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Critique du Film : The Return
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Critique du Film : The Return

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 12 avril 2007 à 1527

Résurgences du passé

Hantée par des cauchemars et des hallucinations récurrentes, Joanna Mills, une jeune femme en pleine réussite professionnelle, profite d’un bref retour au pays pour essayer de décrypter ses visions…


The Return est un film étonnant et cela à plus d'un titre. La première, la plus futile, la plus insignifiante, est la présence à l’écran d’un Sarah Michelle Gellar brune, et on peut dire que cela lui sied très bien. Voilà qui est dit, passons aux choses sérieuses. La deuxième raison, c’est l’apparition dans un blockbuster, un pur thriller commercial pour ados, d’un élément dramatique assez sérieux et très rarement traité : l’automutilation adolescente. Il fallait oser, avouons-le. Et enfin, la dernière, c’est le choix du traitement narratif, accès sur la sensibilité et l’affectif, ce qui le rend plus fort émotionnellement, plus axé sur les sentiments que sur les actions (qui a dit plus féminin ?), que les autres produits entrant dans le même registre.
En ce qui concerne la trame générale, le scénario de The Return met en scène une jeune femme traumatisée et poursuivie par le mal être depuis son enfance et un douloureux accident de voiture. Un jour, n’en pouvant plus, elle décide de retourner aux origines de ses maux, dans sa région natale du Texas, et de partir à la recherche de tous ces lieux et tous ces individus qu’elle ne connaît qu’en rêve. Là, petit à petit, elle va percer le mystère de ces phénomène de déjà vu, amenant le spectateur dans le domaine du thriller fantastique. Une histoire de medium, d’exécuteur testamentaire, peu axée sur le spectaculaire, relativement convenue, assez sobre dans ses effets, mais que j’ai trouvé plutôt bien écrite, avec quelques clins d’œil judicieux au cinéma Lynchien.
Au niveau de la réalisation, le cinéaste Asif Kapadia utilise toutes les méthodes modernes pour bien faire ressortir ses goûts artistiques. Probablement élevé au biberon « vidéo-clipesque », sa technique de cinéma est orientée vers de beaux éclairages bien contrastés et une image extrêmement chiadée, souvent baignée d’une photographie froide à base de chromatique bleutée. Souvent, ce type de réalisation m’insupporte, me donnant l’impression de me trouver dans un quelconque clip r’nb ou dans une merde de Michael Bay, mais dans le cas présent, je dois admettre que le choix est judicieux (à défaut d’être original). Il fait ressortir encore plus la détresse de Joanna, perdue dans un univers froid et hostile, elle qui a tant besoin de tendresse et d’attention.
« Une enfant qui s’automutile, c’est anormal. » Cette évidence, qui est l’une des phrases prononcées par Joanna, est suivie par « c’est un appel à l’aide. » Voilà les deux répliques du film qui annoncent la couleur de The Return ; celle de la fragilité de l’être humain. Joanna (ou son subconscient, ou autre chose enfouie dans son esprit) a besoin d’être aimée, d’être écoutée, et surtout d’être comprise. Le réalisateur, pudique, ne s’étend pas trop sur cette pratique autodestructrice (au même titre que l’alcool ou la drogue), mais cela suffit à nous signifier que Joanna ne recherche pas que la vérité, mais aussi de l’assistance. Une aide que son père n’a pas réussi à lui fournir depuis bien longtemps. Et qu’elle espère trouver en un cowboy solitaire, qui semble garder enfoui en lui un secret : Terry. Une rencontre qui sera due à de nombreuses choses, sauf au hasard…
Ceci dit, si cette histoire « d’auto-exorcisme » est relativement bien menée et intéressante à suivre, il faut bien dire, hélas, qu’elle ne fait pas du tout peur. C’est un problème majeur vu que c’est en théorie l’objectif numéro un de ce film. Certes, les plus émotifs vont sursauter à une ou deux occasions, mais uniquement lors de plans mettant en scène de brusques entrées dans le cadre. Une peur réflexe, donc, purement mécanique et facile à mettre en place. Pour ce qui est de la vraie peur, celle qui vous prend aux tripes et vous fait trémousser de malaise sur votre fauteuil de cinéma, c’est le néant total. Il est vrai que construire une intrigue sur un énième slasher, même onirique ou fantasmagorique, n’était le meilleur choix pour terrifier une audience blasée par abondance de films sur le sujet.
Venons-en maintenant, si vous le voulez bien, à l’interprétation. Si Sam Shepard, dans la peau du père, et Peter O’Brien, dans celle de Terry, bénéficient de rôles assez importants - et ils s’acquittent parfaitement bien de la tâche - il faut bien dire que tout le film tourne autour des performances de Sarah Michelle Gellar. Un sacré défit pour cette jeune New-yorkaise que nul ne prend au sérieux… Et force d’admettre que la petite s’en sort très bien ! Elle démontre à cette occasion, à l’aube de ses trente ans, qu’elle est une vraie actrice, et pas seulement « Buffy la rigolote tueuse de vampires ». The Return est à ce jour son meilleur rôle (d’accord, j’admet, entre les Scooby Doo et les Sexe Intentions, il n’était pas difficile de trouver mieux) et le meilleur cadeau qu’on ait pu lui faire.

La conclusion de

The Return est passé au pilori lors de sa sortie américaine. Il n’en méritait pas tant. Certes, il échoue complètement dans le domaine horrifique, avec un manque total de sensations terrifiantes, mais j’ai vu bien pire, notamment dans le domaine de l’écriture scénaristique. Il suffit de citer une dizaine de films du catalogue Dimension pour s’en convaincre. Sincèrement, je trouve que ce produit est plus que regardable et qu’il développe un thématique intéressante, même si tout reste très superficiel. Avec de plus, la présence d’une Sarah Michelle Gellar qui dévoile enfin son potentiel dramatique. Un film moyen.

Que faut-il en retenir ?

  • Construction scénaristique intéressante
  • Des thèmes tatous abordés
  • Un Sarah Michelle Gellar à son avantage
  • Réalisation très clean

Que faut-il oublier ?

  • Guère de suspense, pas de peur
  • Traitement superficiel des différents thèmes

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