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Critique du Film : Le Machiniste

Avis critique rédigé par Nicolas L. le samedi 23 décembre 2006 à 19:25

"Un peu plus maigre et tu es mort…"

Rongé par la culpabilité, un technicien d’entreprise sombre dans la déprime et l’autodestruction…
L’internaute avisé pourrait légitimement se demander ce que fabrique un film comme The Machinist dans la base de données de SFU, qui reste essentiellement un site dédié à l’imaginaire. Car le film de Brad Anderson n’est finalement rien de plus (quelle horrible dénomination restrictive et vulgaire !) qu’un drame psychologique dont le mystère repose essentiellement sur les poussées amnésiques et les hallucinations d’un individu en pleine détresse. Alors pourquoi ?
La raison première est cette atmosphère fantasmagorique, ce brouillard troublant – entretenu par une exceptionnelle photographie de Xavi Giménez (Fragile, Darkness, la Secte Sans Nom) – qui entraîne le spectateur dans un véritable songe éveillé. Il n’y a pas de doutes, malgré son casting international, l’on a bien à faire ici à une production espagnole. Ce don pour mettre en place un univers surréaliste ne trompe pas.

Miné par une culpabilité pernicieuse

Ensuite, il y a Christian Bale. Une performance éblouissante, au-delà de la simple interprétation. Je ne sais pas si le comédien est un adepte de la Méthode de Stanislavki mais il mériterait bien d’être cité en exemple dans les cours de l’Actors Studio, devant un parterre d’étudiants médusés. Au-delà de l’hallucinante perte de poids (avec les risques que cela entraîne), il y a cette fusion émotionnelle et psychologique qui transforme un simple jeu d’acteur en manifestation mystique. Comme Marlon Brando est Stanley (Un Tramway nommé désir), Christian Bale EST Trevor, et même si le scénario de The Machinist est très loin d’avoir le niveau qualitatif de l’adaptation du chef d’œuvre de Tennessee Williams, on se laisse littéralement embarqué par les vagues émotionnelles de cette expérience de cinéma.
Car si faiblesse il y a, elle découle directement de ce script un peu trop conventionnel pour nous surprendre. On pourrait presque juger son déroulement naïf tant l’intrigue progresse de façon prévisible, hormis la révélation finale, bien entendue, qui est impossible à appréhender.
Ivan, une conscience un peu envahissante

Mettons cependant de coté ce petit défaut qui ne porte finalement aucun tort à l’ensemble tant l’intérêt du spectateur se porte vers le décryptage du profil psychologique de Trevor et regardons également les éléments, imaginaires et réels, qui gravitent autour de lui. Son principal point d’accroche à la réalité est matérialisé par son amie prostituée : Stevie. Cela sera d’ailleurs le dernier à lâcher, lorsque la psychose paranoïaque du héros va finir par écraser les ultimes reliquats affectifs de cet homme qui se déteste tant et cherche sa mort par peur de perdre l’Oubli. Dans ce rôle très difficile, il y a Jennifer jason Leigh, une actrice courageuse qui n’a jamais reculé devant les taches ingrates. Et comme à son habitude, elle est parfaite.
Il y aussi Ivan, à la fois métaphore charnelle de la conscience de Trevor et réincarnation de son ancien moi. Relégué aux tréfonds de son cerveau, il revient régulièrement lui rappeler ce que son âme a décidé d’oublier. Lentement, Ivan (interprété par un acteur atypique, John Sharian) va parvenir à ses fins et finir par l’emporter au cours d’une séquence difficile qui va ouvrir la mémoire de Trevor comme on le fait avec un album de photos souvenirs. De manière efficace et très troublante, sans effets terrifiants, juste avec des poissons pourris qui font effet de déclencheur psychique.
Evidemment, à partir de ce moment, tout devient très clair. Brad Harrison n’est pas David Lynch, et à travers des recoupements et des flash-backs, il nous explique tout. Je trouve cela un peu dommage. Pensait-il que le spectateur ne pouvait pas décrypter la symbolique une fois la chute dévoilée ? Je ne sais pas. J’aurais pourtant préféré essayer de le faire moi-même et comprendre à ma manière pourquoi Trevor prend l’option d’emprunter l’Autoroute de l’Enfer au lieu de la Voie du Salut…
Stevie, une femme qui a tiré le mauvais numéro

85

Malgré quelques petites faiblesses scénaristiques, The Machinist est un excellent drame psychologique et un thriller efficace. C’est également une intéressante mise en image du refoulement dans l’inconscient d’un acte non accepté par l’individu et la difficulté à le conserver dans cet état devant la poussée du psychisme pour le faire ressurgir. A cela, il faut ajouter une photographie exceptionnelle et des acteurs de grande classe, notamment un Christian Bale habité par le personnage.

Critique de publiée le 23 décembre 2006.

Que faut-il en retenir ?

  • Excellente dissertation psychologique
  • Christian Bale, extraordinaire
  • Une photographie de grande qualité
  • L’interprétation dans son ensemble

Que faut-il oublier ?

  • Un scénario non dénué de faiblesses
  • Un final un peu ‘’scolaire’’

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