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Critique du Film : Bienvenue à Zombieland
Bienvenue à Zombieland >

Critique du Film : Bienvenue à Zombieland

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 27 novembre 2009 à 1627

La revanche du no life

Columbus est de ceux que l'on nomme communément, dans le milieu du jeu vidéo, un no life. Le genre de gars, un brin coincé, un tantinet timide, qui trouve l’échappatoire à ses problèmes au coeur des univers virtuels proposés par les MMORPG (jeux de rôles massivement multi joueur). Loin des tracas de la vie quotidienne, à l'écart des conflits, le no life se construit une nouvelle existence, un nouvel environnement fictif, fait de pixels, de magie et de rêve. De loisir, le MMORPG se transforme alors en addiction.

Oui, en addiction, et c'est pour cette raison que Columbus ne s'aperçoit pas de suite que le monde tel qu'il le connaissait s'écroule tout autour de lui. Et c'est d'ailleurs cette vie de reclus, de paria, qui lui sauve la vie. Ce n'est que lorsque sa jolie voisine trouve refuge chez lui, pour ensuite se transformer en une zombie vorace (et très obstinée) que Columbus comprend que quelque chose d'anormal est en train se produire. Là. Dehors. En bas.

Finalement, cette apocalypse (créé par une sorte de virus dont on ne saura jamais rien) ne change pas grand chose pour Columbus. Le monde réel était déjà, bien avant que la Terre ne se transforme en Zombieland, un univers hostile et désagréable. La seule différence est que, désormais, les "autres" veulent le dévorer... dans le sens littéral du terme.

C'est en errant dans cet univers dévasté, que Columbus a appris à dominer en établissant des règles précises (avoir une bonne condition physique, tirer toujours deux fois, ne pas jouer les héros, etc.) notées sur son calepin, qu'il va rencontrer ses nouveaux amis, Tallahassee, Wichita et Little Rock. Une gamine, une jeune fille rebelle et un cow-boy excentrique avec qui il va traverser les Etats-Unis à la recherche d'un nouvel abri, d'une nouvelle famille...

Scénarisé par Rett Rheese et Paul Wernick (les créateurs du Joe Schmo Show), Bienvenue à Zombieland aurait pu être l'une de ces nombreuses oeuvres surfant sur la mode des comédies horrifiques à base de zombies. Ce genre de films, sympathiques certes, mais vite oubliés une fois le générique de fin déroulé. On y trouve en effet tous les ingrédients de ce genre qui mélange les éléments empruntés au road movie, au buddy movie et au film gore. Oui, mais voilà, le traitement très particulier appliqué par Ruben Fleischer amène au métrage un cachet vraiment particulier, une touche nouvelle fraîcheur, loin de l'énième « ressaucée » de Shaun of the Dead que l'on aurait pu craindre.

Tout d'abord, si Zombieland est assurément une comédie horrifique, elle aborde le sujet d'une manière moins potache qu'à l'accoutumée, avec des mises en situations souvent plus humoristiques que comiques (notamment dans sa deuxième partie) et un script qui base sa thématique sur la difficile reconstruction d'une cellule familiale. Attention, cela ne veut pas dire que l'on ne rie pas beaucoup. Bien au contraire! Les gags étant plus chichement distribués, on en profite un maximum et l'on s'en délecte, d'autant plus qu'ils sont particulièrement bien amenés. S'il ne fallait retenir qu'une seule séquence, j'opterai pour celle qui se déroule dans la propriété de Bill Murray. L'acteur, jouant les guest star, étant une nouvelle fois irrésistible.

Le film exploite également de manière assez habile les rapports établis entre les personnages. Ayant définitivement tirés un trait sur leur passé, les membres du quatuor ont oublié leur nom pour s'attribuer des pseudos ayant un lien géographique avec leur quête. A la manière d'une nouvelle naissance. Ainsi, si le traitement de l'ensemble reste léger et récréatif, les personnages, très sympathiques, sont vraiment bien dessinés et parfois émotionnellement touchants (tout en évitant le piège du pathos). Il faut aussi signaler que l'excellence du casting joue pour beaucoup dans cette réussite - avec, notamment, la géniale interprétation de Woody Harrelson, dans la peau d'un cow-boy dissimulant une grande tristesse sous une extrême exubérance.

Un bon point également pour la réalisation, qui met parfaitement en valeur les nombreux gimmick et références vidéoludiques proposés par le scénario. Le rythme est bon, Ruben Fleischer joue parfaitement des valeurs de cadre et nous offre un résultat qui se rapproche plus de l'actionner de série B américain, voire le western, que de la comédie horrifique traditionnelle. A noter également une excellente bande originale, très rock n'roll, qui ajoute à cet aspect énergique entretenu par le film.

Restent les effets spéciaux. Là encore, la qualité est au rendez-vous. Les zombies, qui se déplacent rapidement et évoquent plus les contaminés des films de Danny Boyle que les morts-vivants de George A. Romero, sont nombreux, bien maquillés, souvent cadrés en gros plans craspecs. Le gore est également présent avec quelques séquences assez explicites sur des scènes d'anthropophagie, à grand renfort d'éventration et de démembrements grand guignolesques. 

Par contre, on peut regretter que le film ne soit pas un peu plus incisif. En effet, en plus du fait qu'il nous offre un  happy end à la morale très américaine (le jeune trouillard qui devient un héros, et par la même occasion un homme), j'ai trouvé que l'on était très loin de cet humour noir, cruel, et de ce regard réaliste et acide posé sur l'humanité par les auteurs de Shaun of the Dead, entre autres. Le film apparaît ainsi comme policé, comme si l'on avait  pris garde de bien arrondir les angles, pour éviter de faire mal à l’audience bien pensante. C'est uniquement sur ce point, en fait, que le bas blesse et qui fait que Bienvenue à Zombieland est moins bon que le petit bijou d'Edgar Wright.

La conclusion de

Shaun of the Dead a mis la barre très haute dans le domaine de la comédie horrifique. Et seul Bienvenue à Zombieland, pour le moment, parmi tous les films du genre qui se sont succédés depuis, frôle son niveau d'excellence... sans parvenir à l'atteindre. En effet, le film de Ruben Fleischer est vraiment bien écrit, très drôle, et particulièrement bien réalisé. Son seul petit défaut est son manque de piquant, reflet d'une volonté d'être un produit consensuel, apte satisfaire la bienséance américaine. Un excellent divertissement tout de même.

Que faut-il en retenir ?

  • Un scénario bien inscrit
  • Une bonne réalisation
  • Des comédiens séduisants
  • Des bons FX
  • De l’humour qui fait souvent mouche
  • Bill Murray en guest star

Que faut-il oublier ?

  • Un peu trop lisse

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