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La jeune fille de l'eau >

Critique du Film : La jeune fille de l'eau

Avis critique rédigé par Nicolas L. le vendredi 30 mars 2007 à 14:40

Quand un cinéaste boit la tasse

Cleveland Heep est un homme renfermé et mélancolique. Son métier est gardien de complexe résidentiel. Tous les jours, il vident les corbeilles à papier, arrose les plantes, répare bidets et éviers, change les ampoules grillées et… entretient la piscine. Une piscine de laquelle, une nuit, il verra sortir une jeune femme nue…
Ah ! M. Night Shyamalan, ce bon vieux filou ! Celui qui d’aucuns décrivent comme étant l’incarnation d’un nouveau Steven Spielberg ; qui est considéré comme le maître dans l’art du twist final saisissant et dans l’entretien des (faux) mystères. M. Night Shyamalan, le philosophe-cinéaste, si modeste qu’il avait déclaré que jamais, oh grand jamais, il ne s’accorderait un grand rôle dans l’un de ses films. M. Night Shyamalan ; un cinéaste que, décidément, je n’aime pas.


C’est vrai, je doit admettre que comme pour bon nombre de personnes, son Sixième Sens m’avait littéralement bluffé, avec une mise en place d’une mécanique de ‘’Red Harings’’ que n’aurait pas manqué d’admirer de son vivant Alfred Hitchcock. Mais depuis, plus rien. De Incassable au Village, en passant par ce préchi-précha qu’est Signes, je n’ai plus rien ressenti d’édifiant, à part un certain agacement devant des accumulations d’effets de manche gratuits et de tricheries narratives. Bref, sans pour autant considérer ses œuvres comme des daubes, je me suis engagé à classer le réalisateur indien dans la catégorie des auteurs surestimés. Malin, mais guère génial.
Et la vision de La Jeune Fille de l’Eau n’a pas contribué à me faire changer d’avis. Bien au contraire ! En fait, le réalisateur part à peu près sur les mêmes bases : masquer une thématique puérile, ou exagérément dévote, par une narration touffue et détournée. Ici encore, cela marche plutôt bien au niveau superficiel, avec un scénario mettant en avant des situations humoristiques légères et efficaces. On sourit ainsi volontiers au cours des séquences d’exposition, avec la présentation d’un éventail chamarré de personnages, et lors de leur utilisation à contre-emploi.

Par contre, dés que l’on gratte un peu le vernis, cela se gatte. On s’aperçoit finalement que cette thématique philosophique qui se veut sérieuse (avec un questionnement récurent sur le sens de l’existence) est traité de la manière la plus conne possible. Le stade de la naïveté Disneyenne est carrément dépassé, on erre dans l’univers de Bécassine et d’Aglaé et Sidonie. Le cinéaste pourra argumenter aussi longtemps qu’il lui siéra le fait que La Jeune Fille de l’Eau est la mise en forme abstraite d’un conte pour enfant, il n’empêche que la réalisation n’est pas du tout en phase avec la valeur intrinsèque du contenu.
Une réalisation qui continue d’être d’une insupportable prétention, bien que plus détachée (le film se veut moins grave que les précédents). M. Night Shyamalan nous gave de colossales profondeurs de champ, de mouvements dans l’obscurité, de gros plans sans accroche, des techniques propres au films horrifiques adultes, mais, en même temps, ne prend pas soin de corriger un scénario dans lequel un homme ne s’étonne pas plus que ça de trouver une nymphe dans sa piscine et d’apprendre qu’il est un ‘’Elu’’. C’est une véritable démonstration de la pertinence de la formule : la forme au détriment du fond.

Le pire c’est que le cinéaste se prend de plus en plus au sérieux. La preuve : le rôle qu’il s’attribue dans le film. Un rôle de prophète, de messie ayant reçu la parole divine, et qui, tel Moïse, se voit donner la mission de guider l’humanité dans une nouvelle voie (le Cook Book faisant office de Tablettes de la Loi). Quelle prétention ! Et ne parlons de la manière dont il traite le critique cinématographique, un personnage antipathique, peu fiable (ses conseils égarent Cleveland), et hautain. Il finira, au cours de la seule séquence violente de ce film, dans la gueule d’un chien de pelouse. Sous la caméra d’un autre, cette scène m’aurait fait sourire. Là, je l’ai trouvé de mauvais goût, gratuite et purement revancharde.
Au niveau de l’interprétation, j’ai beaucoup aimé Paul Giamatti, qui incarne Cleveland Heep, le personnage principal. Très attachant, souvent drôle, parfois émouvant, une excellente performance. Le rôle de la nymphe échoit à Bryce Dallas-Howard (la fille du réalisateur). Avec son faux air de Sissi Spacek, la jeune fille tente tant bien que mal d’attirer l’attention du spectateur, histoire de restituer un peu le magnétisme qu’elle opère sur les différents protagonistes de l’histoire. Mais j’avoue n’avoir guère ressenti de picotements dans la poitrine, ni ailleurs. Je sais, je ne suis sûrement pas l’Elu.
Tant mieux…

40

Simple conte de fée enrobé d’un pur condensé de Shyamalan attitude, La Jeune Fille de l’Eau est une œuvre très moyenne, portant un message dont la puérilité est masquée par une tonne d’artifices narratifs et esthétiques. C’est de temps à autre amusant, parfois sympathique, rarement émouvant, et souvent niais. Un film qui aurait sûrement gagné à être traité de manière plus humble et naturelle. Deux qualités que, hélas, M. Night Shyamalan ne maîtrise pas.

Critique de publiée le 30 mars 2007.

Que faut-il en retenir ?

  • Quelques séquences drôles
  • Un Paul Giamatti convaincant
  • Esthétique très travaillée

Que faut-il oublier ?

  • Scénario niais
  • Philosophie a quatre sous
  • Beaucoup d’incohérences

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