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Critique du Film : The Vanguard

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 24 septembre 2008 à 16:10

Contemplation zombiesque

Notre monde. Dans un futur proche. La crise pétrolière a eu raison de la démocratie, les guerres et les famines ont emporté dans la tombe une bonne partie de l'humanité. Les survivants, pauvres hères affamés, se sont vu subir des traitements chimiques qui, au lieu de les exterminer, les ont transformé en bêtes fauves aveugles - les Byosins. Ils écument désormais les campagnes, à la recherche de chair à déchirer, se fiant à leur odorat et leur ouïe pour dénicher leurs proies. Les derniers humains sains sont réunis dans les cités sous l'égide de la Fédération, un consortium militariste... du moins ceux qui acceptent de se plier à cet organisme totalitariste. Pour les autres, éparpillés dans la nature, comme Max, c'est une lutte quotidienne pour la survie...


Décidemment, le cinéma britannique de science-fiction a le vent en poupe. Avec The Vanguard, voilà qu'il nous propose un nouveau film post-apocalyptique après le Doomsday de Neil Marshall. Présenté au BIFFF de cette année, ce film nous invite à suivre les "aventures" de Max (nom référentiel s'il en est), un guerrier du futur plongé dans une atmosphère de fin du monde. Au premier abord, le script du film de Matthew Hope ne semble guère original. Il met en effet en scène des éléments très souvent rencontrés dans ce type de métrage, à savoir des hordes de "zombies", des militaires déshumanisés et un héros au profil messianique. Mais s'arrêter à cette première impression (la lecture du scénario) serait une grosse erreur, tant The Vanguard est un film de très particulière facture. Avec une manière d'aborder le genre qui ne fait certainement pas l'unanimité.
The Vanguard tire ses particularismes essentiellement de sa mise en forme. En effet, la réalisation de Matthew Hope s'éloigne des codes habituels et adopte un style contemplatif étonnant qui n'est pas sans rappeler le cinéma de Terence Malick (en moins performant, bien entendu, les moyens mis en oeuvre n'étant pas les mêmes). Le cinéaste s'attache en effet à soigner tout particulièrement la photographie (les couleurs varient au gré des émotions recherchées - la forêt rouge sang est vraiment surprenante) et les valeurs de cadre au sein d'un film quasiment muet (du moins durant sa première heure). Le résultat est, à mon goût, à la fois très original et très intéressant (artistiquement parlant), même si de nombreux spectateurs vont accuser Matthew Hope de faire preuve d'un excès de prétention et de maniérisme en "intellectualisant" une oeuvre finalement assez rustre. Le rythme, très lent, fait peser un poids conséquent sur les épaules des comédiens qui se retrouvent longuement exposés dans des séquences posées, avec les risques de décrédibiliser les personnages, voire de les ridiculiser. Hors, grâce à une mise en scène parfaitement calculée et des interprètes dociles, il n'en est rien et, finalement, les scènes les moins réussies sont les dialoguées, plus convenues.

Le récit met en place des personnages aux profils nihilistes et torturés. Tous traînent avec eux un passif honteux et finalement seul le plus sauvage, Max, a fait la paix avec lui-même, en abandonnant son statut d'être civilisé. Ils finissent par former un groupe de survie fragile et condamné par avance, coincé entre le marteau (les traqueurs, des sortes de soldats d'élite chimiquement conditionnés) et l'enclume (des essaims de "zombies"). Les personnages sont donc de construction plus complexes qu'ils ne le laissent paraître - tout particulièrement Max, aux réactions difficilement prévisibles - et on découvre leurs différentes facettes au fil du récit. Seul léger problème, la complexité de la situation a entraîné Matthew Hope a glissé dans le récit une voix "off" explicative qui finit par être envahissante.
Mais The Vanguard n'est pas qu'une simple dissertation philosophique, c'est aussi un film d'horreur! Les effets gores sont d'ailleurs très présents. Max, sorte de nouveau barbare au look de viking (on pourrait le croire sorti d'un post-apo spaghetti des années 80), fait montre d'une violence inouïe lorsqu'il s'agit d'annihiler du zombie. Sous les coups de ses haches jumelles, les membres volent, les têtes explosent, et le sang (hélas numérique) jaillit telle l'eau d'un geyser. Et quand ils se mettent à l'ouvrage, les traqueurs (équipés d'armes automatiques) n'ont rien à lui envier dans le registre de la sauvagerie. Le combat dans les bois, à coups de balles traçantes, est d'ailleurs particulièrement saisissant et digne des meilleurs films de "jungle war".

Malheureusement, dans sa dernière demi-heure, le film perd un peu de sa verve. Disons qu'il a tendance à rentrer dans le rang sans toutefois devenir lassant. Avec ses enjeux connus et exposés, le film se transforme en une traque nettement moins riche en belles images et en réflexion. Le combat fait alors rage, mais The Vanguard, à ce moment là, oublie ses particularismes au profil des montées d'adrénaline. Le plan final, cependant, qui expose la véritable destinée de Max, est très beau et remet les choses en place: The Vanguard est bien un film particulier.

Que faut-il en retenir ?

  • Une réalisation précise et originale
  • Violent et poétique
  • Des effets gores

Que faut-il oublier ?

  • Bien léché pour certains, excès de maniérisme pour d'autres
  • Une dernière demi-heure plus convenue
  • Manque de budget évident
67

Franchement, The Vanguard est une bonne expérience. Le film manque de budget, certes, mais Matthew Hope parvient à donner à cette histoire un cachet particulier, une atmosphère originale qui permet au métrage de se démarquer de la masse. La dernière demi-heure, plus guerrière et plus convenue, est moins remarquable, mais grâce à une réalisation très solide, le cinéaste britannique parvient à maintenir une ambiance accrocheuse. A voir.

Critique de publiée le 24 septembre 2008.

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