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Critique du Film : Le Signal

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 7 janvier 2009 à 15:44

Télé Schizo et radio Maboul

Femme infidèle rongée par la culpabilité, Mya rentre chez elle bien tard, après un rendez-vous canaille avec son amant. Sur son chemin, elle est prise à partie par un homme blessé aux attitudes étranges. Puis, une fois dans les couloirs de sa résidence, elle est surprise de les voir encombrés, à une heure du matin, par des voisins très agités. Enfin, lorsqu'elle entre dans son appartement, elle trouve son mari Lewis, en compagnie de deux potes, qui, très énervés, essaient de réparer la télévision qui diffuse une image brouillée...


Dans les années 50-60, de nombreux films de science-fiction mettaient en scène ceux que l'on appelait des agents dormants, éléments inconscients d'une cinquième colonne communiste, qui, suite à la réception d'un quelconque signal, se révélaient être des périls pour la démocratie (espions, saboteurs, chanteurs de l'Internationale, ou autres). Aujourd'hui, un demi-siècle plus tard, le concept est de retour. Cependant, la menace bolchevique ayant disparue, il a bien fallu trouver quelque chose de plus actuel. Comme la menace terroriste... sous-entendue ici et dans le Cellulaire de Stephen King, par exemple.
D'ailleurs, peu importe les véritables causes et raisons de ce phénomène. Qu'il soit l'oeuvre d'un groupe nihiliste, la sentence d'une punition divine ou un simple dérapage technologique, l'essentiel est de rester très flou, car ce qui compte avant tout c'est le phénomène en lui-même et son impact sur les populations. Dans The Signal, sorte de pièce filmée en trois actes réalisée par un trio de jeunes réalisateurs, les conséquences de ce "signal électromagnétique et hypnotique" diffusé via la télévision sont multiples; ce qui est bien pratique pour construire un scénario travaillant les faux-semblants et les cut-back les plus osés.

En effet, en nous exposant le récit à partir de ces différents points de vue qui sont tous le fruit des perceptions de personnages déstabilisés, voire déments, les cinéastes se sont vus offrir toute la latitude nécessaire (et le parfait alibi) pour construire le film le plus branque possible. Sans nul doute, l'esthète sera certainement choqué par cette méthode un peu trop facile, mais il est très aisé de leur pardonner l'artifice tant le traitement respire la passion du cinéma de genre et la sincérité.
Perturbation des capteurs sensitifs, hallucinations, schizophrénie, perte des repères sociaux; tels sont les symptômes de cette maladie qui touche tous les protagonistes de cette (très trash) romance de science-fiction. Les personnages, au gré des envies des réalisateurs - qui travaillent la narration avec moult relectures et recoupements -, passent de la paranoïa à l'euphorie, sans réelle tenue logique (dans le sens pathologique du terme), juste pour offrir aux spectateurs des séquences surprenantes, très gores et surtout très drôles. Car c'est ce troisième aspect - un humour noir vraiment très sordide - qui permet au film de faire mouche! Et nous faire oublier les nombreuses petites incohérences...
Les moments les plus réussis sont donc ceux qui mettent en scène les situations les plus délirantes, avec des personnages qui accumulent les actions illogiques et irraisonnées. Des comportements d'échappés d'asile d'aliénés qui amènent toujours à des bains de sang, des moments paroxysmiques d'autant plus efficaces que les comédiens n'hésitent pas à faire dans la démesure. D'ailleurs, j'en profite pour saluer le travail du trio vedette, qui offre ici un spectacle tour à tour terrifiant et hilarant (mention spéciale à AJ Bowen, dans la peau d'un mari près à tout, mais vraiment tout, pour retrouver sa femme).

Cependant, je dois admettre que, à un moment, je me suis un peu lassé du spectacle. Cela tient certainement du fait que le "ventre mou" du troisième acte perd en rythme et en humour mais les faits sont là: pendant une dizaine de minutes, le film perd énormément de son pouvoir attractif - à la décharge des cinéastes, le flux était tellement tendu jusqu'alors que ce fléchissement peut apparaitre comme inévitable. Heureusement, le final rattrape assez bien le coup, même si l'on ne rejoint pas les sommets atteints par certaines séquences du second acte.
Du coté gore et horrifique, l'amateur a de quoi être comblé. Le film ne bénéficie pas d'un très gros budget mais le travail en maquillage n'en subit pas les conséquences avec des effets sans fioritures mais efficaces. Moment clé du film: deux cinglés qui discutent tranquillement avec une tête décapitée coincée dans un étau, une cigarette au bec (un clin d’oeil volontaire à Re-animator?).

68

Quelle bonne surprise que ce The Signal! Doté d'un traitement original, drôle, bien interprété, avec un aspect horrifique très soigné, le film de David Bruckner, Dan Bush et Jacob Gentry, malgré une petit chute de rythme dans son troisième acte, est une excellente petite série B qui pourrait donner des leçons à d'autres, bien plus ambitieuses. Les responsables de l'adaptation de Cellulaire, le best-seller de Stephen King, construit sur le même thème, savent désormais à quoi s'en tenir... sous peine d'être ridiculisés.

Critique de publiée le 7 janvier 2009.

Que faut-il en retenir ?

  • Un traitement très original d'un thème usité
  • Une interprétation de qualité
  • Des effets spéciaux convaincants
  • Techniquement solide

Que faut-il oublier ?

  • Une petite chute de rythme dans l'acte 3
  • Des incohérences masquées par un traitement malin

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