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Critique du Film : The Lovely Bones
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Critique du Film : The Lovely Bones

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 10 février 2010 à 1121

Je m'appelle Susie Salmon, comme le saumon...

Tombé dans le piège tendu par un tueur en série, Susie Salmon, une adolescente sans histoire, est morte. Elle erre désormais dans l'antichambre du paradis, un monde orinique et symbolique composé de ses souvenirs et de ses rèves d'enfant. Un lieu fantastique et changeant, possédant une fenetre sur le monde réel, d'où elle peut observer la douleur de ses parents et la vie de son bourreau, resté impuni, et menaçant désormais sa soeur cadette.

En s'attaquant à l'adaptation de La nostalgie de l'ange, un roman d'Alice Sebold, Peter Jackson s'aventure sur un terrain délicat qui ne fera certainement pas l'unanimité à la vision du résultat à l'écran. Il est vrai que le sujet - le viol et le meurtre d'une adolescente - apparait un peu comme casse-gueule, voire suicidaire. N'oublions pas, cependant, qu'avec Créatures célestes, le réalisateur a déjà prouvé par le passé qu'il était capable d'appréhender avec habileté les sujets difficiles, en offrant au public et à la presse une oeuvre sincère et émouvante, sans tomber dans le traquenard du pathos ou du glauque.

Toutefois, force est d'admettre que The Lovely Bones n'est pas Créatures Célestes. D'une part par son enrobage fantasmagorique qui tend à insérer - jusqu'à une liaison fusionelle que certains trouveront forcément scandaleuse ou ridicule - de la beauté dans l'immonde, et d'une autre en consacrant une partie de sa narration à imposer la vision d'une enfant impuissante ayant un regard sur la souffrance vécue par sa famille tentant de continuer à vivre avec sa douleur. Un témoignage dont le spectateur va suivre tous les détails, même les plus sordides et les plus intimes.

Le film de Peter Jackson mélange ainsi des éléments féériques, horrifiques (dans le ton car l'on ne voit rien) et dramatiques ( et même mélodramatiques, si l'on tient compte des premières minutes consacrées à la vie heureuse de la modeste famille Salmon). Des composantes que le cinéaste a déjà bien maitrisé à travers ses précédentes oeuvres mais qu'il doit aujourd'hui regrouper dans un même métrage construit sur un scénario extremement narratif (avec l'omniprésence d'une voix off). Un travail difficile. Pour ce faire, il s'est appuyé sur ses studios d'effets spéciaux, chargés de mettre en image un univers orinique composés de symboles et de clés - que le spectateur pourra s'amuser à décrypter et à dénicher - et sur une réalisation très classique dans le registre du drame pour matérialiser la détresse de la famille de la jeune victime. Le coté glauque étant assuré par les séquences montrant le quotidien du tueur, voisin immédiat des Salmon, qui va petit à petit dévoiler son passé au spectateur....

...Pour un résultat final qui ne m'a qu'à demi convaincu.

The Lovely Bones est un beau film. Cela ne fait aucun doute. Du moins, esthétiquement parlant. Les techniciens des studios Weta nous offrent en effet ici l'extraordinaire vision d'un univers - parfois kitch - évoquant à la fois Folon et Lewis Carroll et certaines séquences sont particulièrement marquantes, comme lorsque la détresse du père - qui détruit sa collection de bateaux en bouteille - est matérialisée dans le monde de Susie par leurs versions "grandeur nature" plongées en pleine tempête et s'écrasant sur des récifs. En fait, rien que pour ce magnifique spectacle orinique (appuyé par une bande originale très réussie), The Lovely Bones vaut le coup d'être vu. Mais cette beauté est également le talon d'Achille du film. Une beauté un peu trop fabriquée, qui nous éloigne un peu du thème central (très grave) et fait parfois pencher le récit vers le trop plein de sentimentalisme rétro. Trop onirique et sophistiqué pour être touchant et sincère? Peut-être. Difficile à dire.

En fait, cet aspect cela n'aurait pas été trop dommageable si la partie réaliste n'avait pas été si terne. Je ne parle pas de la première partie qui voit se construire le meurtre, et qui met en scène un Stanley Tucci très convaincant en un tueur sadique particulièrement retord, mais dans les séquences qui vont suivre, et qui nous exposent la destruction psychologique des membres de la famille Salmon. Un psychodrame que j'ai trouvé particulièrement atone, avec une mère un peu trop effacée (Rachel Weisz), un père incarné par l'un des acteurs les plus fades d'Hollywood (Mark Wahlberg) et une grand-mère (Susan Sarandon,déchainée) apparaissant comme un envahissant élément dédramatisant - comme si Peter Jackson avait eu peur que le film sombre de trop dans le dépressif. Seule la soeur cadette (Rose McIver) apparait vraiment dans sa totale sincérité.

Reste que le film est très agréable à suivre, malgré tous les défauts que j'ai pu lui trouver. Et cet interet ne repose pas uniquement sur ses atouts graphiques. En effet, en plus d'une réalisation souvent inspirée (l'utilisation fréquente de focales très courtes est pertinente), le scénario est très fourni en éléments symboliques et philosophiques pouvant amener le spectateur à la reflexion (le kiosque dans le jardin, la fleur, l'arbre, la maison de poupée, etc.), et il est riche d'une construction en forme de mystère hitchockien qui dévoile ses principaux éléments avec parcimonie. Deux aspects conceptuels qui contribuent à piquer la curiosité de l'audience et qui font qu'au final The Lovely Bones, sans être un chef d'oeuvre, s'en sort plutôt bien. Une récompense pour un cinéaste décidemment courageux qui, sur ce coup, a pris encore d'énormes risques.

La conclusion de

The Lovely Bones offre aux spectateurs un magnifique spectacle visuel. Malheureusement, à coté de cet aspect enchanteur, le film peine à émouvoir. Ce coté fabriqué, extremement sophistiqué, est en partie responsable de cette carence empathique, mais la faute repose principalement sur le traitement de la partie dramatique, qui manque de force dans son écriture et qui est desservie par un casting aux performances parfois peu convaincantes. Heureusement, l'intrigue, bien travaillée, contribue à tirer la qualité du film de Peter Jackson vers le haut, pour un résutat final très satisfaisant.

Que faut-il en retenir ?

  • Magnifique travail visuel
  • L'intrigue captivante
  • Un sujet très difficile, plutôt bien appréhendé
  • La bande originale, très réussie

Que faut-il oublier ?

  • Un partie dramatique qui manque de force
  • Mark Wahlberg, au jeu atone
  • Une carence émotionnelle étonnante pour un thème aussi fort

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