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Critique du Film : La folle histoire de l'espace
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Critique du Film : La folle histoire de l'espace

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 14 avril 2008 à 1628

Il y a bien longtemps... dans une lointaine parodie

Les années 80 composèrent la période de gloire des spoof movies. En cette époque, cette catégorie de films bien particulière qui se penche à récupérer de manière parodique les clichés propres aux gros blockbusters hollywoodiens cartonnait dans les salles de cinéma et, de Hot Shots à Y a-t-il un flic pour sauver Hollywood, l'on ne compte plus le nombre de films de cette ère considérés aujourd'hui comme des classiques du cinéma comique américain. Hors, en y réfléchissant bien, s'il fallait trouver un initiateur à cette mode, il faudrait remonter au début des années 70, bien avant l'apogée populaire et artistique des Zucker et autres Abrahams, et sans nul doute que ce bon vieux Mel Brooks serait moult fois cité par les cinéphiles.


Car son œuvre, ce new-yorkais de naissance l'a entamé de manière foudroyante (de rire bien sûr) en 1974 en offrant au public deux films à "références". Le premier est Le shérif est en prison, une parodie de western, et le second est probablement son chef d'œuvre; Frankenstein Junior. En fait, le cinéma de Mel Brooks est en quelque sorte le Flying Circus impertinent et anticonformiste des Monty Python, mais mâtiné de la "naïveté" américaine et fortement influencé par les buddy movies parodiques des années 50 (Laurel et Hardy, Abbot et Costello, etc.). Ce mariage de diverses influences (sans oublié l'omniprésence de ce caustique humour juif new-yorkais) aboutit à un produit atypique, parfois vulgaire mais très souvent drôle, à la condition que l'on accepte de jouer le jeu en laissant exprimer son tempérament potache. Ainsi, bon an, mal an, la carrière de Mel Brooks a suivi une courbe sinusoïdale, marquée par les rencontres providentielles, - comme celle de Gene Wilder -, ou de longues périodes de perte d'inspiration qui l'ont éloigné ponctuellement des plateaux. Mais finalement, malgré quelques déboires et seulement 11 onze films en 40 ans, Mel Brooks reste la référence en matière de comédie américaine, le maître que tout le monde rêve d'égaler. Aussi, je profite que ce réalisateur, après 10 ans d'absence (1995-2005), revienne au faîte de l'actualité avec la production et l'écriture de la série animée Spaceballs pour rendre un hommage mérité à ce monsieur. Et quoi de mieux que de vous parler justement du film qui sert de base de départ au dernier projet de Mel Brook, je veux parler de Spaceballs, autrement dit La Folle Histoire de l'Espace.
De nombreux avis citent ce film comme le dernier bon film du cinéaste, déjà âgé de 60 ans lors du tournage. Sans tomber dans cet extrême, je dois dire que je partage un peu cet avis, non pas par le fait même que ses pastiches de Dracula ou de Robin des Bois soient excessivement mauvais, mais surtout parce que Spaceballs est le dernier film de Mel Brooks qui ne perd pas de son souffle comique en cours de lecture. Pourtant, si l'on se penche sur le sujet, on aurait pu craindre le pire. En effet, le pari était risqué car, à l'occasion de ce métrage, le cinéaste-scénariste-producteur-acteur s'écarte de son jardin privé - le cinéma classique des années Universal et MGM - pour emprunter des chemins de traverse avec la relecture d'un sujet résolument moderne: le space opera. Et quand je dis space opera, je veux bien dire le nec plus ultra dans le genre: la saga Star Wars. Audacieux (ou inconscient), aidé de ses amis Ronny Graham (la série MASH) et Thomas Meehan (la comédie musicale Annie), Mel Brook s'attache donc à écrire le script le plus actuel possible, oubliant ses références classiques pour mettre en exergue une culture nerd qu'on ne lui connaissait guère. Et encore une fois, ce génie de la comédie nous étonne...

Spaceballs, c'est bien entendu une version déjantée de Star Wars où la digression humoristique et quelques pointes critiques (la présence dans le métrage d'un tas d'objet de merchandising estampillés Spaceballs) mettent à mal les valeurs artistiques et la réputation du film de George Lucas. Hors, malgré cet aspect parodique et parfois acide, il est indéniable que le film de Mel Brooks emprunte plus les voies de l'hommage qu'il ne se veut l'expression d'un quelconque mépris. Et c'est ce qui l'a sauvé de la fureur des fans de Star Wars! Car aussi incroyable que cela puisse paraitre, les plus grands fans de ce film - pour autant qu'ils arrivent à conserver une certaines distance vis à vis du sujet - sont également de grands admirateurs de la saga originelle, un réservoir de spectateurs composé en grande partie de nerds et de geeks. Il faut dire aussi que les personnages de Spaceballs sont sacrément hauts en couleurs. Entre le nabot lord Casque Noir (Rick Moranis, alors en pleine période de succès), Beurk l'homme-chien (interprété par le regretté John Candy) et un Mel Brooks qui se charge d'incarner lui-même le lutin Yoghourt (nature!) et le président couard et obsédé, cette galerie de crétins galactique est fortement garnie. Et à ceux-ci, il ne faut pas manquer d'ajouter des apparitions de guest-stars comme Michael Winslow (le célèbre bruiteur des Police Academy) ou John Hurt dans un relecture - très chorégraphique! - d'Alien.
Le nombre de gags est assez hallucinant. Bien entendu, comme toujours dans ce type de films quasi hystériques, certains fonctionnent moins bien que d'autres. Cependant, bon nombre sont totalement désopilants. Qui peut oublier l'expression "passer le désert au peigne fin" pris au pied de la lettre, l'attaque du radar à la confiture, la droïde camériste en mode "défense virginale", l'intervention dégueu de Pizza the Hut, le téléporteur capricieux des Spaceballs, l'extraordinaire clin d'œil à la Planète des Singes, j'en passe et des meilleurs. En fait, ce qui est assez remarquable dans ce film est que, malgré son rythme assez infernal, le mitraillage comique ne devient pas lassant et l'on parvient à passer sans difficulté les quelques plaisanteries qui fonctionnent moins bien.

Au niveau des effets spéciaux, Mel Brooks s'est attelé à coller au mieux avec l'univers de Star Wars. Le vaisseau des Spaceballs est ainsi totalement "pompé" sur les croiseurs de l'Empire et les costumes sont fortement inspirés de ceux du film de George Lucas (en plus ridicule bien entendu). En plus de cela, le cinéaste s'est permis quelques petites libertés comme la planète du Roi Roland, que l'on dirait sorti tout droit d'un dessin animé de Disney. Evidemment, le rendu et le naturel des FX et des décors sont de moins bonne qualité que dans la version originale, mais bon, étant donné que c'est une parodie, l'on serait même tenté de trouver cette carence appropriée.
Il convient maintenant de placer ce film dans le contexte actuel. Est-ce que Spaceballs peut avoir le même impact sur le public des années 2000 que sur celui des années 80? Assurément pas. La principale raison est que le spoof movie a "évolué", les censures sont tombées les unes après les autres et ce qui était osé et outrecuidant il y a vingt ans l'est beaucoup moins aujourd'hui. A l'époque de la sortie de Spaceballs, il était inconcevable de construire un film comme Scary Movie avec le raisonnable espoir de le voir sortir sur les écrans sans subir de vindicatives coupes. En 2008, l'effet American Pie a rempli son office, et même si le cinéma américain a toujours autant de complexe en ce qui concerne l'exposition de nudité, son langage s'est orienté vers une grossièreté que même Mel Brooks - considéré à l'époque par nombre de critiques comme d'une effroyable vulgarité - n'aurait jamais pu imaginer. Aujourd'hui, ses films pourraient presque passer pour des œuvres policées. C'est dire...

La conclusion de

La Folle Histoire de l’Espace est assurément l’une des meilleures parodies de SF jamais réalisée. Elle n’est certes pas sans défaut et affiche sans détour un ton potache et vulgaire que certains spectateurs dénigreront sans doute, mais c’est le style Mel Brooks et l’on aime ou l’on n’aime pas. Le film est irrévérencieux, anticonformiste, bon enfant, parfois assez critique sur le milieu hollywoodien, et permet aussi de découvrir un aspect jusqu’à non dévoilé du cinéaste : un modernisme culturel assez inattendu pour son âge. Bref, si vous êtes amateur des spoof movies de qualité, et si vous n’avez pas encore effectué le voyage, n’hésitez plus, embarquez pour la planète Spaceballs !

Que faut-il en retenir ?

  • Une déferlante de gags hilarants
  • L'une des meilleures parodies SF jamais réalisées
  • Des personnages désopilants
  • Irrévérencieux mais pas méprisant

Que faut-il oublier ?

  • Une outrecuidance qui a un peu vieilli
  • Un aspect vulgaire qui ne plait pas a tout le monde
  • Beaucoup de références que seuls les initiés peuvent comprendre

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