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Critique du Téléfilm : Salem

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 11 mai 2007 à 14:43

Terreur à Vampire City

Ben Mears est un écrivain tout fraîchement récompensé du prix Pulitzer qui retourne pour quelques temps à Jerusalem, sa ville natale. Il est décidé à écrire un nouveau livre portant un regard critique sur la population de cette petite ville portuaire, en prenant comme accroche le drame de la villa Marsten, au cours duquel un père de famille a assassiné sa femme et son fils avant de se suicider. Un drame qui le concerne d’ailleurs directement puisque, alors qu’il n’était âgé que de neuf ans, il en fut le principal témoin…


Salem est la deuxième adaptation de Salem's Lot - l’un des tous meilleurs romans de Stephen King - après celle réalisée par Tobe Hooper en 1979. Cette fois, c’est Mikael Solomon qui est derrière la caméra, un vieux routard des productions télévisuelles. Le film se présente sous la forme d’un téléfilm en deux parties pour une durée d’environ 300 minutes, ce qui s’avère largement suffisant pour illustrer les principaux aspects de l’œuvre de Stephen King. Et c’est d’ailleurs ce à quoi le cinéaste s’attache. En collant parfaitement au sujet, il rejoint ainsi Mick Garris, habituel collaborateur de Stephen King, dans sa démarche de privilégier le coté retranscription plutôt que se laisser aller aux largesses de la vague adaptation.
Il en ressort que ce téléfilm est sacrément fidèle au livre. Comme Ça, le Fléau, ou la Tempête du Siècle, autres œuvres télévisuelles mettant à l’honneur le travail du croque-mitaine de l’Amérique. Ce choix a deux conséquences. La première, purement éthique, est que le travail ainsi effectué met parfaitement en valeur la structure narrative du roman. En jouant la carte de l’honnêteté, Mikael Solomon s’efface devant l’histoire, et met purement et simplement sa technique au service du script. Et comme le livre n’est pas mal du tout, on obtient un film plus qu’intéressant sur le plan dramatique et doté d’une intrigue assez dense et angoissante. Impossible, donc, de se désintéresser du sort de tous ces protagonistes. Des protagonistes plongés dans une histoire cauchemardesque - pleine de métaphores sociologiques et politiques - dont on ne sait s’ils vont réussir à s’en sortir.

Par contre, ce système de ‘’collage’’ littéraire a un gros défaut. Qui se retrouve dans la plupart des œuvres adoptant ce choix artistique : le manque de rythme ! Surtout lorsqu’il s’agit de retranscrire du King, un auteur plutôt axé sur le descriptif des toiles de fond et l’exposition psychologique des personnages. Par conséquent, Salem est tout sauf un film trépidant ! Et ce qui est moins gênant en lecture le devient beaucoup plus en image, dans le fait que le cerveau, délesté de tout travail de construction fantasmagorique, est moins sollicité et dont plus apte à nous embarquer sur les voies de la monotonie et les affres de l’ennui. Donc, le rythme est ronronnant, avec quelques pointes génitrices d’adrénaline lorsque surgissent, au détour d’un carrefour ou d’un couloir, une créature de la nuit assoiffée de sang. Un aspect qui va certainement gêner plus d’un spectateur, notamment les adeptes de Buffy et autres vampires modernes filmés en bullet-time.
Du coté de la distribution, c’est la grande classe. Si le choix de Rob Lowe, comédien tout de même un peu mollasson, peut être légitimement contesté (remarquez, David Soul, dans la première version, cela n’était guère moins étonnant), on ne peut en dire autant des autres rôles. Avec Donald Sutherland dans la peau du serviteur Richard Straker et Rutger Hauer dans celui du maître vampire Kurt Barlow, Mikael Solomon dispose d’un duo de bad guys grandement charismatique. Et il ne manque pas de les utiliser, notamment Donald Sutherland qui s’amuse beaucoup pour l’occasion dans la peau de cet être vil et machiavélique. Autour d’eux, Samantha Mathis interprète de manière convaincante Susan Norton, principal rôle féminin du film alors que le génial et injustement méconnu James Cromwell est chargé de donner vie au père Callahan, le prêtre alcoolique. Sans nul doute, ce casting de luxe est l’un des principaux atouts de cette version.

Pour finir, venons-en aux effets spéciaux. Téléfilm ‘’familial’’ oblige, le gore est totalement absent durant toute la durée du métrage. La plupart des crimes sont commis hors cadre, ce qui est un peu gênant, avouons-le, pour instaurer un climax horrifique. Il va donc falloir se contenter du minimum syndical, illustré par l’apparition de vampires blafards qui aiment à marcher au plafond. Cela se révèle bien maigre pour les fantasticophiles que nous sommes, notamment lorsque l’effet de frayeur espéré par la vision de ces créatures rampantes s’efface devant le sourire amusé, suite à quelques maladroits jeux de canine en plastoc au rendu bien kitch.Il n’y a pas à dire, Christopher Lee fait encore école…

60

Salem est un téléfilm de bonne facture. Même s’il manque de rythme et qu’il n’est guère terrifiant, suite aux très sobres choix artistiques de Mikael Solomon, il a l’avantage de coller très bien au roman, tout en dégageant une atmosphère assez lourde et angoissante. La distribution, avec quelques grosses pointures comme Donald Sutherland, contribue également à la bonne qualité de cette nouvelle adaptation de Salem.

Critique de publiée le 11 mai 2007.

Que faut-il en retenir ?

  • Bonne retranscription du roman
  • Atmosphère angoissante
  • Bonne interprétation

Que faut-il oublier ?

  • Manque de rythme
  • Effets spéciaux minimalistes

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