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Critique du Film : L'Ile du docteur Moreau
L'Ile du docteur Moreau >

Critique du Film : L'Ile du docteur Moreau

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 28 mars 2007 à 1540

La laboratoire d’un apprenti-Dieu

Andrew Braddock est le seul homme ayant survécu à un naufrage. Echoué sur une île isolée du Pacifique Sud, il est recueilli par le docteur Moreau, un mystérieux scientifique, qui, éloigné de tous, pratique de curieuses expériences sur les animaux.
Deuxième adaptation du célèbre roman de H.G. Wells (après Island of the Lost Souls, un film d’avant-guerre), l’œuvre du réalisateur Don Taylor renouvelle le thème si couru dans le milieu du cinéma et de la littérature ; le désir de l’homme d’élever son pouvoir créatif à l’égal de celui de Dieu. Ce genre de thématique entraîne souvent derrière elle un débat théologique et éthique enflammant les esprits des plus passionnés. Un problème encore plus d’actualité de nos jours avec les progrès accomplis dans le domaine de la génétique.
Dans L’île du docteur Moreau, le scientifique parvient à éveiller suffisamment la conscience d’un animal pour qu’il consente à agir, à se sociabiliser et à raisonner, comme un homme. Cependant, malgré les apparences, il conserve ses instincts bestiaux et son impulsivité, au grand désarroi de son « créateur » qui, pour arriver à ses fins, s’accorde alors le droit d’utiliser tous les moyens, même les plus cruels. Il en ressort un sujet de dissertation philosophique assez intéressante : de l’homme ou de l’animal, quel est le plus bestial ? L’animal, qui n’agit que par pur instinct de conservation, ou l’homme, parfaitement conscient de la portée de ses actes les plus vils ?
Pour faire participer le spectateur au débat, le cinéaste introduit le personnage du naufragé. Il suit les agissements de ce brave marin et découvre en même temps que lui les cruelles exactions et le degré de folie furieuse qui hante l’esprit de ce savant dévoré par une ambition divine (un sentiment de puissance révélé lors de sa agonie, lorsque pliant sous les coups des mutants, il s’écrie, d’un air surpris : Mais, je vous ais créé !). Il est dommage, que dans le traitement, Don Taylor reste décidemment très sage. Seuls quelques coups de fouets viennent troubler le « dressage » de cette nouvelle race hybride, unifiée sous un aspect communautaire dirigé par un ‘’Diseur de Loi ». Des lois, qui se rapprochent, bien entendu, des Dix Commandements.
On se demande donc un peu le pourquoi d’une telle docilité, voire servilité (dans ce film, les Hybrides n’appellent pas le docteur Moreau « Père », supprimant par là même la notion d’autorité parentale). Et, par conséquent, leur brutal éveil apparaît un peu comme précipité. Comme élément déclencheur, le prétexte que le docteur Moreau a bafoué la Loi sonne un peu faux dans la mesure où, comme il veut le faire admettre à tous, on accepte que ces Hybrides sont des hommes à part entière. En effet, rien que le fait de les violenter tous les jours le met dans une situation de criminel.
D’autres personnages, présents dans le film, se trouvent curieusement sous-exploités. On aurait aimé en savoir plus sur ce Montgomery, que l’on verrait bien en chasseur de safari réfugié dans cette île éloignée de tout pour une sombre raison. Au final, on n'apprend pas grand-chose de lui, et sa présence n’apporte même rien à la narration. On ne saura jamais, malheureusement, les liens qui l’attachaient à la destinée du docteur. Pire encore, il y a le traitement de Maya (interprété par la belle Barbara Carrera). Au lieu d’argumenter sur le fait que sa présence en ces lieux est le seul élément qui rattache le savant à une quelconque humanité, le cinéaste met en avant une légère romance entre elle et le naufragé, dans le pur style film exotique des années 40. Encore un coup dans l’eau au niveau émotionnel, et quelques séquences d’un romantique désuet en prime.
Mais attention, L’île du docteur Moreau version Taylor n’est pas un mauvais film, loin de là (en tout cas, bien meilleur que le nanar désopilant de John Frankenheimer, avec un Marlon Brando en vieille folle). C’est juste qu’il manque de mordant et que le traitement pêche par une totale absence d’ambition. Ceci dit, il est très agréable à visionner, et mérite le respect, rien que pour la présence simultanée à l’écran de deux grandes stars de l’histoire du cinéma : Michael York (encore tout jeune) et l’immense Burt Lancaster. Puis, il serait injuste de ne pas citer les performances convaincantes (mais, j’insiste, pas assez exploitées) de l’expérimenté britannique Nigel Davenport et, comme je l’ai déjà dit, d’une séduisante Barbara Carrera, seul présence féminine du film.
Enfin, abordons le domaine des effets spéciaux, et plus particulièrement des maquillages, puisqu’ils sont, en quelques sortes, les co-vedettes du film. Nous sommes en 1977, quelques années donc après la phénoménale réussite des maquillages de la Planète de Singes. Leur auteur, John Chambers, est alors inégalable dans le domaine des faciès animaux (il aura ensuite un digne successeur en la personne de Rick Baker), et l’île du docteur Moreau démontre, s’il en était encore besoin, l’étendue de ses talents. En compagnie de l’estimé Daniel C. Striekepe et du jeune débutant Thomas R. Burman (tout de même), John Chambers offre aux spectateurs un impressionnant panel de créations en latex, le plus convaincant étant probablement celui du Diseur de Loi. Mais, de l’homme-lion à l’homme-ours, en passant par l’homme-hyène ou l’homme-bouc, tous sont saisissants et si étrangements « humains » dans leurs expressions.

La conclusion de

L’île du docteur Moreau est une petite oeuvre de science-fiction sympathique, qui passe très peu à coté du statut de grand film. Il lui manque juste un peu de panache, et le développement des personnages se limite trop au strict minimum. Il n’empêche que, malgré ces quelques défauts, le thème abordé, le bon niveau de l’interprétation et la qualité des maquillages sont des arguments de poids qui contribuent à l’honorabilité de l’œuvre.

Que faut-il en retenir ?

  • Une histoire originelle intéressante
  • D’excellents maquillages
  • Bonne interprétation

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario un peu édulcoré
  • Une réalisation manquant d’ambition
  • Des personnages peu développés

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