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La Planète des tempètes >

Critique du Film : La Planète des tempètes

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 1 février 2008 à 14:44

Le pulp venu de l’est

De temps à autres, il peut être utile de se replonger dans les origines d’un art qui nous est cher : le cinéma de science-fiction. Dans ces moments là, il convient bien entendu de revisiter les grands classiques des Major studios et les séries B américaines, mais il ne faut certainement pas écarter les autres, sous peine d’être abuser par un regard trop réducteur. En effet, comme la science-fiction britannique, nettement plus introspective que son homologue d’outre-Atlantique, les œuvres de SF issues de l’ex-bloc soviétique possèdent leurs propres âmes et leurs atmosphères particulières. Et parmi tous ces films, La Planète des Tempêtes figure comme la mesure étalon de ce qui se faisait de mieux en URSS dans les années 50.
Au niveau des thématiques, les films de SF soviétiques d’après guerre rejoignent sous de nombreux aspects celles des séries B produites à l’époque par l’AIP ou l’United Artists. Ainsi, avec La Planète des Tempêtes, l’on se trouve devant le Planet Opera classique mettant en scène un scénario plutôt simple parlant d’explorations et d’aventures exotiques. La différence, il faut plutôt aller la chercher du coté de l’ambiance et de l’état d’esprit.


Il est très commun de penser que, en cette pleine période de maccarthisme et de Guerre Froide, le communiste aimait à jouer le mauvais rôle. Avec notre culture occidentale, l’on a naturellement tendance à hisser sur un piédestal les réalisations américaines (dans tous les domaines), apprécier leur patriotisme et leur libéralisme, et tolérer leurs excès xénophobes retranscrits sur les écrans par diverses créatures et extra-terrestres aux connotations très rouges en se disant que, de l’autre coté du rideau de fer, c’est probablement la même chanson. En visionnant La Planète des Tempêtes, l’on est invité à réviser son jugement.
En effet, dans ce film, vous ne verrez pas intervenir d’êtres cruels et inhumains prônant les valeurs du capitalisme sauvage. Bien au contraire, le seul américain du scénario fait partie de l’équipe de « héros » et il ne souffre à aucun moment d’une quelconque discrimination. La seule petite « vanne » vient de son robot John (une sorte de Robby un peu déglingué) qui finit par se montrer hostile et peu utile – flattant ainsi dans le sens du poil l’effort conjoint des masses laborieuses, plus fiables et noble que la robotisation à outrance. Mais tout cela n’est pas bien méchant, tout comme les aimables et naïves discussions à thèmes idéologiques qui s’établissent entre les membres d’équipage. Alors, vous allez me demander, si l’on supprime cette adversité, que reste-t-il ? Et bien… La poésie, tout simplement !
Car la Planète des Tempêtes, c’est une poignée d’homme (la seule femme de l’équipage reste en orbite, à veiller sur eux, son rôle de « mère » va d’ailleurs être sérieusement contrarié lorsqu’elle se verra contrainte de se plier à un ordre allant dans l’intérêt de la Nation, mais fatal pour le devenir des explorateurs coincés sur Vénus) qui vont se retrouver tout simplement face à la création divine ; la Nature, ce miracle qu’ils ne peuvent dominer. Une Nature qui ne fait d’ailleurs pas de cadeaux, tant les dangers que doivent surmonter les explorateurs se révèlent nombreux (plantes carnivores, animaux préhistoriques, violentes tempêtes, etc.). Pour arriver à survivre et trouver un moyen de quitter la planète, les explorateurs devront compter sur les valeurs humaines que sont le courage et la notion d’entraide.

Au niveau de la réalisation, à tous ceux qui portent un regard négatif sur le cinéma soviétique, je les invite à jeter un œil sur ce film - en se remettant bien entendu dans les contextes de l’époque (notamment en ce qui concerne les effets spéciaux). Ils s’apercevront que non seulement La Planète des Tempêtes n’est pas inférieure en qualité aux séries B américaines de la même période (Pavel Klushantsev est d’ailleurs un réalisateur très estimé par ses pairs, et ce dans le monde entier !), mais qu’en plus, sur de nombreux aspects, le film se révèle même supérieur. On peut constater ce fait notamment au niveau du traitement, grâce cette plus grande liberté de mise en scène qui est le propre du cinéma d’art. En effet, il ne faut pas oublier que les films soviétiques étaient financés par des fonds d’état. Libéré de toute contrainte commerciale, le cinéaste de l’Est avait ainsi toute les libertés artistiques pour réaliser le film correspondant à ses souhaits, et si, au final, il y apparaissait quelques scènes de liesse patriotique (comme dans ce film), cela n’était que le reflet que de sa propre sensibilité – de nombreux films soviétiques de cette période sont d’ailleurs totalement dépourvus de toute imagerie politico-philosophique. Dans la Planète des Tempêtes, on ressent fortement cette différence dans le fait qu’il n’y a pas de star, de héros ni de belle à sauver, et que le centre d’intérêt se situe uniquement sur l’aventure humaine.

70

La planète des Tempêtes, qui a servi à Roger Corman dans la conception de son Voyage to the Planet of Prehistoric Women, est un charmant film de science-fiction, un peu désuet certes, mais très agréable à suivre. Comparable à de nombreuses séries B américaines sur de nombreux points, il démontre à ceux qui l’auraient oublié que le cinéma soviétique ne se résume pas à de grandes et pompeuses fresques historiques mais qu’il est aussi composé de nombreuses œuvres populaires à l’enivrant parfum pulp.

Critique de publiée le 1er février 2008.

Que faut-il en retenir ?

  • Réalisation consciencieuse
  • Des effets spéciaux corrects pour l’époque
  • Décors réussi, aventure exotique divertissante

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario très léger
  • Une naïveté un peu datée

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