi Spawn et Constantine, pour ne citer que ces deux inoubliables bouses, dans le registre des ratages cinéphiliques aux fragrances bibliques frelatées. Reste Dennis Quaid, une nouvelle fois excellent, et quelques séquences d’action.

Que faut-il en retenir ?

  • Un nanar absolument désopilant
  • Dennis Quaid
  • Quelques séquences d’action bien musclées

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario débile, rempli d’incohérences
  • Des personnages sans intérêt Paul Bettany, très décevant
  • Une réalisation sans personnalité

Acheter Légion - L'Armée des anges en un clic

Nous vous proposons de comparer les prix et les versions de Légion - L'Armée des anges sur Amazon, site de vente en ligne dans lequel vous pouvez avoir confiance.

Retrouvez les annonces de nos dernières critiques sur les réseaux sociaux

Sur Facebook | Sur Twitter | Sur Google+