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Critique du film : La longue nuit de l'exorcisme [1978], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 19 juin 2007 à 15h29

Le sang des innocents

Dans un village de l’Italie du sud, au début des années 70, une série inexplicable de meurtres d’enfants sème le trouble dans la région et fait la une des médias nationales. Parallèlement au travail de la police, un journaliste mène l’enquête. Sa piste le conduit à une troublante et belle jeune femme, dont l’attitude outrancière est fortement désapprouvée par la petite communauté rurale.
De tous les cinéastes italiens ayant œuvrés tout au long de la période 1965-1985, Lucio Fulci est probablement le plus versatile (avec Antonio Margheriti), s’il ne peut être considéré comme le plus talentueux. Sa carrière, il la débuta bien entendu dans le giallo et le krimi, deux styles très proches, l’un italien, l’autre allemand, ayant pour traits communs des scénarios policiers à tendances horrifiques mettant en scène les exactions d’un tueur non identifiés. Mais les deux styles ont aussi leurs spécificités. Si le krimi (souvent inspiré des nouvelles d’Edgar Wallace) s’orientent souvent vers le crime organisé et la science fiction (les célèbres docteur Mabuse en sont une bonne illustration), les gialli tirent leurs inspirations autant dans le roman noir français que dans le drama érotique. Aussi, pour bien être maîtrisés et jumelés, ces deux genres nécessitent de la part d’un cinéaste une bonne connaissance des deux sources originelles… une science que possède assurément Lucio Fulci.


En 1972, au moment où le réalisateur des futurs Aldilà et Paura commence la mise en œuvre de son nouveau film, il a déjà derrière lui une superbe carrière, dans le giallo et le krimi bien sûr (sur le sujet, il ne se démarque d’ailleurs guerre de la masse) mais aussi dans d’autres secteurs aussi éclectiques que le film historique (le magnifique Beatrice Senci), le western spaghetti (Le Temps du Massacre est un véritable joyau dans le genre), la science-fiction rigolote (002 Operation Moon) ou le film de guerre (Les deux Paras). S’il ne figure pas encore de films d’horreurs dans sa filmographie – son premier « vrai » film d’horreur est finalement l’Enfer des Zombies, réalisé en 1979 – Lucio Fulci est cependant déjà connu pour l’affection qu’il porte à la mise en scène de scènes chocs, notamment dans les films d’actions ou les affrontements sont reconstitués avec une grande violence. Au regard de cela, et avec l’évolution des modes, il était donc prévisible que son cinéma glisse lentement vers la reconstitution d’une horreur pure, une horreur graphique qu’il peine à mettre en œuvre dans ses gialli par exemple (contrairement à Dario Argento ou Mario Bava)
Et c’est en cela que La Longue Nuit de l’Exorcisme, avec son titre français complètement ridicule, est si important dans la carrière du réalisateur transalpin. Je considère (et j’aime à penser que je ne suis pas le seul) que ce film est l’œuvre charnière de toute sa filmographie. Ce métrage est à la base un giallo (rien de surprenant à cela, en 1972 on se situe en plein dans la mouvance) mais Lucio Fulci y introduit de nombreux éléments volontairement perturbateurs. On retrouve ainsi de nombreux aspects familiers au genre, l’érotisme provocant de l’énigmatique Patrizia, la notion de faux coupable, le tueur maniaque, le flic obstiné et les forces de police impuissantes, mélangés à bons nombre de nouveautés (pour l’époque, bien entendu) que je vous propose de découvrir avec moi.

Tout d’abord, Lucio Fulci change de décor. En général, les gialli sont des films urbains (et souvent rupins), lui, il choisit de déménager son intrigue à la campagne. Cela à pour effet l’apparition d’une atmosphère étrange et rustique, presque fantastique. Filmé de manière très sobre, ce petit village de campagne, installé près d’un immense et incongru pont d’autoroute, finit par de devenir aussi surréaliste que la lande écossaise. Dans un tel endroit, Lucio Fulci a tout loisir de mettre en avant ses nouveaux brûlots narratifs, qui utilisent comme combustibles la superstition, la vulgarité, l’ignorance et la xénophobie. Une haine et une méfiance de « l’étranger » qui va être le déclencheur de moult fausses pistes et supputations erronées.
Evidemment, posséder la matière à chef d’œuvre ne suffit pas. Il faut également avoir la manière et les moyens de la mettre en pratique. Et, encore une fois, on peut constater que Lucio Fulci est un maître dans l’art de mettre en image une ambiance. Si sa caméra est moins obséquieuse que celle d’un Mario Bava, elle n’en est pas moins efficace. Le réalisateur aime inviter le spectateur à accompagner émotionnellement ses personnages (à la manière du pur récit d’investigation) mais il n’hésite pas non plus, lorsque cela l’arrange, à l’isoler pour le plonger dans le voyeurisme « partiel ». Ainsi, avec cette alternance de techniques narratives, le cinéaste crée deux histoires, celle vécue par le personnage principal, un journaliste venu du nord (donc un étranger, tout comme nous), et celle fantasmée par le spectateur. Ainsi, dans la séquence où la « sorcière » est cruellement violentée par les paysans, on se surprend à osciller entre deux émotions, celle - logique - de la révolte devant un tel acte de barbarie (qui est également celle du journaliste et des officiels) et une honteuse compréhension (sensation attisée par certaines séquences d’exposition au déroulement dérangeant, comme lorsque la sorcière déterre le squelette d’un nourrisson). Un moyen imparable pour faire naître en nous une irrésistible sensation de curiosité, une envie d’en savoir plus, histoire de mettre un terme à nos questionnements et nos pensées coupables.

La Nuit de l’Exorcisme est donc un excellent film, mais comme tous les métrages de Lucio Fulci, il ne manque pas de défauts. Encore une fois, il ressort que le réalisateur est un piètre directeur d’acteurs. Quand les comédiens ne sont pas dénués de talents, cela passe encore, mais quand ils ne sont pas doués… Dans La Longue Nuit de l’Exorcisme, on le ressent surtout dans la tenue des seconds rôles. Soit ils surjouent comme des malades, soit ils sont aussi expressifs que des poissons lunes. Même les rôles principaux ont tendance à prendre un peu trop la pause, comme dans la séquence où la « sorcière » pique sa crise d’épilepsie dans la prison. Certains des témoins ont l’air de Japonais apercevant Godzilla et d’autres donnent l’impression de s’en tamponner le coquillard.
Puis, plus particulièrement dans ce film, il y a une fin vraiment ratée. Et graphiquement, et narrativement. Une explosion de violence mettant en jeu la vie d’une enfant handicapée aurait dû apparaître comme poignante et dramatique au possible. Au lieu de cela, elle est ridicule, avec un méchant qui meurt dans une séquence gore pourrie, montée avec un faux raccord en insistant inutilement sur un crâne qui explose contre une paroi rocheuse - grâce à un très ballot effet de répétition de plans. Un final bâclé qui gâche un peu l’ensemble. Dommage.

La conclusion de à propos du Film : La longue nuit de l'exorcisme [1978]

Nicolas L.
72

Dans la Longue Nuit de L’Exorcisme, n’en cherchez pas ! Vous trouverez seulement des grosses putes qui forniquent dans une bergerie. Ben oui, désolé, c’est encore les titreurs français qui ont fait des leurs. Cependant pas de panique, si vous n’en aviez rien à battre des messes noires, vous devriez être en mesure d’apprécier ce film qui est en fait un excellent giallo doté d’une atmosphère bien particulière. Et de plus, si vous êtes un fan du travail de Lucio Fulci, ce film est d’autant plus intéressant qu’il représente, à mon avis, une oeuvre charnière dans la carrière du cinéaste. Donc, à vous de voir…

Que faut-il en retenir ?

  • Un scénario revisitant le giallo
  • Une intrigue très prenante
  • Réalisation et montage
  • Une atmosphère étrange, presque fantasmagorique

Que faut-il oublier ?

  • Une direction d’acteur approximative
  • Une fin ratée

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