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Critique du Film : Premutos
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Critique du Film : Premutos

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 20 mai 2008 à 1622

Bodycount… 139

Bien avant le bannissement de Lucifer, Dieu avait déjà pour habitude de virer du Paradis sa mauvaise graine à travers ce que l'on pourrait appeler une opération de nettoyage éthique. Le premier à subir les conséquences de cette politique expéditive fut Premutos, un ange pas très orthodoxe, et encore moins catholique.
Viré des Cieux pour cause d'acte malveillant, Premutos ne s'est pas découragé pour autant. En trouvant dans l'âme humaine d'un élu un réceptacle à sa perfidie, il put continuer ses méfaits sur notre bonne vieille Terre. Ainsi, incarné dans les êtres faibles, se construisant des armées de démons ou de vils serviteurs assoiffés de puissance et d'argent, il traversa l'histoire en y laissant de douloureuse balises. Et oui, car sachez-le, derrière les génocides et les épidémies se cache le spectre de Premutos, le premier des Anges Déchus.
Heureusement pour nous, Premutos a une faiblesse: son enveloppe humaine. Et même s'il a la capacité de régénérer assez rapidement de ses blessures, il peut être détruit s'il est bien massacré comme il faut, avec l'acharnement du barbare hyberboréen ou l'application de l'art culinaire chinois. Et c'est de cette manière qu'en 1942 le démon est renvoyé dans les Limbes, alors que son livre d'invocation, sorte de Necronomicon dédié à sa gloire, se retrouve enterré quelques pieds sous terre par un adorateur repenti à grands coups de flingues et de fourches (à chacun sa méthode).


De nos jours, le brave et jeune Mathias est le nouvel élu. Un jour d’anniversaire, alors qu'il s'inquiète d'étranges hallucinations morbides et qu'il désespère de ne pouvoir séduire sa jolie voisine, il lui tombe entre les mains (mais est-ce bien un hasard ?) le livre d’incantation que son père farfelu a mis à jour en binant son jardin. Libéré par la lecture des psaumes prophétiques, Premutos s'empare alors de Mathias et lève une armée de morts-vivants car comme le démon est entêté, il ne désespère pas de détruire l'humanité!..
Premutos reste à ce jour le film le plus ambitieux de Olaf Ittenbach, un cinéaste indépendant allemand qui a construit sa réputation sur les plans gore hardcores et le politiquement incorrect. Cependant, à l'occasion de ce film, le réalisateur a mis de l'eau dans son hémoglobine afin de nous offrir un splatter plus classique, une sorte de Braindead à la sauce teutonne. Le scénario, cousu de fil blanc, n'est certes pas le point fort d'un film qui essaye de compenser ses carences par un humour slapstick omniprésent. Il alterne les séquences flashbacks issues des hallucinations de Mathias avec des scènes actuelles qui se déroulent principalement dans la maison familiale. Une famille qui est d'ailleurs bien barge, avec le père complètement allumé, la fille fétichiste, la mère possessive, le cousin introverti et la cousine hystérique et nymphomane (sans oublier un black ivrogne qui passait dans le coin).

Le réalisateur joue donc sur la gaudriole gore dans le présent, tout en gardant un ton très sérieux dans les flashbacks au cours desquels Mathias revoit les différentes incarnations de Premutos. Cela contribue à appliquer un double ton de traitement. Le premier fait penser au cinéma anglo-saxon comico-gore hérité de Dan O'Bannon ou Peter Jackson, alors que le second nous renvoie plutôt au cinéma latin très démonstratif de Lucio Fulci et Joe D'Amato. Quand à dire quel est le plus réussi...
Le principal problème des séquences "historiques" est le manque de budget. Assez bien mises en images, les séquences pèchent par un nombre de figurants tout à fait ridicule, des décors extérieurs totalement inadaptés (mention spéciale à la colline de Golgotha réduite à un terrain vague de banlieue bavaroise) et des costumes absolument pas crédibles. Par conséquent, si la mise en scène est convaincante car très consciencieuse, toute cette bonne volonté est mise à mal par la vision de 10 péquins habillés de chiffons sensés représenter, par exemple, l'armée du prétendant Stuart ou une compagnie de soldats de la Wehrmacht.

Les séquences contemporaines sont plus crédibles. Euh…à la condition toutefois que l'on adhère à l'humour craspec servant de mortier à la mise en situation de cette famille de débiles profonds. Je dois admettre que j'ai trouvé certains personnages assez drôles, notamment le père de Mathias, militariste allumé et archi-crétin. D'ailleurs, dans les moments les plus extrêmes (comme lorsque l'un des personnages vomit sur sa voisine d'en face, alors qu'elle lui caresse les bijoux de famille de son pied, ou quand un curé se masturbe en matant un bouquin porno) on flirte avec le cinéma cher aux studios Troma. Bref, c'est extrêmement vulgaire, les dialogues sont stupides et l'atmosphère totalement décalée. Mais bon, c'est du theatre Grand-Guignol et cela fonctionne à peu près bien...
La dernière demi-heure voit se produire l'explosion gore. Oh, cela ne veut pas dire qu'il n'y en avait pas avant. Les flashbacks sont en effet riches en épanchements de viscères, de décapitations et d'empalements. Mais là, dés que Mathias est possédé par Premutos et qu'à l'aide d'un faux raccord absolument grotesque il parvient à contaminer la totalité du quartier en morts-vivants, on part dans la démesure, dans la boucherie rigolarde. Il faut dire aussi que réfugié dans... euh... en fait, j'en sais rien, les survivants tombent sur l'arsenal du papa de Mathias. Armés jusqu’aux dents de revolvers et de fusils aux chargeurs en position "munitions infinies", les derniers humains vont cribler de plombs des dizaines et des dizaines de zombies, faisant exploser des têtes et des poitrines de latex. Et comme si cela ne suffisait pas, il y en a même un qui va saisir une tronçonneuse... avant de finir aux commandes d'un char d'assaut!

Donc ça pisse le sang par tous les orifices, naturels ou pas, et en général par seaux entiers. Et malgré que la longueur de cette partie trop fournie en répétitions ait fini par me lasser, je dois dire que la plupart des maquillages, très souvent dégueulasses, m’ont vraiment convaincu. De plus, Olaf Ittenbach démontre sans avoir l'air d'y toucher qu’il est un technicien appliqué et qu’il connaît bien son métier de réalisateur. Il n’est peut-être pas génial, loin s’en faut, mais du moins assez doué pour arriver à donner une sensation de fluidité à tous ces plans très secs, très brefs, avec des angles de prise de vue variés. Donc, pour en revenir à cette sensation d'usure, la lassitude ne vient pas du cadrage, nidu montage, mais de la durée excessive de ce massacre basique. Les explosions de tête succédant en boucles aux éventrations et autres mutilations, ça finit par manquer de renouvellement…

La conclusion de

Le cinéma indépendant allemand est le plus censuré d’Europe. Et pourtant c’est de ce pays que nous arrivent les films les plus trashs. Parmi les auteurs de ces œuvres dont certaines ont été condamnées au feu (dans le sens propre du terme, la justice allemande ne rigole pas avec l’underground), Olaf Ittenbach est le plus doué et il prouve avec Premutos. A la limite de l’amateurisme, avec ses dialogues débiles et ses gags potaches, le film pourrait être une véritable bouse sans intérêt. Hors, il n’en est rien grâce à Olaf Ittenbach qui, en plus de nous démontrer qu’il sait tenir une caméra, nous offre un spectacle gore craspec des plus réjouissants. Au final, Premutos n’est pas Braindead, mais il n’en est pas moins assez jouissif.

Que faut-il en retenir ?

  • Le manque de budget se fait souvent sentir
  • Les acteurs vraiment médiocres
  • Le massacre final, un « bourrinage » qui finit par lasser
  • Un scénario décousu

Que faut-il oublier ?

  • Réalisation correcte
  • Des séquences vraiment drôles
  • Du Grand-Guignol sans concession
  • Effets spéciaux réussis

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