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Critique du Film : Castle freak
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Critique du Film : Castle freak

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 14 janvier 2008 à 1632

La souffrance en héritage…

Les Reilly, parfait échantillon représentatif de la famille moyenne américaine, hérite d’un château, non pas en Espagne, mais en Italie. Ils se rendent donc sur les lieux pour profiter de cette manne tombée du ciel, ou plutôt du bureau du notaire. Inconsciemment, ils espèrent en fait que ce changement de cadre de vie reconsolidera leur couple, qui traverse une douloureuse épreuve née de la perte d ‘un fils et de l’handicap d’une fille.
Castle Freak, c’est tout d’abord la reconduction d’une union sacrée, à savoir celle d’un quatuor qui a marqué les années 80-90 dans le domaine du cinéma fantastique : Barbara Crampton (honneur aux dames, et quelle dame !), Jeffrey Combs, Dennis Paoli et Stuart Gordon. De plus, à l’occasion de ce film, un cinquième larron, oh combien reconnu dans le milieu, s’est joint à la fête, à savoir le réalisateur producteur Charles Band. D’ailleurs, c’est probablement à ce dernier que l’on doit le fait que le récit se déroule en Italie, étant donné que les productions Band y possédaient alors des studios (ils ont depuis migré en Europe de l’Est, principalement en Roumanie, où les coûts de production sont encore plus réduits que chez nos amis transalpins).


Aujourd’hui reconvertie dans le produit direct-to-DVD très bas de gamme, la Full Moon était dans les années 80 à son apogée. Le film se veut donc ambitieux. Stuart Gordon se lance donc dans une sorte de récit gothique modernisé. Il récupère les techniques narratives classiques utilisées par exemple dans les production Hammer (beaucoup de plans d’exposition, de champ contre-champ et de plans fixes sur les personnages : que des choix de réalisation qui mettent en évidence une mise en scène quasi-théâtrale). Cependant, s’il délaisse travellings et autres techniques modernes, il n’oublie pas que la mode est au cinéma de genre et que les fans de Re-animator ou From Beyond attendent de lui une débauche d’énergie et de mauvais goût.
Le film est donc un mixage de ces deux tendances. Du cinéma alors en vogue dans ces années là, il oublie l’humour noir mais récupère les aspects malsains et le goût pour les scènes démonstratives. Assisté du maquilleur John Vulich, il n’hésite donc pas à appuyer les plans gore et dérangeant. La séquence, par exemple, ou le monstre dévore - dans le sens littéral du terme – le sein et l’intimité de la prostituée compte parmi les plus glauques de sa filmographie.

Il ne réussit par contre qu’a partiellement reproduire les aspects du cinéma gothique (qu’il soit italien ou britannique) Difficile de savoir s’il s’agit d’un échec conceptuel ou des conséquences d’une réelle volonté de l’occulter, mais il est vraiment dommage que le cinéaste ne s’appuie pas sur ses décors pour générer une atmosphère oppressante. Bien qu’imposant de part sa taille et son architecture, même quand il se retrouve plongé dans les ténèbres, noyé sous la tempête, ce château ne parvient guère à nous impressionner. Par contre, là où il réussit, c’est dans la mise en valeur du jeu de ses comédiens.
Tous les gens qui me connaissent bien le savent déjà : je suis un fan de Jeffrey Combs ! En fait, ma vénération pour ce comédien complètement illuminé remonte justement à cet age d’or du cinéma fantastique. Et si on se penche sur tous les rôles que l’acteur a interprété pour le compte de Charles Band ou Brian Yuzna, celle où il incarne John Reilly compte parmi les plus réussies. Individu que l’on devine à l’origine comme doux et aimant, cet homme a sombré dans l’alcool sans que l’on en sache clairement la raison. Assassin involontaire de son fils et responsable de la cécité de sa fille, il vit très mal son sentiment de culpabilité d’autant plus que son épouse, non présente lors de l’accident et aveuglée par la douleur (il semblerait qu’il n’était pas saoul à ce moment là), le tient pour totalement responsable de ces malheurs. John Reilly est donc un personnage déchiré par une souffrance psychologique terrible et qui n’espère plus qu’une chose : le pardon d’une femme qu’il aime passionnément et qui n’a aujourd’hui pour lui plus qu’expressions de dégoût et de mépris. Un rôle assurément difficile, que Jeffrey Combs prend à bras le corps et qu’il interprète avec une grande justesse, introduisant avec parcimonie, au regard des évènements, de nouveaux comportements.

Jeffrey Combs bouffe donc l’écran. Il nous en met plein la vue. Cela a cependant comme conséquence d’occulter complètement les performances des autres comédiens, qui passent quasiment inaperçus. Ainsi, Barbara Crampton se retrouve un peu confinée au rôle secondaire de scream queen. Elle s’en acquitte très bien, certes, mais il est dommage qu’elle ne se soit pas vue confier un rôle plus étoffé. Même le monstre, pourtant assez impressionnant avec son faciès déformé, son sexe castré et son épiderme horriblement souillé par des années de sévices est étouffé par le volume de jeu de Jeffrey Combs.

La conclusion de

Castle Freak n’est pas film le plus connu de Stuart Gordon. Il est vrai que comparée aux deux autres métrages réalisés à cette période que sont Re-Animator et From Beyond, cette tragédie gothique apparaît comme un peu trop sage. A l’époque, le public, qui espérait un nouveau déchaînement de souillure, de sexe et de blagues potaches, a été un peu refroidi par un film nettement plus classique de par sa structure narrative et sa réalisation technique. Un film qui est donc a redécouvrir, avec un Jeffrey Combs en état de grâce.

Que faut-il en retenir ?

  • Jeffrey Combs, un acteur hors norme
  • Un scénario classique mais intéressant
  • Une réalisation au service de l’histoire
  • Quelques effets saisissants

Que faut-il oublier ?

  • Des arguments narratifs, comme le décor, totalement inutilisés
  • Des seconds rôles négligés

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