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Les Pirates de Langkasuka >

Critique du Film : Les Pirates de Langkasuka

Avis critique rédigé par Nicolas L. le dimanche 7 février 2010 à 19:39

Quelque chose de pourri au royaume de Langkasuka

En ce moment, au royaume de Langkasuka, on n’y perd un peu son sanscrit. Il faut dire que la situation dans la péninsule siamoise est un peu confuse. Après la mort du roi, c’est la reine Hijau qui dirige le pays, assistée de ses sœurs. Mais la révolte gronde dans les rangs de la noblesse et les pirates du célèbre Corbeau Noir profitent de la situation pour rançonner les villages de pécheurs. Alors, quand la reine apprend que sa commande de canons a été interceptée et détruite, elle ne voit plus qu’une solution pour sauver le pays : une alliance par le mariage…

On reproche souvent au cinéma thaï – contrairement au cinéma indien de Bollywood qui s’accroche à ses traditions - de manger à tous les râteliers et d’y perdre ainsi toute personnalité. Il est vrai que bon nombre de films (notamment les films de genre) pourraient aisément être comparés à des productions américaines, hongkongaises, voire japonaises,  par la manière de construire leurs scénarii et les techniques utilisées lors de la réalisation. Pourtant, le cinéma thaï existe. Pour le trouver, il faut se tourner vers les productions d’aventure et de fantasy, qui mettent en valeur les us et coutumes khmers, birmanes et siamoises, la Thaïlande étant un luxuriant brassage de peuples et de cultures. Avec un petit effort, on découvre alors d’élégantes et exotiques fresques romanesques. Le film de Nonzee Nimibutr fait partie de cette catégorie, même si elle évoque quand même un peu les grandes fresques « historiques » du cinéma chinois.

Pirates malais, mercenaires javanais, diplomates chinois, commerçants hollandais et, bien entendu, pécheurs et nobles thaï s’entrecroisent dans ce luxueux film aux magnifiques costumes et décors  qui nous transporte dans la Thaïlande du XVIIème siècle.  On y suit principalement le destin croisé de deux jeunes gens aux conditions bien différentes – le soldat Yarang et le pécheur Paree – dans une fresque romanesque (un brin naïve) agrémentée de fantasy et de wu xian pan.  Les deux héros, poussés par le destin, vont alors s’allier pour tenter de mettre hors d’état de nuire l’armée de pirates du prince Ravai et de son bras droit, Corbeau Noir, un homme dangereux,  maître en magie noire. Pour cela, ils vont utiliser leurs talents, Yarang étant un expert en arts martiaux et Paree étant initié au Du-Lum, une magie qui permet de contrôler le milieu marin.

Comme souvent dans ce type de fresques épiques qui mêlent actes guerriers et intrigues de palais, le scénario voit son rythme varier au gré de la nature des séquences.  Les pirates de Langkasuka n’échappe pas à la règle, d’autant plus que la narration suit simultanément plusieurs personnages plongés dans des situations très différentes (avant de se recouper). C’est le genre qui veut ça, on n’en tiendra donc pas rigueur à  Nonzee Nimibutr. Par contre, on peut lui reprocher un manque de maîtrise dans la construction de son film qui finit, à force de prendre des raccourcis et d’accumuler les ellipses, par devenir très confus et perdre toute fluidité. Ainsi, prises indépendamment, les plupart des séquences sont très agréables à visionner – la chorégraphie des combats est excellente et les scènes posées qui se déroulent au palais sont très belles -, mais l’amalgame final se fait peu naturellement, ce qui demande au spectateur une bonne dose de réflexion pour remettre le puzzle en ordre. Inutile donc de vous préciser que les poses pipi ne peuvent se faire sans appuyer sur la touche pause de votre lecteur de salon… sous peine de plus rien comprendre.


Techniquement, la réalisation est de bonne tenue. Bien entendu, étant donné que la production n’a pas bénéficié d’un budget colossal, on ne peut exiger la même qualité dans les effets spéciaux que si l’on avait affaire à un blockbuster hollywoodien. Ainsi, quoique les incrustations reste toujours discrètes, l’ensemble demeure perfectible, avec même parfois des petits airs de jeu vidéo dans les décors numériques. Néanmoins, l’ensemble reste  toujours très agréable à voir. La bataille finale, par exemple, qui fait intervenir de nombreux navires numérisés avec introduction d’explosions et de créatures marines est tout à fait divertissante, à défaut d’être crédible dans son déroulement (un unique canon qui détruit une flotte ennemie qui reste immobile, attendant son annihilation). A noter enfin que le film est destiné à un très large public, il est donc très sage dans le registre de la violence (pas de sang) et du sexe.

L’interprétation générale est de bon aloi. Seul le trop grand nombre de personnages fait que l’on ne s’attache finalement à aucun d’entre eux. On peut aussi parfois, à la limite - et si l’on fait fi que l’on se trouve devant un film asiatique - penser que certains comédiens surjouent un peu et reprocher la naïveté de certaines lignes de dialogue. Par contre, je vous conseille de voir ce film en version originale, la version française étant vraiment très médiocre.

65

Agréable spectacle familial que ce Pirates de Langkasuka ! Une bonne dose de wu xian pan, une grande bataille, des jolis costumes, de chouettes décors, un brin de romance et de fantastique, tels sont les ingrédients de cette modeste mais élégante fresque de low fantasy exotique. On n’atteint pas ici les sommets dans le genre, mais le film de Nonzee Nimibutr est assurément un bon divertissement et me conforte dans ma démarche d’explorer à fond le cinéma thaï, plus riche que l’on ne le croit.

Critique de publiée le 7 février 2010.

Que faut-il en retenir ?

  • Un récit divertissant
  • Une jolie fresque
  • Chorégraphie des combats
  • L'atmosphère générale

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario confus
  • Parfois un peu trop naïf
  • Des effets spéciaux perfectibles

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