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Critique du Film : The rage
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Critique du Film : The rage

Avis critique rédigé par Nicolas L. le dimanche 17 mai 2009 à 2343

Du gore aux senteurs des eighties

Viktor Vasilienko est fou. Jadis humilié par les responsables de son gouvernement, ce savant, expert en manipulations génétiques effectuées à grand renfort de perceuses et de marteaux, a décidé que l’humanité, composée d’individus ingrats et stupides, ne méritait pas d’exister. Il s’est donc confié la mission de la détruire. Ben, tant qu’à être un sacré maboul, autant être ambitieux, non ?

Pour ce faire, Vasilienko, réfugié dans un laboratoire de fortune à l’hygiène douteuse et aux geôles remplies de mutants cannibales (probablement le fruit de tentatives avortées), est sur le point de finaliser la conception d’un virus extrêmement contagieux. Cependant, comme d’habitude dans ce type de séries B, le sérum se montre pour le moment particulièrement instable et les différentes expériences menées par Vasilienko tournent souvent à la boucherie, avec son lot d’explosions cérébrales aux couleurs grand guignol. Mais il en faut bien plus pour décourager le bonhomme. D’ailleurs, aujourd’hui, le savant fou est d’ailleurs particulièrement en joie (il arbore en permanence un rictus sadique) car il vient de capturer deux jeunes gens qui lui servent de cobayes. Tout semble fonctionner avec le spécimen mâle (la fille a carrément explosée devant la caméra) quand, comble de malchance, ce dernier, fou de rage et sa force décuplée par la mutation, parvient à s’échapper après avoir mordu sauvagement Vasilienko

Robert Kurtzman est un nostalgique. A quarante-cinq balais, le membre le plus actif du célèbre team d’effets spéciaux K.N.B. EFX Group., maquilleur de grand talent, a conservé intact son amour de la série B à l’ancienne, celle qui lui a permit d’être aujourd’hui une célébrité dans le très sérieux milieu des studios hollywoodiens. Il nous le prouve une fois encore avec The Rage où, avec seulement deux millions de dollars, il s’amuse (car il s’agit bien d’amusement) à mettre en forme un film qui nous ramène un quart de siècle en arrière, à l’époque de BrainDead, Réanimator ou Evil Dead.

Pour l’aider dans sa (po)tache, Robert « Mad Dog » Kurtzman a appelé à ses cotés un autre olibrius amoureux de gore et de séries B (qu’il connaît bien puisque les deux hommes ont travaillé ensemble sur les premiers films de Sam Raimi) : Gary Jones. Hors, Gary Jones, aujourd’hui, c’est synonyme de perles bis absolument crétines (mais souvent très fun) construites essentiellement pour la télévision (la chaîne SciFi notamment) comme Crocodile 2, Alien Apocalypse ou Planet Raptor. Au final, donc, The Rage est le résultat de ce mariage entre un grand technicien de la série B à la recherche de ses souvenirs de jeunesse et un autre qui, lui, est resté le même depuis Mosquito, son premier film.

Le métrage revendique ainsi l’aspect absolument stupide de son scénario. Il accumule les clichés, les dialogues bateaux, les incohérences (des vautours qui chassent et qui nichent, au sol, dans des bois ?), les gags à deux balles et les comportements illogiques. Pas trop grave car, comme souvent, toute cette accumulation de n’importe quoi finit par amener une sorte de comique de situation bon enfant qui rend le métrage extrêmement sympathique.

Sûrement à l’initiative de Gary Jones, qui est un spécialiste en la matière, l’aspect humoristique du film est accentué par des inserts CGI si nuls qu’ils en deviennent risibles. Lors de cette grossière utilisation d’un écran vert pour simuler un camping-car en mouvement, de l’apparition de ces énormes gerbes de sang numérique ou avec l’omniprésence de ces vautours cartoonnesques qui hurlent pendant tout le film comme des Nazguls (c’est absolument horripilant, on a rapidement envie de baisser le son de la télévision), on évolue plus dans le registre de la série Z que de la série B. Mais attention, cette mécanique comique ne fonctionne que parce qu’elle se voit contrebalancée par la présence de deux aspects qui sont, eux, sacrément efficaces.

Le premier atout de The Rage est sa réalisation nerveuse, presque hystérique. Son but est double :
- Masquer en partie les quelques défaillances techniques existant dans les travaux de raccords, cela fonctionne d’ailleurs plutôt bien (l’abus de fondus enchaînés est le seul élément technique un peu agaçant) ;
- Donner au film un rythme effréné, à la manière d’un Tex Avery live. Porté (ou plutôt tiré) par le film, le spectateur n’a même pas le temps de bien appréhender une scène qu’il se trouve déjà devant une autre, encore plus folle. Le seul moment de répit apparaît lorsque Vasilienko confie sa dramatique histoire aux derniers survivants d’une bande de jeunes « teuffeurs ». La pose ne durera que quelques minutes, avant que la machine ne reparte de plus belle. L’alternance dans les techniques de prises de vue est également bien dosée, amenant à la fois une sensation de vertige dans les plans extérieurs (tournés principalement en steadycam ou en caméra épaule) et une impression très bis dans les plans intérieurs (réalisés de manière traditionnelle).

Le deuxième point fort du film repose bien entendu sur la qualité des maquillages et des prothèses. Il est vrai que l’on n’en attendait pas moins d’un expert comme Robert Kurtzman. Ce génial technicien s’est même amusé à nous offrir quelques clins d’œil (avec un Vasilienko mutant qui ressemble beaucoup au docteur Pretorius de Aux portes de l'au-delà). L’aspect gore est évidemment présent, avec beaucoup de gros plans graphiquement très poussés. D’ailleurs, le fait que le film se passe en grande partie dans un laboratoire, en compagnie d’un savant fou, évoque bien entendu le génial Réanimator. Il est dommage, cependant, que les passages les plus poussés graphiquement soient un peu gâchés par des dispensables inserts de sang numérique.

Au niveau de l’interprétation, Robert Kurzman a rappelé Andrew Divoff, son vieux complice de Wishmaster. Ce spécialiste dans les rôles de méchants incarne ici le docteur Viktor Vasilienko de manière prévisible, en usant et en abusant de son éternel rictus sadique. Mais bon, étant donné que l’interprétation colle bien au profil de ce personnage dément, il n’y a pas grand-chose à redire (sauf que j’aurai vraiment préféré Jeffrey Combs, ou Christopher Lloyd). Egalement en tête d’affiche, on trouve Misty Mund… oh, pardon, Erin Brown. Depuis 2006, cette très jolie demoiselle, qui a construit sa carrière dans le film érotique, semble avoir décidé de se reconvertir dans le bis (on peut notamment la voir dans Dying God, du français Fabrice Lambot). J’ai pu remarquer que quelque uns de mes confrères (sur le web ou dans la presse) fustigent la prestation de la comédienne. Franchement, je trouve cela un peu sévère car si son jeu n’a rien de mémorable, il est bien loin d’être aussi calamiteux qu’ils l’affirment. Comme Traci Lords, la jeune femme paierait-elle son sulfureux passé? Enfin, notons aussi la brève apparition de Reggie Bannister dans le rôle d’un tonton mutant qui ne va pas hésiter à massacrer nièce et neveu.

A noter aussi, pour finir, la présence d'une bande originale de qualité, avec notamment la présence sur le soundtrack du groupe de métal Mushroomhead (c'est le groupe que l'on aperçoit lors de la séquence du concert en plein air).

La conclusion de

Avec son aspect défouloir gore et potache, The Rage assume son appartenance à l’ancienne vague de séries B qui avait la gloire d’Empire Pictures dans les années 80. Le scénario est crétin, certes, les CGI ridicules, mais la réalisation et la qualité des maquillages compensent bien ces carences pour arriver à un résultat final particulièrement fun qui plaira, sans aucun doute, aux amateurs du genre.

Que faut-il en retenir ?

  • Une atmosphère fun
  • Des bons maquillages
  • Pour les amateurs de gore et les nostalgiques des années 80

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario crétin
  • Des CGI très cheap

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