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Critique du Film : Tokyo Gore Police
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Critique du Film : Tokyo Gore Police

Avis critique rédigé par Nicolas L. le dimanche 1 février 2009 à 1814

Chasse aux mutants à Neo-Tokyo

Dans un Tokyo futuriste, devant la recrudescence de la délinquance, la police s’est transformée en une entreprise privée qui utilise des méthodes radicales pour assurer le maintien de l’ordre.  Au sein de cet organisme exerce une section spécialisée dans la traque et l’élimination d’une nouvelle espèce de  malfaiteurs surpuissants : les Mutants. De ses chasseurs de mutants, la belle Ruka est le meilleur élément.

Spécialiste des effets spéciaux, Yoshihiro Nishimura a œuvré en tant que tel sur des œuvres cultes comme Suicide Girl, Meatball Machine et, plus récemment, The Machine Girl. Autant dire que les filles en jupettes, les lames tranchantes et les hectolitres de sang artificiel, il connaît. Cependant, cette fois-ci, il passe derrière la caméra pour mettre lui-même en forme un scénario de son cru. Ainsi, doté d’un budget restreint, Tokyo Gore Police (qui est en fait la deuxième réalisation de Nishimura, après un très confidentiel Spikerman : The Boo en 2004) met en pratique toute l’expérience acquise par ce bricoleur de génie et est, en quelque sorte, la matérialisation de toutes les influences qui ont construit sa cinéphilie.

Ainsi, Tokyo Gore Police est une sorte de patchwork cinématographique, un mélange d’influence, généré sur un rythme effréné, qui va, forcément, ne pas plaire à tout le monde. Il faut dire que son très fort aspect expérimental fait que l’entreprise apparaissait forcément comme risquée, voire casse-gueule.  Et, au final, Tokyo Gore Police est, à mon avis, un pari presque totalement réussi (donc un peu raté).

Film excessivement stylisé, Tokyo Gore Police récupère des éléments d’art burlesque en les intégrant dans un univers hard science violent, présentant quelques aspects cyberpunk, biomécaniques et hybrides. En regardant cette oeuvre, on pense bien évidemment à Blade Runner, Robocop, Total Recall, Existenz, et mais aussi, par son aspect trash et excessif, à des œuvres horrifiques comme Tetsuo, Society ou Vidéodrome. Cependant, contrairement aux habituels métrages EJC (Extreme Japanese Cyberpunk), Tokyo Gore Police ne se pose pas comme une critique sociale (bien que quelques petites pointes, notamment sur le goût étrange qu’ont les japonais pour le suicide, apparaissent via l’introduction de fausses pubs) et adopte un ton potache et souvent exubérant, à la manière des sentai et des chambara (notamment dans les chorégraphie martiales, qui mettent en scène des duels au katana et des échanges d’armes à feu). Les mutants présents dans le film et la manière dont le « virus » est introduit sur Terre évoquent aussi la série de films Yokai Monsters, ces films de monstres pour enfants des années 60 (remis au goût du jour par Takashi Miike en 2005).

Au niveau de la mise en forme, Yoshihiro Nishimura compense l’évident manque de budget par une extraordinaire inventivité. Que cela soit du coté des effets spéciaux (je n’avais plus vu des mutants aussi originaux, et aussi délirants, depuis le Society de Brian Yuzna) que de la réalisation proprement dite avec une grande variété dans les prises de vue, une photographie très vive ultra travaillée (avec des couleurs aux néons, comme dans Blade Runner), des valeurs de cadre inattendues et une évidente virtuosité dans la mise en scène. Les prothèses en caoutchouc et les médiocres inserts numériques finissent donc noyés (et oubliés) sous cette superbe démonstration technique et artistique. A noter aussi ces géniaux costumes de flics, qui marient des éléments typiquement japonais (samouraï) avec d’autres, plus exotiques, comme les armures des juges du comic Judge Dredd.

Mais attention, ce film n’est pas accessible à tous les publics. En plus de l’aspect gore (très prononcé), on évolue en plein univers trash, donc si Tokyo Gore Police est loin d’être pornographique, il présente quelques séquences pouvant être considérées comme « adultes ». Cela peut créer un certain malaise dans l’esprit du spectateur occidental qui pensait, jusqu’alors, visionner un spectacle adolescent à l’horreur désamorcée par des gerbes de sang si excessives qu’elles en deviennent risibles. A signaler donc, pour les plus sensibles des spectateurs; une très explicite castration à coups de dents ; une chaise hybride qui urine des litres de pisse sur des spectateurs en transe ; quelques gros plans sur des vibromasseurs en fonctionnement et un mutant arborant fièrement un sexe démesuré.

Autre bonne idée, celle d’avoir choisi pour interpréter le rôle principal la belle et glaciale Eihi Shiina (la psychopathe d’Audition). Elle incarne ici une guerrière ayant une forte tendance à la scarification (ce cutting si répandu chez les jeunes japonais), histoire de libérer toute ses endorphines avant ses interventions musclées. Là encore, Yoshihiro Nishimura ne lance pas de difficiles (et très risqués) débats sur ces pratiques qui relèvent de la pathologie pure, il s’en sert juste pour rendre son personnage principal (quasiment muet, comme ces implacables justiciers incarnés par Clint Eastwood) encore plus bizarre. Eihi Shiina est au final parfaite et totalement crédible (en plus d’être très jolie).

Alors, qu’est-ce qui cloche dans ce métrage qui fait qu’il ne mérite pas mieux, selon moi, qu’un 75% ? En plus de ses quelques effets spéciaux approximatifs, je dirai sa durée. Le film s’étend en effet sur près de deux heures, et, à mon avis, c’est beaucoup trop au regard de l’exiguïté de l’intrigue mise en place. Ce qui est très amusant au début (comme les inserts de fausses pubs) finit par devenir redondant alors que la répétition de combats amène une certaine monotonie. De plus, on trouve dans ce film quelques séquences plus « intimistes », pas vraiment utiles (et, de plus, un peu trop mélos), qui cassent un peu le rythme instaurée par une réalisation opérée à cent à l’heure.  Pas de quoi crier au scandale, mais suffisant pour casser un peu mon enthousiasme.

 

La conclusion de

Tokyo Gore Police est un exercice de style avant d’être un film. En cela, il est évident qu’il ne va pas faire l’unanimité. Personnellement, j’ai apprécié. J’ai aimé l’inventivité de Yoshihiro Nishimura qui parvient avec génie à compenser une grande étroitesse de budget, j’ai aimé le ton employé, à la fois trash et fun, et j’ai bien apprécié l’interprétation de Eihi Shiina. Je regrette juste quelques longueurs et quelques petites chutes de rythme. Un réalisateur à suivre de très près.

Que faut-il en retenir ?

  • Réalisation inspirée
  • Très gore
  • Atmosphère fun
  • Des mutants complètement délirants

Que faut-il oublier ?

  • Un poil trop long
  • Effets spéciaux perfectibles

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