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Critique du Film : the Shadow
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Critique du Film : the Shadow

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 31 août 2007 à 1517

Une Ombre sans relief

Dans les années 30, le richissime Lamont Cranston n’est autre que le Shadow, la réincarnation repentie de Ying Ko, un puissant Seigneur de la Guerre tibétain. Illuminé jadis par la sagesse du grand maître Tulku, l’ancien tyran effectue désormais sa quête de rédemption en luttant contre le crime au cœur d’une Amérique d’avant-guerre vérolée par la pègre et la corruption. Mais aujourd’hui, The Shadow et les membres de son organisation secrète vont devoir faire face aux troupes d’un Kahn mongol mégalomane et cruel. Une menace bien plus dangereuse que celle représentée par les ambitions de ces pathétiques malfrats du vingtième siècle.


Au même titre que The Avenger ou le Fantôme du Bengale, The Shadow peut être considéré sans crainte comme l’un des plus célèbres héros de la culture pulp. Déclinées en feuilletons radiophoniques, comics, films et nouvelles, les aventures de ce personnage héroïque doté de pouvoirs mystiques ont occupé une grande place dans le paysage culturel des Etats-Unis, notamment durant la deuxième guerre mondiale, pour ensuite disparaître progressivement des médias. Cependant, dans les années 70, les responsables de DC, bien inspirés, récupèrent la licence et font paraître durant quelques années une série de comics à succès, donnant au The Shadow une seconde vie sur papier. Un succès tel qu’en 1994 c’est à nouveau le grand écran qui lui fait les yeux doux, par l’intermédiaire de l’Universal, de David Koepp et de Russell Mulcahy.
Hélas, malgré les espoirs placés en lui, The Shadow déçoit et est loin d’’exploser les records du box office. Au regard de son budget conséquent, on pourrait même considéré ce film comme un bide. Un échec retentissant qui mis un terme (définitif ?) à la confiance que les responsables des grands studios avaient pour l’australien Russell Mulcahy. Malgré ce naufrage, et après avoir revu ce film dernièrement, je persiste à penser que l’œuvre ne mérite pas vraiment un tel mépris, que ce film a seulement eu comme principal obstacle de ne pas être sorti sur les écrans à la bonne période.

Rappelez-vous, en 1994, c’est l’improbable mixage baroque et gothique des Batman -mis en boîte par ce farfelu de Tim Burton - qui marque les esprits, et cela depuis déjà cinq ans. Alors, quand Russell Mulcahy et David Koepp débarquent avec ce métrage à la construction ultra-classique (pour le coup, on colle très fidèlement à l’esprit originel), avec un scénario très sage et une réalisation d’école, le public en reste coi. Il a l’impression de faire un inutile bon en arrière et ne retrouve pas la même ferveur jubilatoire que lorsqu’il admire les exploits de Bruce Wayne dans les rues de Gotham City. Un phénomène d’autant plus gênant que les personnages sont aussi proches psychologiquement et physiologiquement qu’éloignés idéologiquement. Bruce Wayne, revanchard, recherche la vengeance et la justice, Lamont Cranston l‘absolution de ses péchés et une rédemption morale. Inutile de préciser lequel des deux remporte les faveurs du public américain.
Mais cette raison ne justifie pas à elle seule un tel insuccès. Il faut aussi chercher dans la technique de mise en valeur du personnage principal. Le script de David Koepp - excellent scénariste s'il en est - met en avant un homme rude, à la personnalité ambiguë, emprunte de mysticisme tibétain et de matérialisme américain. Un personnage qui, de par les paradoxes qu’il cultive et son profil psychologique éprouvé, ne pouvait qu’être fascinant. Hors, il n’en est rien. La faute principale en revient à Alec Baldwin, qui ne possède pas du tout l’aura nécessaire pour incarner un tel individu, un être aussi déchiré. Avec ses lèvres pincées et ses trois expressions, The Shadow version Baldwin se retrouve réduit à un vulgaire bloc d’argile à peine modelé. Au lieu de le trouver fataliste, on le voit mollasson et dans les scènes d’action, il n’émane aucun sentiment de puissance, même le visage caché derrière son foulard. Conséquence normale, tant le personnage de Lamont Cranston manque de charisme et projette une image terne dans son double mythologique.

Finalement, à ce héros trop pale, l'on préfèrera les seconds rôles. Ma préférence va à Tim Curry, toujours aussi dingue et en parfaite osmose avec son personnage, bati à partir de l’archétype du lâche arriviste issu de la culture pulp. La séquence où, mitraillette en main, il pète les plombs face au Shadow, crachant, bavant et roulant des yeux fous, est carrément jubilatoire. Dans une moindre mesure, on peut apprécier Ian McKellen dans un rôle inhabituel pour lui, celui d’un savant un peu distrait qui me fait plus penser à Gepetto qu’à Einstein, mais qui est dans le ton : celui du professeur doux dingue de la littérature populaire. Quand à Penelope Ann Miller, qui s’est vue confier le premier rôle féminin, sa plastique irréprochable est sublimée par de somptueuses toilettes. Plus « récompense héroïque » que femme fatale, elle parvient tout de même à tirer son épingle du jeu en quelques rares occasions.
La fonction de vilains échoit à une horde de guerriers mongols, dirigée par le redoutable Shiwan khan. Dans la peau de ce conquérant aux goûts résolument moderne (on s’étonne quand même un peu de certaines de ses réactions), on trouve le comédien John Lone, le célèbre Pu Yi du Dernier Empereur. Un acteur réputé donc, mais hélas, comme dans le cas d’Alec Baldwin, je l’ai trouvé décevant. Il lui manque le petit je-ne-sais-quoi qui aurait pu transformer son personnage en un nouveau Fu-Man-Chu ; un grain de génie, une lueur de folie dans le regard, de la démesure théâtrale voire du cabotinage, bref, quelque chose de marquant. Là, c’est un peu l’encéphalogramme plat.

Au niveau technique, Russell Mulcahy met correctement le film en boîte, mais sans aucune personnalité. On assiste à une sorte de mélange entre le visuel du Darkman de Sam Raimi et les films noirs des années 50. Tout cela manque quand même de sens dramatique dans la mise en scène et le choix des prises de vue qui restent trop contemplatistes avec son abus de plan d’ensemble et son montage un peu trop « vintage ». Heureusement, cette facilité dans la construction technique est bien rattrapée par de jolis décors et de superbes costumes qui nous ramènent sans effort à l’insouciante époque du Cotton Club. Et enfin, pour finir, signalons la présence d’effets spéciaux de qualité qui ont le bon goût de ne pas être trop envahissants.

La conclusion de

Dénigré à sa sortie, The Shadow n’est pas, a mon avis, aussi mauvais que l’on a bien voulu le dire à l’époque. Je fus d’ailleurs, et je m’en repends, parmi les premiers à crier haut et fort la médiocrité du produit. Des années plus tard, j’ai mis de l’eau dans mon vin, analysé un peu plus les raisons de son échec et essayé d’en tirer des enseignements et des éléments plaidant en sa faveur. Et au final, sans pour autant considéré ce Shadow comme un bijou sans faille, je lui ai trouvé le clinquant séduisant de la bonne camelote. Le problème reste que Alec Baldwin n’est pas du tout en phase avec son personnage et rend le Shadow bien trop fade pour être attachant ou détestable.

Que faut-il en retenir ?

  • Assez fidèle au modèle originel
  • Un esprit pulp bien rendu
  • Tim Curry, génial
  • Décors et costumes convaincants

Que faut-il oublier ?

  • Une mise en scène et une réalisation sans relief
  • Alec Baldwin, trop lisse pour ce rôle
  • Un vilain peu convaincant.

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