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Tetsuo II - Body Hammer >

Critique du Film : Tetsuo II - Body Hammer

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 19 juin 2008 à 15:00

Renaissance de la nouvelle chair

Tetsuo II: Body Hammer est en quelque sorte un remake officieux de Tetsuo premier du nom. Un remake un peu mieux structuré, tant au niveau du scénario que de la réalisation, et doté d'une photographie en couleur. Mais, bien évidemment, pour tous ceux qui ne connaitraient pas le film originel, il me faut expliquer ce qu'est en fait l'univers Tetsuo.
En fait, Tetsuo récupère et regroupe en un seul film bon nombres de thèmes new age et cyberpunk à travers une réalisation proche du cinéma underground expérimental. Des instrospections philosophiques - comme la déhumanisation fruit du modernisme, l'écrasement de l'individualisme par le poids de l'urbanisme, la mise à mal de la virilité devant l'émancipation féminine, ou le pouvoir de la haine, medium favorisant l'éveil de la conscience individuelle - sont brassées avec des symboles et des éléments SF références comme la robotisation (gros hommage à Terminator), l'état d'homme-incubateur (clin d'oeil à Alien) et une imagerie cyberpunk tendant parfois vers le surréalisme. Evidemment, il en résulte une oeuvre excessivement anarchique, brouillonne et contestataire, un rendu "intellectuel" souvent volontairement désarmorcé par cette naïveté propre au cinéma asiatique et la présence d'un humoir noir assez étrange mais bienvenu.


De par sa photographie très sombre, Sa bande son pourrie (la bande musicale, composée d'une noise-music dérangeante, est par contre géniale), son style narratif à mi-chemin entre la pub L'Oréal et l'underground new-age et ses prises de vue trop instables, le film se révèle être assez hermétique. Cependant, il reste en permanence intéressant grace à l'approche originale de Shinya Tsukamoto, notamment dans la façon d'appréhender la ville avec ses impressionnants plans en contre-plongée sur les buildings, réduisant encore plus la part d'humanité, déjà bien mise à mal par un parterre de personnages névrosés et introvertis. Plus difficile, par contre, est de cerner la signification profonde de la secte "philosophico-scientifique" du mégalomane Yatsu. A la fois groupe révolutionnaire et nihiliste, il est cependant totalement intégré dans le système, et fait même - pour se référer à une célèbre oeuvre du même genre - partie intégrante de la "matrice" puisqu'elle en utilise les "circuits".
Le film aborde aussi le thème de la métamorphose et du contrôle de soi. Dans un monde en pleine mutation, l'humain pour s'adapter, doit changer, et pour cela il doit puiser dans une ressource intrinsèque: sa psyché. Ainsi, de la même manière que David Cronenberg met en avant son passage à la "nouvelle chair" en utilisant la recherche du plaisir ultime comme medium (Vidéodrome, 1984), Tsukamoto utilise les poussées d'adrénaline de son héros, déclenchées la plupart du temps par la haine et la colère (notamment quand on réveille dans sa mémoire des souvenirs douloureux ou quand Yatsu en introduit de faux), pour faire exploser à chaque fois un peu plus cette chrysalide humaine qui retient la machine biomécanique (l'évolution ultime?) qui est en lui. Transformé en machine de guerre par le conditionnement (Orange Mécanique n'est pas loin), le nouvel homme peut remplir son office, à savoir mettre à bas cette société endoctrinée et batir sur les ruines une nouvelle ère dans laquelle les rôles seront à nouveau distribués avec un étonnant traditionnalisme (la femme, debout dans les ruines, qui se tient près de son mari, devenu enfin un "homme"). Etrange paradoxe, n'est-ce pas, qui résume en peu de mots le cinéma fascinant et dérangeant de Shinya Tsukamoto.

70

Tetsuo 2 est un film plus accessible que le premier, ce n'est pas pour autant un film facile à appréhender, à la fois de par sa réalisation très particulière que par le creuset d'idées dans lequel il a été fondu. Film atypique, très éloigné du cinéma américain, il a le mérite de montrer aux fans de SF une autre façon de percevoir le genre, maintenant il est évident que, vu son particularisme, on aimera ou pas ce nouveau regard porté sur l'état de "nouvelle chair".

Critique de publiée le 19 juin 2008.

Que faut-il en retenir ?

  • Un regard très original sur la condition humaine dans le monde moderne
  • Une réalisation personnelle et digne d'interet
  • La bande musicale
  • Un scénario fourmillant d'idées

Que faut-il oublier ?

  • Un réalisation pafois brouillonne
  • Une photographie trop sombre
  • Des effets de style qui peuvent agacer

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