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L'enfer des loups >

Critique du Film : L'enfer des loups

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 6 août 2007 à 14:40

L’homme est un loup pour la femme…

Au milieu du 19ème siècle, la campagne de Galice est en émoi. En effet, les loups ont envahi la région, et affamés, ils rodent même très prêt des villages, notamment à la porte du petit hameau d’Allariz. Les morts violentes et les disparitions se succèdent malgré les nombreuses battues menées par les hommes du bailli. Rendu sur les lieux, un policier de la ville découvre alors que toutes ces morts sont bien trop calculées pour être l’œuvre de simples meutes d’animaux…


Romasanta, baptisé de manière trompeuse l’Enfer des Loups en français, est l’un des tous derniers films produits par la défunte compagnie Fantastic Factory, et, ironie du sort, il se trouve qu’il compte parmi les tous meilleurs de son catalogue. Ce film raconte l’histoire véridique de Manuel Romasanta, l’un des plus célèbres tueurs en série espagnols. Un personnage étonnant et atypique, camelot de profession, qui, après avoir assassiné les nombreuses femmes qu’il séduisait au cours de ses voyages, finit par être capturé et condamné à mort, puis gracié quelques temps plus tard pour cause de « malédiction ». Une décision stupéfiante qui le fit entrer dans la légende sous l’identité du loup-garou d’Allariz.
Aussi, à ce personnage exceptionnel, il était nécessaire de faire correspondre un comédien hors-norme. On se félicite alors que le réalisateur Francisco Plaza ait choisi le troublant Julian Sands pour incarner cet individu auto-convaincu de lycanthropie. L’ancien interprète des Warlock se voit donner une nouvelle occasion de mettre en avant son important charisme et son regard inquiétant, avec une prestation tout en retenue. Bref, lucide sur ce coup, Julian Sands offre le meilleur de lui-même. Et cela sans se voir accuser de suffisance ou de cabotinage par la critique, comme cela lui arrive parfois (souvenons-nous sa médiocre prestation dans le Fantôme de l'Opéra). Une prise de conscience indispensable pour faire revivre ce Manuel Romasanta, à la fois séducteur irrésistible, froid calculateur et meurtrier sanguinaire (la séquence où il torture un oiseau sous les yeux d’une enfant est d’un effroyable efficacité).

Au niveau de la mise en forme, le cinéaste espagnol s’amuse à bien nous imprégner de l’état d’esprit des gens vivant à cette époque. Ainsi, le scénario est approché sous l’angle de la superstition et de l’obscurantisme, avec quelques séquences, purement métaphoriques, composées de transformations lycanthropiques du plus bel effet. Tout cela histoire, bien entendu, de nous faire visiter l’esprit dérangé de Romasanta et de nous familiariser avec les superstitions ancrées dans les croyances de ce siècle. On peut parfois regretter un montage un peu chaotique, qui va un peu à l’encontre de l’atmosphère poétique et intimiste rendue par les prises de vue et le jeu des comédiens, mais dans l’ensemble, la reconstitution est de qualité et l’intrigue passionnante à suivre. On est plus proche du cinéma européen du Parfum que du Pacte des Loups, s’il était nécessaire de faire des comparatifs.
Mais le scénario (directement retranscrit à partir d’une histoire de Alfredo Conde) et Julian Sands ne sont pas les seuls éléments qui font de Romasanta une excellente surprise. Les décors et les costumes, parfaitement mis en valeur par une belle photographie, contribuent également à la crédibilité de la reconstitution et le reste du casting achève d’y donner un cachet dramatique et poignant. Du pragmatique commissaire De la Bastida à la vengeresse Barbara (incarnée par la superbe et talentueuse Elsa Pataki), en passant par Antonio - le camelot chasseur de loups-garous - et l’excentrique professeur Philips, tous les rôles se voient portés une attention particulière et des interprètes vraiment concernés. Une excellente chose pour ce film qui joue nettement plus sur les atmosphères que sur l’action.

Bon, attention, Romasanta n’est pas non plus un chef d’œuvre. Quelques défauts de-ci de-là viennent écorcher un peu la narration. Je vous ai déjà parlé du montage de la première heure, il faut y rajouter quelques plans étonnants (une femme se baignant dans un torrent, ralentis Obao à l’appui), quelques inserts gores un peu maladroits et une séquence de tribunal un peu bâclée. Mais tous ces détails ne suffisent pas à gâcher la vision de ce très agréable thriller horrifique imprégné de folklore et de superstition.

74

Les films comme Romasanta me font regretter le départ de Brian Yuzna pour les Etats-Unis. En effet, même si la Fantastic Factory n’a pas accouché que de joyaux, la défunte compagnie espagnole a contribué à faire hisser vers un niveau acceptable la qualité du cinéma fantastique européen. Darkness, Fragile, et maintenant Romasanta, dans une moindre mesure, le prouvent. En adaptant cette histoire véridique imprégnée de légende, le cinéaste Paco Plaza nous offre une œuvre poignante, efficace, esthétiquement réussie et particulièrement bien interprétée. Une excellente surprise que ce film passé totalement inaperçu à sa sortie…

Critique de publiée le 6 août 2007.

Que faut-il en retenir ?

  • Une atmosphère oppressante et poétique bien entretenue
  • Interprétation de qualité
  • Un mélange bien dosé de fantastique et de réalité
  • Reconstitution convaincante

Que faut-il oublier ?

  • Montage parfois un peu brouillon
  • Quelques plans étonnants

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