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Critique du Film : Embryo
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Critique du Film : Embryo

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 1 février 2008 à 1154

La fiancée de Rock Hudson

Fortement marqué par le décès prématuré de sa femme, le docteur Paul Holliston a abandonné ses recherches sur l’embryon de mammifères. Mais un malheureux accident de la route, au cours duquel il percute avec son véhicule une chienne enceinte, va changer la donne. Il décide en effet d’utiliser ses connaissances en la matière pour tenter des sauver les fœtus des chiots, la mère étant déjà condamnée par un éclatement de la rate.
Il expérimente alors sur le dernier fœtus viable un sérum de son invention. Comme par miracle, l’embryon se développe à une vitesse extraordinaire. Au bout de quelques jours, le fœtus s’est transformé en une magnifique chienne adulte douée de facultés intellectuelles ultra-developpées. Emporté par son enthousiaste, Paul Holliston décide de tenter l’expérience sur un embryon humain.
Ecrit par la très réputée scénariste Anita Doohan, Embryo récupère de nombreux aspects du mythique Fiancée de Frankenstein. Les différences sont cependant nombreuses. La plus importante est sans nul la nature même du personnage du docteur Holliston. En effet, on peut aisément se rendre compte qu’à aucun moment, le savant interprété par Rock Hudson - très convaincant - ne perd son intégrité et son sens du devoir. Même si son fils vers la fin du métrage en vient à le traiter « d’apprenti-sorcier », l’on est très loin du cliché du savant fou perdant toute lucidité au fil de ses travaux. L’objectif humanitaire de ses expérimentations est d’ailleurs clairement exposé durant tout le métrage, même si à moment un sentiment de puissance divine effleure un peu son esprit (matérialisé à l’écran par un regard sur une fresque religieuse). Rock Hudson a toujours été un gentil garçon et il le restera à l’occasion de ce film.
Revenons au scénario. Les espoirs de Paul Holliston vont donc être comblés au-delà de toutes ses espérances. Le fœtus humain, récupéré par la complicité d’un ami directeur de clinique, se développe à une vitesse folle, et finit par aboutir à la création d’une superbe femme (Barbara Carrera, rien que ça !) que le réalisateur n’hésite pas à exposer souvent dans toute sa nudité. En plus d’un rythme très lent et de sa structure narrative excessivement bavarde, c’est en fait dans la description évolutive de Victoria que se situe la faiblesse du film. On se rend compte que, passés dans la moulinette des obligations hollywoodiennes, les éléments scientifiques de ce film se retrouvent réduits à de simples ingrédients de fable philosophique. Ne voulant pas débattre de questionnements techniques – mais qui viennent tout naturellement à l’esprit du spectateur – sur le processus d’adaptation sociale et psychologique de cet être devenu adulte en une semaine, Ralph Nelson et Anita Doohan prennent des raccourcis narratifs (souvent des commentaires en voix off) qui enlèvent au métrage le peu de crédibilité qu’il arrivait jusqu’alors à dégager.
Vers le milieu du récit, Victoria finit par prendre le contrôle de la vie de Paul Holliston. Excessivement douée dans tous les domaines – même dans celui de la manipulation -, elle entretient un très fort et inexplicable lien mental avec la chienne et elle finit par carrément s’emparer du métrage, faisant passer le personnage de Rock Hudson au second plan. Et c’est là que du mythe de Frankenstein, l’on passe dans le registre du vampirisme avec une créature qui doit absorber la substance vitale d’embryons humains pour éviter un vieillissement accéléré. En fait, j’ai eu la légère impression que Ralph Nelson, conscient du manque de tension dégagé par son film, a voulu par ce moyen introduire un cachet horrifique plus efficace (la chute du fœtus sur le sol poussiéreux, lors de la séquence finale du labo, est, c’est vrai, plutôt horrible).
A l’occasion de la production de cette série B de luxe, le producteur Sandy Howard a fait appel à ce qui se faisait de mieux en matière d’effets spéciaux ; John Chambers et Daniel C. Striepeke aux maquillages et aux prothèses et Roy Arbogast aux effets mécaniques. Hors, malgré cette équipe de choc (manque plus que Dick Smith pour avoir le gotha hollywoodien au complet), les effets spéciaux sont inégaux. En effet, si les exemplaires de feotus en animatronique sont tous très convaincants, on ne peut en dire autant des maquillages effectués sur Barbara Carrera lors de sa séquence de vieillissement, qui sentent de trop le vulgaire masque de latex. Au final, on obtient un bilan de moyenne facture, qui correspond tout à fait au niveau globale de ce film.

La conclusion de

Parfait représentant du cinéma SF maintream des années 70, Embryo ne parvient pas à convaincre complètement. Le film n’est pas réellement mauvais, mais il se révèle bien trop bavard, accumule des situations peu crédibles et surtout, il ne dégage aucune tension. On peut donc le regarder comme une curiosité, en se satisfaisant de quelques aspects positifs, comme cette réalisation très classieuse ou la plastique avantageuse de Barbara Carrera. Rien de honteux, mais guère mémorable…

Que faut-il en retenir ?

  • Un casting de qualité
  • Quelques bonnes idées
  • Un cinéma très académique mais élégant
  • Quelques effets spéciaux assez sympathiques

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario trop « facile »
  • Absence de suspense et de tension
  • Le personnage de Victoria, peu crédible

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