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Meatball Machine >

Critique du Film : Meatball Machine

Avis critique rédigé par Nicolas L. le dimanche 8 février 2009 à 23:38

Jeu de main... jeu de martien?

Un jeune homme, d’une timidité maladive, trouve, un soir de galère, un étrange organisme chitineux qu’il ramène chez lui. Quelques temps plus tard, alors que pour la première fois de sa vie, il semble pouvoir conclure une aventure amoureuse, l’étrange forme de vie s’anime et saute sur la jeune femme, la transformation en une  redoutable créature mi-femme, mi-machine…

Meatball Machine est en quelque sorte les thématiques de David Cronenberg et Shinya Tsukamoto revues par un Peter Jackson en pleine crise de « Sentai fever ! » Il est donc peu de dire que le résultat est détonant et plus que surprenant. En ce qui concerne le pitch, on peut résumer  en disant que le film (qui est le remake d’un opus original datant de 1999) narre les malheurs d’un jeune ouvrier qui voit sa « future copine » transformée en une grotesque gun machine hybride par l’introduction dans son organisme d’un module de contrôle extra-terrestre.

Comme dans le « cultissime » Elmer, le remue-méninges, cet organisme alien prend le contrôle du corps de son hôte. Avec une différence majeure. En effet, si comme dans le film de Frank Henenlotter, le parasite permet à l’hôte humain de voir ses émotions et ses sensations décuplées, il a également le pouvoir de transformer sa morphologie via l’émergence d’excroissances destructrices (canon, lance-flamme, tronçonneuse, perceuse, etc.). De plus, autre fantaisie de Meatball Machine ; comme dans Hidden (qui mettait également en scène des aliens parasites), ces extra-terrestres utilisent les corps humains comme des véhicules et des machines de combat. Dans le film de Jack Sholder, c’était à des fins criminelles, dans Meatball Machine, le but est purement ludique.

Car Meatball Machine est un jeu.

Oui, un jeu de baston. Un jeu « où il ne doit en rester qu’un ! ». Pour être plus précis, disons que Meatball Machine peut être considéré comme une relecture trash et outrancière de Battletech ; les corps humains remplaçant les Mechas et ces ridicules aliens braillards prenant la place des Mech Warriors.  Ces Necroborgs (c’est le nom des ces disgracieux organismes hybrides) errent donc dans Tokyo à la recherche de congénères et, une fois cette quête accomplie, ils s’affrontent dans un combat à mort. On assiste donc à des séquences mettant en scène des combats de Necroborgs à travers une réalisation proche des sentai pour enfants et jeunes ados, l’atmosphère fun en moins, car le ton de Meatball Machine reste en permanence très sérieux… Jusqu’au final, véritable twist humoristique qui démontre que les deux réalisateurs sont en fait de sacrés farceurs.

Oui, deux réalisateurs, Car pour mettre en forme cette nouvelle version « deluxe » de son premier film, Jun'ichi Yamamoto a eu la bonne idée de demander l’aide d’un expert, à savoir Yudai Yamaguchi. Initiative pertinente, en effet, car ce dernier est un spécialiste du V-Cinema. Scénariste de Versus, rappelons-nous aussi qu’il est également réalisateur d’un excellent Battlefield Baseball. Donc, avec Yûdai Yamagochi, on a affaire à un homme qui connaît son métier et qui sait surtout contourner au mieux les contraintes d’un budget étriqué. Le résultat de cette collaboration se retrouve principalement dans l’étonnante qualité des effets spéciaux. En effet, grâce à des excellents choix d’angles de caméra, un montage judicieux et quelques artifices conceptuels générés par un sens inné du système D, ces prothèses biomécaniques, composées de grossières accumulations de caoutchouc  et de latex, dégagent un effet saisissant, et parfois même impressionnant. Certains plans, qui mettent en scène une Sachiko hybride, sont même considérés aujourd’hui comme des véritables « tableaux classiques » de la culture Japanese Cyberpunk.

Le film est très gore, tire souvent vers le craspec, avec de nombreux plans sur des organismes et diverses prothèses gluantes aux allures phalliques. Comme David Cronenberg dans son adaptation de William Burroughs (Le festin nu) ou dans son Vidéodrome (le meilleur film du maestro canadien), Yûdai Yamaguchi et Jun’ichi Yamamoto s’attardent sur la perversion, la fragilité et la malléabilité de la chair, et appuient leurs propos par de nombreux plans assez crades exposant l’intérieur du corps humains. Dans le domaine de l’allégorie lubrique, certains maquillages évoquent d’ailleurs les créations du japonais Screaming Mad George, ou même celles du sculpteur Hans Rudi Giger

Sans toutefois être aussi explicites. Et c’est dans cette retenue, en fait, que se situe la plus grande faiblesse de Meatball Machine.

En effet,  les réalisateurs - à mon avis (mais je suis un pervers) -, ne vont pas assez loin dans bon nombre de registres ; le viol de la jeune fille par l’organisme pudiquement voilé par des effets stroboscopiques ; les explosions gores hors cadres ; la violence parfois un peu feutrée (tout est relatif, hein, on n’évolue quand même pas dans un univers Bisounours), le final un peu conventionnel… Autant d’aspect qui font que Meatball Machine n’arrive pas à la cheville de certains films d’exploitations qui osent aller jusqu’au bout de leur idées, quitte à subir les foudres de la société bien pensante. A cela, il faut aussi ajouter que, contrairement à Tetsuo (véritable chef d’œuvre qui lançait un véritable débat social sur la déshumanisation de la civilisation), ce film n’utilise ses éléments cyberpunk qui dans une optique graphique. Il ne délivre nul message. Le fait que les organismes aliens ne s’attaquent qu’aux dépressifs et aux laissés-pour-compte n’est en effet pas suffisant, à mes yeux, pour en faire un véritable pamphlet critique.

75

Si Meatball Machine est trop ténu dans ses propos critiques et donc ne parvient pas (et ne cherche probablement pas) à concurrencer Tetsuo dans le domaine du cyberpunk intelligent et expérimental, c’est tout de même un sacré bon film. Les deux réalisateurs, Yûdai Yamaguchi et Jun’Ichi Yamamoto, malgré un budget étriqué, sont parvenus à construire une excellente œuvre trash, craspec et gore, pleine d’ingéniosité et de plans tordus. A voir.

Critique de publiée le 8 février 2009.

Que faut-il en retenir ?

  • Réalisation inventive et ingénieuse
  • Très gore, très trash
  • Bien rythmé, on ne s’ennuie pas une seconde

Que faut-il oublier ?

  • Budget étriqué
  • Du cyberpunk sans profondeur critique

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