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Critique du Film : Cannibal Apocalypse
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Critique du Film : Cannibal Apocalypse

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 10 juillet 2008 à 1453

Souvenirs de guerre

John Rambo est rentré de SA guerre du Vietnam malheureux et complètement désociabilisé. Mais pour Charlie Bukowski, ses problèmes psychologiques vont bien au-delà du simple mal être. Interné dés son retour du front dans un hôpital, il finit par en sortir, considéré par les médecins comme guéri. Mais une faim intérieure dévore son âme et son humanité… une faim de chair humaine ! Mais Charlie n’est pas le seul dans son cas, Norman Hopper, son supérieur, sous des allures et une vie tout à fait normale et harmonieuse, lutte aussi contre cette faim tenace, notamment quand il est aux cotés de sa toute jeune et appétissante voisine…
Antonio Margheriti débute son métrage par le genre qu’il affectionne particulièrement : le film de guerre. On voit ainsi un commando de rangers américains libérer un camp de prisonnier et y trouver des anciens compagnons emprisonnés se rassasiant de chair humaine (tout cela à l’aide de stock-shots, histoire d’appuyer l’identification bis). En voulant les aider, l’officier Hopper est mordu… fondu... le mal est fait. Ainsi, dés les premières images, on reconnaît le cinéma rentre-dedans et efficace du cinéaste italien, probablement le plus mésestimé de sa génération. En effet, en regardant ces images très violentes et réalistes, réalisées avec trois sous et des fonds de tiroir, l’on se rend compte qu’Antonio Margheriti était vraiment en avance sur son temps, notamment dans le domaine du cinéma d’action.


Contrairement à l’Echelle de Jacob (magnifique film que je conseille vivement à tous ceux qui ne l’auraient pas encore visionné), Antonio Margheriti et Dardano Sacchetti (le plus réputé des scénaristes italiens de la période) ne donnent guère de pistes sur l’origine de ce mal. Il faut plutôt y voir une métaphore un peu lourdaude mais efficace de « l’homme est un loup pour l’homme ». Un médecin avoue d’ailleurs, à un moment donné, son incompréhension quand la femme de Hooper lui pose une question qui m’a longtemps trotté dans la tête : « Mais comment un virus peut rendre cannibale son porteur ? ». La pirouette est osée, c’est vrai, et on pourrait facilement les accuser de facilité, mais à leur décharge, il faut bien prendre en compte qu’ils ne cherchent nullement à donner à leur film l’épaisseur intellectuelle d’un drama réaliste. Tout cela n’est que prétexte à la mise en forme d’une série B musclée et horrifique, dans le pur style « film de zombis ». Et ce coté là, ça fonctionne plutôt bien…
Antonio Margheriti est un excellent artisan du cinéma, et il nous le prouve ici encore. Le film alterne des séquences de mise en ambiance avec des plans serrés sur les protagonistes, comme s’il cadrait des fauves à l’affut de leur proie, avec d’autres, plus rythmées. Dans ces dernières, il laisse exploser la violence, mettant en scène des actes de combats urbains mêlés de scènes de cannibalisme. Ainsi, le cannibalisme, contrairement à bon nombre d’autres films du genre, n’est pas le seul élément composant la réalisation de Margheriti, ce qui procure à Pulsions Cannibales un potentiel nettement plus intéressant que les œuvres de Umberto Lenzi, Glenn Chandler ou Bruno Mattei. Les contaminés ne sont d’ailleurs pas des horribles monstres. Bien au contraire, s’ils arrivent à garder leur sang-froid, ils peuvent facilement se cacher dans la foule et sévir en toute discrétion, à la manière des vampires.

Le film est également servi par les prestations remarquables de deux excellents comédiens. John Saxon interprète Norman Hopper, celui qui va lutter le plus longtemps contre le mal mais qui va finir par succomber à ses pulsions « erotico-cannibales » (mettant en avant la pensée que le cannibalisme est le reflet de l’acte sexuel ultime, argument appuyé par l’élément déclencheur de la folie de Charlie : la séquence érotique dans le cinéma). L’acteur est toujours aussi excellemment posé dans son jeu, ce qui lui permet de développer une sorte de magnétisme très pertinent pour ce rôle où il est dans la peau d’un leader. Le personnage de Charlie Bukowski est incarné par un comédien tout simplement génial répondant au nom de Giovanni Lombardo Radice, un acteur au jeu halluciné, spécialiste des rôles de barge, et qui, pour ceux qui aiment les comparaisons, pourrait être considéré comme un Brad Dourif transalpin. Dans ce film, il est particulièrement impressionnant dans la peau de cet homme perturbé qui a abdiqué devant ses penchants anthropophages.
Les effets spéciaux, et notamment les maquillages – en même temps que les lignes de dialogue, souvent assez crétines, et les clichés propres au bis (les bikers agressifs, les flics idiots, etc.) - se posent comme l’un des points faibles de Pulsions Cannibales. Etrange, d’autant plus que c’est un imminent spécialiste, Giannetto de Rossi qui était chargé de ce secteur. Il est vrai que le budget dévoué au métrage était assez maigre, mais les bouts de papier-toilette imprégnés de latex et de faux sang en guise de morceaux de chair humaine, cela passe encore dans le cinéma amateur ou indépendant mais dans une série B réalisée par Margheriti, cela fait un peu tâche (si j’ose dire…). La séquence des égouts ou Charlie se fait perforer le ventre est par exemple plus comique qu’autre chose (même si elle est aujourd'hui considérée comme une scène culte, avec ce plan de caméra qui cadre les flics à travers le trou béant ouvert dans l'abdomen de Charlie).

La conclusion de

Pulsions Cannibales vaut bien mieux que ce titre un peu réducteur (Apocalypse Domani, le titre original, est nettement plus approprié) et le mépris qu’il subit est le reflet de l’injustice dont a souffert (et souffre encore) ce génial artisan du cinéma qu’est Antonio Margheriti. Film d’action bien rythmé, doté multiples aspects (drama sur le rejet social, cannibalisme, zombie-movies, actionner…), grâce à intéressant scénario de Dardano Sacchetti, Pulsions Cannibales est une petite perle de film bis qui respire agréablement les années 80.

Que faut-il en retenir ?

  • Scénario d’un niveau supérieur à la moyenne des films de ce genre
  • Interprétation impeccable de John Saxon et Giovanni Lombardo Radice
  • Bonne réalisation, opérée par un vieux briscard du cinéma bis

Que faut-il oublier ?

  • Des clichés indécollables du genre
  • Des maquillages perfectibles
  • Des facilités scénaristiques un peu osées

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