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Critique du Film : The Devil's Chair
The Devil's Chair >

Critique du Film : The Devil's Chair

Avis critique rédigé par Nicolas L. le dimanche 26 octobre 2008 à 1753

Après le fauteuil d'Emmanuelle, la chaise de Nick

Un endroit sombre, un homme observé de trois-quarts qui, sur un ton monocorde, nous commente sous forme de témoignage des images de violence, de filles et de gars en sang hurlant de douleur.
Cut.
Nouvelle séquence. Nous avons affaire à un homme, Nick West, que l’on devine être le narrateur. Avec sa copine, il pénètre dans un ancien asile abandonné. Tous deux ont des idées friponnes derrière la tête (et ailleurs, bien sûr). Avec son air de loubard de la banlieue de Manchester ou de Leeds (bonnet en laine en prime), Nick West n’inspire pas confiance, pourtant il émoustille sérieusement sa copine, une jolie blonde guère plus distinguée mais sacrément bien carrossée. Ça se tripote un peu, ça se roule quelques pelles, ça sort les acides d’une poche... Bref, la routine. C’est alors que le couple aperçoit une vieille chaise pourrie, sur laquelle est disposé un étrange dispositif, ainsi qu’une décoration minable à base d’os de fémur et de crânes humains. Ardents adhérents de l’association « Je baise n’importe où surtout sur les endroits le plus crades », Nick et sa copine (elle s’appelle Sammy mais on s’en fout) se mettent à faire leurs affaires sur l’un des objets les plus inconfortables du monde. C’est à ce moment que le fan de film de genre va commencer à tiquer nerveusement (et ce phénomène clinique va souvent se renouveler) tant la séquence va se montrer prude et convenue. Finalement, seul le langage est ordurier, mais guère plus qu’un sketch de Bigard
C’est alors que l’incroyable (mais faux) se produit. Installée sur le siège, Sammy va se retrouver immobilisé par le déclenchement d’un étrange mécanisme qui lui saisit la gorge et les poignées. Puis, à partir d’une déferlante de plans indépendants au montage volontairement non linéaire, on comprend que l’artefact a projeté la coquine dans une nouvelle dimension. Mais une dimension où les résidents, en plus d’être très négligeant dans leurs taches ménagères, font montre d’un évident appétit pour le sang humain…


Vous voulez du cinéma chiadé, celui que l’on vous apprend dans les écoles de cinéma les plus dans le vent ? Vous voulez des ralentis, des arrêts sur image, des plans alternés, des effets photographiques, des voix-off, du montage anachronique ? Alors, jetez un œil à ce Devil’s Chair signé Adam Mason. En effet, en environ 90 minutes, ce film nous présente un panorama de toutes les tendances actuelles en matière de réalisation et de photographie. De ce coté pas de doutes, le britannique Adam Mason a bien retenu ses leçons. Maintenant, intrinsèquement, qu’en est-il exactement de ce énième film construit sur l’histoire d’un dingue psychopathe ?
Au niveau narratif, Adam Mason nous fait partager pendant une heure le point de vue - construit à base de délires paranoïaques et de schizophrénie - de Nick West avant de basculer dans un exposition à la troisième personne, après un twist assez prévisible (du moins, pour tous ceux qui sont habitués à ce type de constructions). Ainsi la première partie nous présente, en plus du personnage principal (qui, à aucun moment, ne parvient à nous être sympathique), une équipe de « scientifiques » désirant étudier de plus près les dires de cet homme qui a passé plusieurs années dans une cellule capitonnée. Ils vont découvrir la chaise, y prendre place à tour de rôle, et se retrouver face à une créature horrible et pourrissante, entourée de nuées de mouches. Adam Mason nous invite à ce moment à pénétrer dans un univers emprunté à la fois à Clive Barker, à Mimic et à l’univers fantasmagorique de Freddy Krueger. L’image est sombre, froide, lugubre, moite, voire poisseuse. Au niveau de l’ambiance, pas grand-chose à redire, c’est plutôt réussi. Même lorsque les personnages passent « de l’autre coté » (et bien que les décors soient vraiment trop axés sur un rendu claustrophobe avec la thématique du piège à rats) le travail opéré sur la photographie est assez efficace et sera à même d’impressionner les personnes les plus sensibles.
La deuxième partie, plus réaliste, est marquée par un changement radical dans les bains de couleurs. Plus vive, histoire de mettre en évidence les souillures et les hémorragies, les images sont également montées de manière plus nerveuses. On pénètre alors de plein pied dans le domaine du thriller sanglant moderne, du shocker très graphiquement poussé mais guère original, à la Hostel ou même à Martyrs. Ça hurle, ça rampe, y’a du sang de partout, Nick West affiche une tronche complètement allumée (bravo au comédien Andrew Howard d’ailleurs) et appuie ses actes par des répliques teintées d’humour noir. Bref, c’est très violent…

Mais alors, quel est le problème ? Qu’est-ce qui fait que Devil’s Chair n’est pas grand-chose de plus qu’une série B de qualité moyenne ? Après réflexion, je pense que l’une des réponses se trouve en partie dans le choix d’un traitement finalement très sobre. En effet, sachez que même si les acteurs sont barbouillés de sang durant la plus grande partie du métrage, vous ne verrez rien de plus. Toutes les agressions sont traitées hors cadre, aucun effet gore ne vient appuyer cette ambiance qui se voudrait bien plus choquante qu’elle ne l’est réellement. Difficile de savoir s’il s’agit d’une décision résultant de contraintes budgétaires ou si c’est la mise en œuvre d’une politique pudique, mais le résultat est là ; Devil’s Chair se veut un film de genre et il n’est pas plus « dur » et osé qu’une bouse de Dimension Films.
Autre souci ; le casting et le niveau de l’interprétation. Hormis Andrew Howard, qui fait dans la démesure mais cela colle au personnage, tous les autres acteurs sont complètement à coté de la plaque. Cela vient à la fois de leur physique (deux bimbos, une brune et une blonde, interprétées par deux actrices qui ont un mal fou à donner du naturel à leurs personnages, à la fois scientifique et fantasme de psychopathe) et de leur jeu sans nuance. Même le très expérimenté David Gant n’est pas arrivé à me convaincre. Trop figé dans son jeu, il ne parvient à aucun moment à apparaître comme une sorte de personnage hybride, à mi-chemin entre la projection fantasmée et le psychiatre matérialiste. Sans nul doute que la direction d’acteurs est un peu responsable de cet état de faits et à trop s’occuper de l’aspect technique, Adam Mason en a oublié d’orienter ses comédiens dans ce dédale schizophrène.

La conclusion de

Premier long métrage de l’ex-étudiant en cinéma Adam Mason, The Devil’s Chair pèche à la fois par excès dans le domaine technique et par un manque de tenue dans son traitement dramatique. Le film est donc réussi visuellement, du moins du point de vue graphique, mais il ne parvient jamais à nous « embarquer » dans son univers ou nous horrifier. Sur ce dernier point, il est dommage que le cinéaste ait décidé de rester bien pudique dans le domaine du démonstratif. En effet, le simple fait de barbouiller ses comédiens de rouge n’est certainement pas apte à satisfaire les fans de cinéma de genre. A noter une créature très réussie, horriblement dégueulasse et visqueuse.

Que faut-il en retenir ?

  • Réalisation chiadée
  • Belle photographie

Que faut-il oublier ?

  • Traitement de personnages
  • Casting inadéquat
  • Pas si gore que ça

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