75.OOO pixels viennent d'être aspirés dans un trou noir !
Le futur sera peut-être différent mais sur cette planète nous vivons encore grâce à la publicité.
Astuce N°1 : Réagissez en configurant votre AdBlock pour ne pas nous faire disparaître comme les dinosaures de Jurassic Park ;)
On vous aime et nous vous souhaitons une bonne lecture. "Longue vie et prospérité !"
Critique du Film : Link
Link >

Critique du Film : Link

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 7 mars 2008 à 1452

Le maître du feu

Une jeune étudiante décroche un poste d’assistante auprès d'un primatologue réputé. Elle se rend en sa compagnie dans une propriété isolée où vivent des singes en état de semi-liberté. Rapidement, elle va prendre conscience qu'un rapport conflictuel s'est établi entre les singes et le scientifique.


Les thrillers animaliers sont monnaie courante dans le cinéma de genre. Chiens, chats, ours, lapins nains, etc. La liste est interminable. Rien de tel, en effet, que le regard énigmatique d'un animal sur l’un de nos semblables pour nous flanquer la frousse. Quelles peuvent bien être ces pensées insondables qui naissent au-delà de ses yeux inhumains et pourtant si insistants: envie, haine, amour, jalousie, admiration... appétit? Difficile, voir impossible, de le savoir. Et c'est sur ce questionnement très efficace en matière de suspense qu'est construit le thème de Link, qui est aussi probablement le meilleur film de Richard Franklin.
Link est le nom d'un chimpanzé. Un primate récupéré dans un cirque et qui effectue à la perfection ses exercices d'anthropomorphisme sans que l'on sache si la performance est le résultat d'un numéro de cirque bien appris ou le véritable reflet d'une intelligence quasi-humaine. Dés l'arrivée de la jeune fille dans la demeure, le trouble s'installe dans les rapports entre les différents personnages. Le spectateur, exposé aux avis divergents des deux humains sur la nature de l'âme des singes et témoin des agissements plein d'ambigüité de ces animaux, se retrouve face à un dilemme à la fois éthique et affectif. En effet, si la nature de l'orang-outang femelle et du jeune chimpanzé ne sont guère difficile à appréhender, il en est tout autrement de Link, à la fois nettement plus sympathique que son maître de par ses facéties mais aussi beaucoup plus inquiétant par son imprévisibilité et sa nature versatile.

L'on est bien sur invité par le cinéaste à prendre la place, ou tout du moins accompagner la jeune étudiante dans son processus de découverte. Comme elle, on découvre que le docteur Phillip, pourtant réputé anthropologue et primatologue, n'apprécie guère la compagnie des singes; pire, il les méprise d'une façon qui nous semble injustifiable, allant même leur prêter des intentions machiavéliques et malsaines. Si l’on n’est guère convaincu par les déclarations de cet excentrique au tempérament aigri, elles nous mettent la puce à l'oreille, rendant à nos yeux les comportements de Link parfois assez suspects.
Au niveau de la réalisation, Richard Franklin pose son cinéma et utilise une méthodologie de décryptage toute Hitchcockienne, bien aidé pour cela par l’habile scénario d’Everett DeRoche. Avec sa longue introduction des personnages, ses scènes dialoguées cadrées de manière très classique, la mise en égalité de tous les protagonistes, le culte de la compassion, sa lente montée en puissance vers un climax explosif, le film ne manquera pas de rappeler aux fantasticophiles un certains Psychose, tant le personnage de Link se rapproche d'un archétype de Norman Bates quadrumane ; à la fois attachant, pathétique… et terriblement dangereux. Même sa mort, à la fin, malgré une séquence qui met en avant ces éléments de désamorçage que sont cynisme et humour noir, nous parait douloureuse, alors que ce chimpanzé psychopathe est tout de même responsable de la mort de nombreux innocents.

Le film bénéficie également d'un casting de grand luxe. Un duo de comédiens extrêmement doués et parfaitement complémentaires. En 1986, Terence Stamp est déjà une star du cinéma britannique. Une fois encore, l'acteur est brillant, parvenant à rendre son personnage difficilement discernable. A la fois victime et bourreau, Steven Phillip cultive le cynisme et l'ironie, persuadé d'avoir passé sa vie à faire fausse route dans ses recherches, d'avoir accordé sa confiance à des créatures qui, selon lui, ne méritent plus qu’on leur porte le moindre intérêt. Puis il y a la débutante Elisabeth Shue, avec une performance tout en naturel qui respire générosité, bienfait et fragilité. Une sorte de sainteté qui rend ses rapports avec Link encore plus troublants et qui rend le personnage aussi vulnérable que du verre. A ce titre, la scène de la salle de bain, où Link porte un regard plein de sous-entendus "voyeuristes" (et pervers?) sur l'actrice dénudée, est d'une telle efficacité qu’elle en est devenue une séquence culte du cinéma fantastique.
A cela, il convient d’ajouter la parfaite prise en charge des singes, qui sont parfois tout simplement bluffant. Une maitrise parfaite, surement très difficile à mettre en place sur le plateau, qui nous fait amèrement regretter la mode actuelle qui prône le tout numérique. Des singes en CGI, même d’une exceptionnelle qualité, ne dégageront jamais la même force que ces animaux parfaitement dressés.

Alors que peut-on reprocher à Link ? Au-delà d’un message un peu réactionnaire sur les positions écologiques, je dirai que la fin n’est pas qualitativement à la hauteur du reste du métrage. Le film est très efficace dans les premiers temps qui illustrent le pétage de plomb de Link, mais il part un peu en eau de boudin avec l’arrivée du petit ami de Jane. La narration bascule alors un peu dans la comédie noire, laissant apparaître un humour inattendu, pas désagréable, mais peu en phase avec la gravité affichée jusque là (même la musique de Jerry Goldsmith se plie à la tendance). Cela flirte même parfois avec le Grand-Guignol. Par contre, la note finale, avec le plan sur les moutons massacrés, est très amusante.

La conclusion de

Link est une œuvre injustement méconnu du grand public. Pourtant, c’est l’un des rares films qui ne traitent pas ses animaux en monstres de foire et qui pose sa thématique bâtie sur la recherche du chainon manquant de manière intelligente, en évitant les grands effets théâtraux. Construit à la manière d’un suspense Hithcockien, le métrage de Richard Franklin est de plus excellemment servi par un duo de comédiens très talentueux

Que faut-il en retenir ?

  • Scénario intelligent
  • Interprétation de grande qualité
  • Link, parfaitement maitrisé
  • Une réalisation classique et efficace

Que faut-il oublier ?

  • Un final un peu moyen
  • La condition animale un peu égratignée

Acheter Link en un clic

Nous vous proposons de comparer les prix et les versions de Link sur Amazon, site de vente en ligne dans lequel vous pouvez avoir confiance.

Retrouvez les annonces de nos dernières critiques sur les réseaux sociaux

Sur Facebook | Sur Twitter | Sur Google+