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Critique du Film : My name Is Bruce

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 5 février 2009 à 16:12

Fumisterie introspective

Bien qu'il refuse de le reconnaître, Bruce Campbell est un has been. Aigri, alcoolique, pourri par la prétention, ce vieux beau se morfond dans des séries Z et même ses plus grands fans trouvent ses derniers films absolument nuls. Dernière humiliation; sa femme s'est mise à la colle avec son agent artistique et il se retrouve contraint à vivre dans une vieille caravane pourrie, avec pour seule compagnie un chien ivrogne.

Un soir, alors qu'il en est même arrivé à boire son bourbon dans la gamelle du chien, un jeune adolescent vient lui demander assistance; sa petite ville de Gold Lick est en effet attaquée par un démon chinois!

My Name Is Bruce est une oeuvre étonnante que l'on pourrait qualifier de "comédie introspective". En effet, au-delà de son aspect grosse farce qui emprunte son récit autant à Evil Dead III : l'armée des ténèbres (un looser se voyant attribué le statut de exterminateur de monstres) qu'à Three Amigos (une comédie de John Landis où trois ex-stars de music hall affrontent, sans le savoir, de véritables desperados), Bruce Campbell en profite pour mettre en place une réflexion portant tant sur le phénomène de starification que sur son cas personnel avec une sorte de bilan de carrière. Un bilan qu'il ne trouve apparemment pas brillant.

L'acteur-réalisateur débute en effet sur un plateau de série Z, en compagnie d'une bimbo et de quelques figurants jouant les monstres dans des costumes caoutchouteux complément nases. On découvre alors l'environnement du personnage, bien loin de l'image de héros qu'il trimballe sur la pellicule. Egocentrique, vulgaire et même parfois abject, en pleine crise de confiance, le comédien sombre dans le gouffre de l'alcoolisme, la misanthropie et la solitude. Est-ce à dire que Bruce Campbell se reconnaît dans ce portrait? Ne le connaissant hélas pas personnellement, je ne saurai l'affirmer mais il est probable qu'il caricature ici quelques comportements passés qu'il doit regretter... Mais, étant ce qu'il est (et l'homme que nous, ses fans, apprécions), il traite cette introspection avec humour. "Eh, les gars, arrêtez de fantasmer sur moi, je ne suis pas un héros!", tel est le message de cette première partie où il se complait à massacrer son image.

La mécanique comique mise en place dans ce film ne fonctionnera principalement qu'avec des spectateurs initiés à sa filmographie et possédant une certaine sous-culture geek, les autres risquant fort de rester de marbre, voire de trouver cela chiant. En effet, les blagues sur la collection de DVD d'un fan, les clins d'oeil adressés à ses amis ("Tu ne sais pas ce qu'est la peur si tu n'as pas tourné avec Sam Raimi"), les références cinéphiliques ("mais tout le monde aime Bubba Ho-Tep!"), l'environnement référentiel (la musique de Joseph LoDuca qui fait parfois un petit tour du coté de Réanimator, le fantôme chinois); tous ces éléments ne seront efficace qu'avec un public de niche qui, lui, par contre, va apprécier.

Et le scénario là-dedans? Bien, comme je vous le disais, la première partie est une démonstration d'autodérision essentiellement consacrée à nous présenter un Bruce Campbell pathétique et grossier. Malgré des punch lines pas toujours très bien placées, elle ne manque pas de moments "forts" comme quand, invité à une réception organisée pour son arrivée, il boit comme un trou et se bâfre comme un porc. Puis vient la confrontation avec le monstre (vraiment raté) et là, on atteint le summum de l'ignominie. Dévoilant son caractère vil et pleutre, Bruce Campbell, pour protéger sa fuite n'hésite pas à faire feu au hasard (blessant des innocents), piquer le vélo d'un gosse et molester une vieille dame. Immonde.

La dernière partie est consacrée à la rédemption du personnage. Suite à une prise de conscience (une "illumination affective" amenée de manière très maladoite), Bruce Campbell retourne sur les lieux pour réparer ses erreurs et se faire pardonner de ceux qu'il a déçu. On reste bien entendu dans le domaine de la comédie avec un Bruce Campbell en total free style qui donne parfois dans le registre "burlesque" et qui - stupéfaction! - joue par moment (volontairement?) très mal. Cela fonctionne moins bien cependant, principalement parce qu'hormis le personnage principal, ce film n'a pas grand-chose à nous proposer d'intéressant, et surtout pas ce "fantôme chinois" ni drôle, ni effrayant.

Du coté du casting, Bruce Campbell rappelle à ses cotés son vieux pote Ted Raimi, qui avait déjà participé à Man with the Screaming Brain et sa vieille complice Ellen Sandweiss. Le film manque quand même un peu de cameo. Quelques malicieuses apparitions auraient bien augmenté le capital sympathie de cette oeuvre parodique parfois assez poussive.

Et c'est à ce moment, celui du bilan, que l'on peut se poser des questions. En mettant en scène un scénario aussi superficiel et neuneu (écrit par Mark Verheiden, auteur de The Mask), en détruisant son image dans une prestation au comic timing laborieux (où sa nonchalance naturelle vire à la fumisterie), en nous montrant à l'écran des fans (nous, quoi!) stupides et ringards, Bruce Campbell ne pousse-t-il pas le bouchon de l'irrespect un peu trop loin? Je ne sais pas. Personnellement, je ne l'ai pas trop mal pris, mais nul doute que ce film va secouer, voire diviser, la fanbase.

Et dire qu'une suite est déjà envisagée...

62

Bruce Campbell qui cabotine outrancièrement dans un film où il prend un malin plaisir à détruire son image dans une démonstration d'autodérision, c'est pas mal, mais cela peut aussi laisser un arrière-goût un peu amer. Scénario nul, interprétation en free style, fanboys très malmenés, autant d'aspects que l'on ne peut ignorer et qui peuvent même fortement déplaire... selon les sensibilités.

Critique de publiée le 5 février 2009.

Que faut-il en retenir ?

  • Ben, y'a Bruce, quoi...
  • Bourré de références, de clins d'oeil et de vannes.
  • Une démonstration d'autodérision assez étonnante
  • Du burlesque qui fonctionne parfois, malgré un comic timing en perdition

Que faut-il oublier ?

  • Scénario nul
  • Fanbase très malmenée
  • Pour un public initié

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