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Critique du Film : Timecrimes
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Critique du Film : Timecrimes

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 4 février 2009 à 1611

L'effet papy-gnon

Aux cotés du rêve d'un Icare qui se voyait côtoyer les oiseaux, celui du "voyage dans le temps" est, depuis toujours, une de ces inépuisables sources d'inspiration où s'abreuve le poète. Avec l'avènement du cinématographe - extraordinaire générateur d'illusions - en fin de 19ième siècle, puis l'expression de la théorie de la relativité générale par Einstein en 1916 - mettant en avant le principe de courbure de l'espace-temps - ces artisans de l'utopie que sont romanciers et cinéastes (descendants directs des metteurs en scène de théâtre) se virent offrir là de nouvelles associations prêtes à être magnifiées... et interprétées.


Car si, depuis déjà bien longtemps, l'homme a appris à voler bien plus haut que les oiseaux, si depuis quarante ans il a même réussi à apposer ses mains sur la vierge Diane, il ne sait toujours pas se déplacer sur le fil du temps. Cette terra incognita est donc l'un des derniers mystères de l'Univers, l'un des derniers lieux où le subjectif l'emporte sur les certitudes. Un endroit où l'imaginaire et la fantasmagorie ont encore tous leurs droits...


La transgression poétique l'emportant sur le froid calcul, trous de vers, paradoxe du grand-père et de l'écrivain, causalités et cohérences, loi du Chaos, tous ces théorèmes et théories sont récupérés par les "rêveurs" pour nous offrir des récits riches en rebondissements et en questionnements existentiels. Timecrimes, le film de Nacho Vigalondo, suit le mouvement et il se penche plus à nous narrer une incroyable histoire qu'à coller totalement à des assertions mathématiques.


Timecrimes, avant toutes autres choses, est une comédie. Une comédie méchante et très drôle. Le scénario, écrit par Vigalondo, nous conte les déboires d'un brave type qui se retrouve confronté à son double après avoir fait un bref saut dans le passé. Evidemment, pour éviter tout paradoxe, tout effet papillon, il devrait se contenter d'un rôle d'observateur, en adoptant le comportement le plus neutre, le plus aseptisé possible... Mais c'est compter sans un élément prédéterminant et à la consistance impalpable: la prédestination. Il est d'ailleurs très amusant de constater comment dans ce récit en boucle est mis en avant le lien étroit établi entre une valeur mathématique et un concept philosophique, chacun ne pouvant étre désolidarisé de l'autre.

Il est très difficile de parler de Timecrimes sans en dévoiler ses mystères. je vous dirai donc juste que Hector (le héros du film), se voit contraint de répéter les mêmes gestes encore et encore, d'effrayer et même de maltraiter son double (l'occasion pour le cinéaste de se moquer gentiment des slashers), sous peine de voir changer son futur, et par là même menacer son existence. Et ces gestes, étant donné que ledit voyageur temporel est un empoté, ne sont en fait qu'une accumulation de gaffes aux conséquences tragicomiques.

Techniquement, le film n'a besoin de rien, à part une mise en scène éclairée utilisant de manière pertinente les profondeurs de champ. Le scénario, très intelligent et qui fourmille de petits détails narratifs, se satisfait à lui même et ne nécessite qu'un nombre minimum de comédiens (il n'y a que quatre personnages), dont le réalisateur. Ainsi, Timecrimes se présente comme une pièce de théâtre et son découpage, très marqué, accentue cette impression. Le rythme, qui est très soutenu, rend ce débonnaire et pantouflard quadragénaire encore plus paumé dans un inextricable imbroglio temporel. On a mal pour lui, mais on rie beaucoup devant son air décontenancé quand la situation lui échappe (c'est à dire très souvent).

Le seul petit défaut de Timecrimes est sa répétitivité, certainement très ludique, mais à l'impact dramaturgique limité. En effet, contrairement à Cours, Lola, cours! ou sa récente version SF L'Effet Papillon, les différents exemplaires d'Hector ne se voient pas dotés de la possibilité de modifier le cours des évènements, d'y glisser le fameux "et si..." On a ainsi un peu l'impression de visionner trois fois le même court-métrage. Cela fait bien entendu partie de l'expérience, mais cela réduit considérablement le niveau de suspense de l'œuvre et de son environnement anxiogène.

La conclusion de

Honteusement inédit de par chez nous, Timecrimes est une sympathique oeuvre SF, très futée et bourrée d'humour noir. Le réalisateur, Nacho Vigalondo, compense ici un flagrant manque de budget par une histoire très agréable à suivre, interprétée par des comédiens crédibles et talentueux. Et cela même si la répétitivité des évènements nuît à la mise en place d'un suspense efficace.

Que faut-il en retenir ?

  • Scénario intelligent et drôle
  • Mise en scène habile
  • Interprétation de qualité
  • Sobre et efficace

Que faut-il oublier ?

  • La répétitivité du récit

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