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Critique du film : Incubus [1982], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 17 décembre 2009 à 17h18

Quand un démon se poste à Galen

Galen, une petite ville au passé trouble, une série d'affreux meurtres sexuels, une enquête policière, une idylle inespérée; tels sont les éléments du script de The Incubus, un film de John Hough réalisé en 1981.

Cinéaste britannique spécialisé dans l'horreur gothique et atmosphérique, John Hough débarque au début des années 80, période voguant sur la mode du film gore, avec un film mettant en avant le pendant masculin - nettement moins exploité au cinéma - de la succube: l'incube, ce démon cruel, lubrique et forniqueur (un démon, quoi). Adaptée d'un roman de Ray Russell, l'intrigue tourne en fait autour de l'histoire d'un médecin légiste (John Cassavetes) qui se relève difficilement de la perte de son amie et qui se retrouve face à une série d'abominables viols sanglants et mortels.

Dés l’entame du film - une séquence de meurtres ou un couple de campeurs est massacré par un(e) inconnu(e) – John Hough utilise une méthode de vue subjective très pudique qu'il conservera tout au long du film. De plus, l’introduction de flous artistiques et de ralentis ajoutent à une ambiance atmosphérique déjà bien mise en valeur par une réalisation lente et feutrée, plaçant l'œuvre bien loin des condensés de démonstrations graphiques qu’étaient les films d’horreur de l'époque - même si quelques effets gores se glissent dans le métrage. Préférant suggérer plutôt que céder au voyeurisme, le cinéaste, s'appuyant sur son expérience et sa maitrise de la mise en scène, parvient à créer un climat un brin vintage mais aussi assez angoissant, voire glauque. Les séquences d'horreur sont d'ailleurs assez réussies, sans être poussées dans le registre graphique, avec l'omniprésence de prises de vue subjectives cadrant en gros plan des visages hurlant de terreur et de douleur.

Le mystère sur l'identité du tueur est également bien entretenu. Sa nature surnaturelle apparait petit à petit, au fur et à mesure de l'arrivée des corps à la morgue et des découvertes du légiste (sperme présent en quantité anormale dans les corps des victimes... et de pigmentation rouge!), jusqu'à la séquence du cinéma, où l'on aperçoit les avant-bras de la créature, qui révèlent sa nature inhumaine. Un monstre qui n'apparaitra dans son intégralité qu'en fin de métrage… pour une apparition assez ratée, il faut bien l'avouer.

Evidemment, dans ce type de films qui joue plus de son atmosphère que de ses démonstrations, la qualité de l'interprétation joue un rôle primordial. Heureusement, John Hough a eu la chance d'avoir à sa disposition l'expérimenté John Cassavetes et la belle canadienne Kerrie Keane. Le premier interprète un docteur Cordell mélancolique, à la limite du dépressif, qui se remet difficilement de la perte d'un être cher et qui reporte toute son affection sur sa fille, Jenny (l'atypique Erin Noble). La deuxième est Laura Kincaid, une journaliste fraichement débarquée et qui voit dans cette série de crimes matière à de bons articles. Evidemment, une idylle va naitre entre les deux personnages, d'autant plus que Laura affiche une étrange ressemblance avec l'ex-amie de Cordell.

Le film est également bien servi par ses seconds rôles. Je citais plus haut Erin Noble, mais le cinéphile remarquera aussi John Ireland et surtout Helen Hughes sous les traits de l'inquiétante Agatha Galen, doyenne de la communauté et qui semble en connaitre beaucoup sur la nature du tueur et sur le passé de la ville qui porte le nom de sa famille.

Cependant, force est d'admettre que le film va décevoir ceux qui s'attendent à y trouver un traitement en accord avec toute l'imagerie pouvant être fantasmée à la lecture du titre. Les amateurs de gore craspec et de filles dénudées violentées dans des plans explicites en seront pour leurs frais. Même constat pour les spectateurs friands de cinéma rythmé et plein de péripéties;  ils risquent de trouver le temps long. On peut également reprocher au film de présenter des personnages aux profils psychologiques tirant parfois vers la caricature et une intrigue finalement assez classique (même si le twist final est sympa). C'est peut-être pour ces raisons que The Incubus ne connut pas à sa sortie un grand succès. Il mérite cependant, à mon avis, d'être aujourd'hui reconsidéré.

 

La conclusion de à propos du Film : Incubus [1982]

Nicolas L.
60

Plus thriller que véritable film d’horreur, réalisé par un cinéaste ancré dans les années 70, The Incubus n’avait connu lors de sa sortie un très grand succès malgré la présence de John Cassavetes en haut de l’affiche. Il faut dire que le titre peut prêter à confusion et que son traitement vintage ne correspondait guère aux standards de l’époque (les ’80). Reste qu’avec son atmosphère angoissante plutôt réussie et son séduisant casting le métrage de John Hough n’est pas aussi mauvais que certains le clament.

Que faut-il en retenir ?

  • Une ambiance angoissante bien rendue
  • Une réalisation travaillant habillement le subjectif
  • Un bon casting
  • Un mystère assez bien entretenu

Que faut-il oublier ?

  • Une intrigue assez classique
  • Des personnages un peu trop stéréotypés
  • Un monstre final raté

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