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Critique du Film : Behind the Mask
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Critique du Film : Behind the Mask

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 24 novembre 2008 à 1533

Dans la peau d'un tueur

Une équipe de télévision est invitée par un serial killer à l'accompagner, durant quelques jours, pour réaliser un reportage sur les particularismes de son "métier".
Réalisé par Scott Glosserman, Behind the Mask: The Rise of Leslie Vernon est une comédie acide et cynique construite à partir d'une idée de base assez originale. Le scénario pousse en effet le concept de télé-réalité dans le maximum du trash et de l'ignominie. Ici, pas de chichi, pas de pétasses qui visitent l'Amérique en bagnole, pas de bimbos qui mangent des asticots, pas de 24 heures en compagnie d'une quelconque star de la chanson ou d'un cul-de-jatte zoophile. Non, cette fois-ci, l'équipe de miss Gentry - une jeune journaliste qui pense avoir déniché là le sujet du siècle - a décidé de frapper très fort en suivant sous forme de témoignage live un serial killer dans ses exactions.


Véritable festival d'humour noir, le script du film pousse le concept jusqu'à l'absurde, avec la présentation de "l'activité" de tueur psychopathe comme un honorable métier, exercé par des professionnels consciencieux et amoureux de leur art (d'ailleurs, Jason Vorhees et Michael Myers y sont considérés comme des personnes réelles). Ainsi, en accompagnant Leslie Vernon dans sa démarche artisanale et artistique, le spectateur va rencontrer quelques "anciens" lui délivrant des conseils, quelques victimes désignées et bien entendu, l'inévitable homme de bien qui voue son existence à poursuivre un tueur (surnommé ici judicieusement un Achab, en référence au héros de Moby Dick).
On assiste, donc, en compagnie de l'équipe de reportage, à la mise en place d'un véritable traquenard, destiné à entraîner dans un piège mortel un groupe de jeunes gens. Malicieux, Leslie Vernon n'hésite pas à créer de toutes pièces certains détails ou aspects de l'existence des futures victimes pour que celles-ci collent parfaitement aux clichés du genre. Il créé même un passé fictif à une jeune fille, afin de la transformer en personnage principal - cette fille honnête et vierge qui, dans les slashers, finit toujours par s'en sortir.

A coté de cet aspect parodique, Leslie Vernon - par cet abondance de détails et sa mise en scène calculée - est donc aussi une véritable dissertation sur le genre slasher movie et la construction d'une oeuvre cinématographique dédiée. Et c'est cette idée, au prime abord excellente, qui finit par plomber un peu le film, du moins vers la fin de sa première partie. En effet, petit à petit, cette fausse émission de télé-réalité finit par devenir aussi chiante qu'une vraie, et cette sensation n'est guère allégée par un personnage parfois trop sérieusement dessiné et des passages un peu trop bavards. Heureusement, les personnages secondaires sont excellents (la séquence où le serial killer retraité raconte ses anciens exploits en faisant griller des saucisses est géniale) et la deuxième partie du film décolle un peu (même si le twist qui s'y produit n'est pas si surprenant que cela).
En fait, on peut séparer ce métrage en deux parties distinctes. La première est consacrée à la présentation de Leslie Vernon (avec l'accent mis sur l'amour et l'attention qu'il porte à son métier) et à la mise en place d'un traquenard qui est pour lui le moment le plus important de sa vie. Quand à la deuxième, elle nous amène, en compagnie des trois journalistes, à suivre en direct les déchaînements assassins du tueur. Et si, ce moment venu, l'on peut regretter une grande timidité dans les démonstrations graphiques, l'on est cependant bien content de se voir sortir de notre somnolence par quelques scènes d'actions, aussi peu surprenantes soient-elles (on a en effet affaire à un véritable hommage, avec une construction très classique donc sans surprise).

Du coté de la réalisation, Scott Glosserman a la bonne idée de ne céder à l'insupportable manie du "cinéma vérité avec cadreur ivre ou parkinsonien". Il y a bien sur quelques plans subjectifs filmés caméra à l'épaule, mais rien d'excessif, le cinéaste recadrant souvent l'action par des plus explicites plans d'exposition réalisés de manière classique (mais toujours avec une HD DV).
Le niveau d'interprétation est tout ce qu'il a de plus satisfaisant. Nathan Baesel, dans la peau du jeune tueur, est particulièrement convaincant et nous présente un individu aux apparences trompeuses, faussement inoffensives, dissimulant sa monstruosité sous des abords jovials et un physique avantageux. Dans le rôle de la Némésis de Leslie Vernon, Robert Englund reprend pratiquement le personnage du docteur Loomis, interprété par Donald Pleasence dans la série des Halloween. Il est dommage que ses capacités soient un peu sous-exploitées... A noter la sympathique apparition de Zelda Rubinstein, dans le rôle d'une bibliothécaire.

La conclusion de

Contrairement à Scream qui s'attachait à détruire le genre, Behind the Mask: The Rise of Leslie Vernon se présente plus comme un véritable hommage aux slashers movies et comme une véritable dissertation sur les différentes symboliques et thématiques attachées au mythe. L'oeuvre de Scott Glosserman est donc un film très intelligent, souvent drôle, et de plus bien interprétée. Il est néanmoins dommage que le rythme du récit tombe un peu en milieu de métrage, que le personnage principal ne soit pas plus "épicé" et que la deuxième partie soit si sage en effets horrifiques.

Que faut-il en retenir ?

  • Un pitch bien pensé
  • Un humour noir qui fait souvent mouche
  • Une réalisation propre
  • Une véritable dissertation sur la manière de construire un slasher

Que faut-il oublier ?

  • Quelques chutes de rythme
  • Un personnage principal parfois un peu terne
  • Une deuxième partie pauvre en effets gores

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