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Critique du Film : Abandonnée
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Critique du Film : Abandonnée

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 11 avril 2007 à 1615

Un week-end en famille

Marie, une quadragénaire orpheline débarque en Russie à la recherche de son passé. Elle est reçue à Moscou par un notaire déclarant avoir retrouvé trace de la maison familiale, perdue au beau milieu d’une forêt de l’arrière pays de l’ex-URSS. En compagnie d’un guide à l’attitude peu engageante, Marie se rend alors sur place, et découvre une vieille demeure abandonnée, bâtie sur une île fluviale isolée.


Et hop, encore un produit estampillé Fantastic Factory ! Il n’y a pas à dire, durant les sept années de son existence, la société de Brian Yuzna et des frères Fernandez, filiale de la compagnie Filmax, a vraiment œuvré pour la reconnaissance du cinéma fantastique européen. Accouchant parfois du meilleur, mais hélas assez souvent du pire. Alors, qu’en est-il de cet Abandoned, laissé un an au fond du catalogue et jaillissant aujourd’hui des cartons comme un Zébulon, après une satisfaisante épreuve du feu dans les différents festivals ?
Le film était présenté à Gérardmer. C’est là que je l’ai visionné, après une brève présentation de son réalisateur ; Nacho Cerdà. Une heure et demi après, j’ai nettement senti l’audience présente dans la salle rester dubitative, ne sachant que penser de ce film, pour finalement applaudir, plus par politesse que pour autre chose. Car si Abandoned n’est pas un mauvais film, il lui manque quelque chose qui pourrait faire qu’il ne soit pas oublié sitôt la séance terminée.
Le scénario est original et dépaysant, même si l’on commence à en avoir souper des films qui se déroule dans les arrières pays slaves. Interprété par des comédiens expérimentés et ne manquant pas de chien, le film raconte une histoire de manipulation familiale, avec un canevas ne manquant pas de rappeler aux cinéphiles un certains Angel Heart. La réalisation, par contre, lorgne sur le Lucio Fulci période Paura et Aldila (le sens baroque en moins), avec des passages vraiment très crus et un grand nombre de gros plans sur les visages terrifiés et haineux, ce qui est bien entendu la preuve d’une volonté de choquer. Rien de condamnable dans ce que je viens de dire ? Je l’admets. Mais alors, où est-ce que le bât blesse ? Voyons un peu.
Essentiellement construit sur le principe du huis clôt horrifique (les protagonistes ne peuvent plus quitter l’île), Abandoned met en scène la rencontre de deux individus liés par une malédiction de sang et qui se retrouvent condamnés à revivre les dramatiques moments une séparation qui s’est produite au cœur de leur enfance. Et c’est bien là le point faible du film. Car à partir du moment où le spectateur a compris les enjeux et pigé les astuces (malgré un nouveau twist en fin de film) d’un réalisateur un peu trop manipulateur et très habile avec une caméra, il se désintéresse de ces apparitions de zombies qui ne sont finalement que des effets de style, car inutiles à la progression d’une l’intrigue étudiée pour tourner en boucle, à la manière d’un cauchemar. Certes, c’est parfois bien gore et très violent, mais on garde une telle distanciation par rapport à cette histoire peu crédible (disons, peu réaliste, puisqu’on entre dans le domaine de l’onirisme nécromant) que cela n’a guère d’impact sur notre psyché. On est parfois dégoûté, mais l’on n’a jamais peur. D’autant plus que le coup des fantômes qui errent dans les couloirs en fond de cadre, on connaît déjà…
La satisfaction, on peut toutefois la trouver dans le domaine technique, avec une grande maîtrise de la photographie et une utilisation habile des angles de prise de vue qui donnent aux décors un air d’antichambre des Enfers et qui génèrent une atmosphère suffocante, quasi surnaturelle. Beaucoup vont probablement se contenter de cela. Personnellement, je suis un peu déçu, car je pense qu’avec autant de talent à sa disposition, Nacho Cerda – qui a assurément une grande intuition de l’imagerie fantasmagorique - pouvait faire bien mieux, en évitant les effets gratuits et en se consacrant plus au traitement de l’histoire.

La conclusion de

Huit clôt horrifique bâti autour de la rencontre de deux êtres qui vont découvrir un horrible secret familial, Abandonnée est un film qui m’a laissé sur ma faim. Superbement réalisé, très fort en imagerie, avec un grand sens de l’exploitation des espaces, l’œuvre de Nacho Cerda est techniquement irréprochable. Mais je trouve que son scénario pêche par sa construction. Des séquences chocs qui ne servent pas à grand-chose, une histoire rapidement appréhendée entraînant un dénouement que l’on sent inéluctable, une redondance des situations, tous ces détails gâchent un peu ce jeu d’acteur impeccable et cette histoire intrinsèquement lovecraftienne. Une demie réussite…

Que faut-il en retenir ?

  • Grande maîtrise technique
  • Bonne interprétation
  • Superbe imagerie dantesque
  • Idée originale intéressante

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario qui en dit rapidement trop
  • Une redondance des effets
  • Beaucoup de séquences chocs gratuites

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