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Critique du Film : La dernière maison sur la gauche
La dernière maison sur la gauche >

Critique du Film : La dernière maison sur la gauche

Avis critique rédigé par Vincent L. le samedi 18 avril 2009 à 1328

Si seulement il y avait eu le scénario...

Alors que le cinéma américain nage actuellement en pleine vague de remake insipides et inutiles, l'annonce par Wes Craven de la mise en chantier d'une nouvelle version de son film culte La Dernière maison sur la gauche a, à l'époque, laissé très indifférent. Certes les deux créateurs de l'original, Craven et Cunningham, étaient à l'origine du projet, et, de plus, agissaient dessus en tant que producteurs, mais lorsque l'on voyait de quelles daubes abjectes ils étaient par ailleurs responsables (La Colline a des yeux 2 pour le premier, Vendredi 13 pour le second), on pouvait d'ores et déjà s'attendre à une relecture commerciale et sans saveur, et ce d'autant que la réalisation en était confiée à un réalisateur débutant : Dennis Iliadis.

C'est d'ailleurs peut-être pour cela que ce remake s'avère, au final, être une très bonne surprise. On ne peut effectivement qu'être très étonné par un film dont on n'attend absolument rien, surtout lorsque le produit finalisé aligne un grand nombre de qualités. Pour un film de studio, destiné à une exploitation que l'on sent avant tout commerciale – même si destinée à un public adulte – Dennis Iliadis a réussi à mettre en image un sacré bon film, supérieur sur de nombreux points à original, et qui réussit le défi de prendre aux tripes un spectateur qui sait pertinemment vers où se dirige l'histoire.

Et ce n'est pourtant pas faute d'avoir accroché aux pieds de ce jeune réalisateur de nombreux boulets pour le faire lamentablement échouer dans son entreprise. Le script, pour commencer, reprend à la lettre le scénario d'origine tout en l'aseptisant de ce qui faisait son originalité. Tout l'aspect politiquement incorrect est ici gommé alors que le groupe de jeunes d'origine est remplacé par un groupe de malfrats on ne peut plus caricaturaux. Du gros balèze évadé de prison qui sert de leader à cette joyeuse bande, au frère de ce dernier qui s'apparente à un incapable branleur en passant par la petite-amie du chef, déjantée et qui se sert du pouvoir qu'elle a sur se dernier pour le manipuler, on nage ici en plein cliché grossier. Même le fils du taulard s'avère désespérant de prévisibilité par son côté boy-scout que l'on a obligé à venir. Un groupe de méchants fades, stéréotypés, dignes d'un Hollywood Night moyen, et très difficilement mis en valeur par des acteurs aux jeux caricaturaux.

L'importante thématique de l'auto-justice, qui faisait tout de même le sel de l'original, tombe donc inévitablement à plat en ce que les "méchants" n'ont absolument rien qui puisse jouer en leur faveur dans ce simulacre de procès. Avouons qu'il est beaucoup plus simple de faire passer à l'écran la mort d'un criminel multi-récidiviste que celle d'un simple teenager, aussi horribles que puissent être ses actes. La seconde moitié du scénario est ainsi malheureusement à cette image, grossièrement convenue dans ses aléas et ses péripéties à base de bagarres qui tournent mal et de courses-poursuites sous la pluie. Ainsi, la dernière scène, bien que fun et très bien faite, est en décalage total avec le ton et la thématique générale du film, sombrant dans les méandre de la mauvaise série B.

Mais à côté de cela, Dennis Iliadis déploie un talent absolument bluffant pour développer dans son film une atmosphère mêlant à la fois suspense et malaise. Pour ce faire, il a ici clairement joué la carte du remake, c'est à dire que sachant pertinemment que chaque spectateur entrant dans la salle connaissait d'avance l'histoire et les péripéties de son long-métrage, il en a volontairement joué pour installer et distiller une ambiance exemplaire et faire naître chez le spectateur une véritable haine envers les criminels. La scène de viol, à titre d'exemple, fonctionne non seulement par la nature des images montrées, mais surtout par le fait que l'on sache pertinemment où tout cela mènera. Aidé par une bande-originale sans failles signée John Murphy, qui va crescendo durant toute la durée du film, Iliadis joue donc un dangereux jeu d'équilibriste, à mi-chemin entre le bon film et la vague série B, mais sait constamment garder la cap jusqu'à un climax incroyablement prenant.

Devant la caméra, si Monica Potter livre une prestation convenable, c'est plutôt Tony Goldwyn qui s'avère être impressionnant. Entre sa flegme de départ, son bouleversement émotionnel au milieu et sa rage finale, l'acteur passe par une palette d'émotions sensiblement proches de celle du spectateur, lequel aura au final tendance à s'identifier à lui. Dans un registre différent, Sara Paxton arrive à interpréter un personnage crédible et intelligent, alors même que certaines scènes du script l'enfoncent dans une incohérence totale. Ce sont ainsi ces deux acteurs qui, au final, rendent le plus honneur au travail du principal artisan de cette réussite : Dennis Iliadis.

La conclusion de

Si on n'attendait absolument rien de La dernière maison sur la gauche, la surprise n'en est au final que meilleure. Le jeune Dennis Iliadis réussit le défi de construire un film de studio pourtant bien supérieur à l'original au niveau ambiance, suspense et émotion et ainsi largement contrebalancer les faiblesses d'un scénario très médiocre qui retire tout le politiquement incorrect de l'orginal. Un réalisateur à suivre, peut-être un nouveau master of horror...

Que faut-il en retenir ?

  • L'ambiance générale du film,
  • La montée en tension qui va crescendo,
  • Le sentiment de malaise qui s'installe petit à petit,
  • Tony Goldwyn, juste,
  • Des personnages principaux crédibles.

Que faut-il oublier ?

  • Un script très médiocre et très convenu,
  • Les personnages des méchants, trop caricaturaux,
  • Péripéties finales souvent convenues,
  • Une fin choc, mais totalement gratuite et inutile.

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