75.OOO pixels viennent d'être aspirés dans un trou noir !
Le futur sera peut-être différent mais sur cette planète nous vivons encore grâce à la publicité.
Astuce N°8 : Dans l'espace publicitaire, personne ne vous entend crier. Surtout si vous le bloquez.
On vous aime et nous vous souhaitons une bonne lecture. "Longue vie et prospérité !"
Critique du Film : Brainstorm
Brainstorm >

Critique du Film : Brainstorm

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 23 août 2006 à 0831

Souvenir de l’au-delà

Les scientifiques Michael Brace (Christopher Walken) et Lillian Reynolds (Louise Fletcher) travaillent sur un projet top secret intitulé Triad. Ce système révolutionnaire permet de pourvoir enregistrer les images vues par un individu et les diffuser directement dans le cerveau d’un autre, au moyen d’un simple casque et d’un ensemble de câblages. Enthousiasmés, ils s’apprêtent à le fabriquer à grande échelle – en retravaillant le design avec l’aide de la femme de Michael -, lorsqu’ils se rendent compte que leur invention possède d’autres facultés, plus puissantes, et que l’armée tente de se l’approprier pour leur propre bénéfice, sous le nom de projet Brainstorm…
Après avoir achevés leurs travaux sur le Blade Runner de Ridley Scott, les experts en effets spéciaux Douglas Trumbull et Richard Yuricich s’attèlent à un projet plus personnel. Avec l’appui de Bruce Joel Rubin (L’echelle de Jacob) à l’écriture, ils construisent un thriller intimiste bâti sur des bases de science-fiction : Brainstorm.
Brainstorm, dés ses premiers instants, risque fort de faire sourire les plus jeunes spectateurs. Avec ses instruments de mesure hyper-kitchs, ses volumineuses bobines d’enregistrement, ses ordinateurs à bande, sa kyrielle de gros boutons de couleur et ses effets sonores ‘’droïdiens’’ (vous savez les fameux bili bili !), il apparaît comme cruellement daté. Il ne faut pas s’y tromper car sous son aspect un peu vieillot se cache une réflexion morale qui est plus que jamais d’actualité et des questionnements philosophiques pertinents.
L’invention qui ressort des travaux du projet Triad se présente sous la forme, dans un premier temps, d’un simple casque virtuel – un peu plus complexe en fait, car le signal ne passe pas par l’œil, mais est envoyé directement dans le cerveau du sujet - comme on le connaît fort bien de nos jours. Cette partie, volontairement joyeuse et positive, permet de présenter aux spectateurs les principaux protagonistes de l’histoire, tout en laissant sous entendre que tout ne va pas pour le mieux dans le meilleur des mondes (Michael est sur le point de rompre avec son épouse, Lillian fume comme un pompier et semble fatiguée…) et que les enjeux économiques sont importants (une assez dense réunion de travail avec la direction le prouve). On se trouve en fait durant une bonne demi-heure dans le domaine de la pure comédie dramatique.
L’intrigue démarre réellement et le ton devient plus grave à partir du moment ou Karen Brace (Nathalie Wood) devient membre de l’équipe aux cotés de son mari et qu’ils découvrent ensemble les capacités supérieures de leur invention : l’enregistrement et la visualisation des pensées, des souvenirs, des émotions, et finalement des visions de l’âme. Si le premier effet est positif – il permet à Michael de se réconcilier avec se femme en lui dévoilant ses pensées intimes -, la situation ne tarde pas à se dégrader lorsque des éléments extérieurs commencent à s’immiscer dans le projet sans y être conviés.
Avec la mort de Lillian (qui a enregistré son trépas survenu lors d’un infarctus) et l’accident cérébral d’un assistant (excès de scènes de sexe !!), Michael prend conscience du danger que peut représenter cette machine si elle tombe entre de mauvaises mains. Dans Brainstorm, ces mauvaises mains sont celles de l’armée, mais cet aspect anti-militariste (Silent Running possédait également un net message pacifiste) ne sert finalement qu’à mettre en avant les difficiles mais nécessaires questions d’éthique et de morale que ne doivent pas oublier de se poser les scientifiques. Fusion de l’atome, manipulations génétiques, clonages ou projet Brainstorm, peu importe, Trumbull est très clair dans son exposé, le monde scientifique ne peut ni se cacher derrière la notion de progrès, ni se déresponsabiliser.
Une opinion sans doute partagée par Michael Brace au moment où il s’acharne à détruire les chaînes de montage de Triad – avec quelques séquences bizarrement orientées vers la comédie (robots de montage farceurs, incidents gaguesques) -, en piratant les systèmes informatique, à une époque ou il semblait évident de hacker une entreprise de haute technologie à partir d’une ridicule cabine téléphonique (encore un élément rétro qui peut faire sourire).
Mais le jeune savant reste cependant un scientifique, plein de curiosité et avide de savoir. Il décide donc de visionner jusqu’à la fin la bande enregistrée par Lillian. Une décision qui va l’amener ‘’de l’autre coté’’. J’avoue que je n’aime pas beaucoup cette vision, une peu trop naïve à mon goût, de voyage spirituel illustré à base de jolis effets de lumières illustrés par une musique pompeuse. Une désagréable impression de mièvrerie amplifiée par un happy end romantique au cours duquel la voix de son aimée le ramène parmi les siens.
Du coté de l’interprétation, Trumbull joue le tiercé gagnant. Christopher Walken incarne parfaitement le scientifique un peu réservé, diablement doué et quelques peu détaché du monde réel. Un personnage qui va évoluer au cours du film, prenant plus de maturité, grâce à une subtile montée en puissance du jeu de l’acteur. Le rôle de Lillian Reynolds incombe à la géniale Louise Fletcher, qui démontre une fois de plus son talent – avec une mémorable séquence de crise cardiaque – en interprétant justement cette femme de caractère mais aussi très fragile. Bien sûr, la performance de ces deux superbes comédiens ne peut faire oublier que Brainstorm est le dernier film ou l’on peut admirer le jeu sensuel et romantique de la belle Nathalie Wood, tragiquement disparu en 1981– elle était donc déjà décédée lorsque le film est sorti sur les écrans deux ans plus tard. Encore terriblement séduisante, la quadragénaire amène, par son jeu calme et posé, un inattendu élément de sérénité et de légèreté. Enfin, il ne faudrait pas oublier la présence de Cliff Robertson dans un rôle ingrat : celui du chef d’entreprise qui n’hésite pas à céder l’invention aux pontes de l’armée.

La conclusion de

Sous une apparence vieillotte, Brainstorm est un excellent film de science-fiction, intelligent et distrayant. Interprété de brillante manière, le film de Douglas Trumbull (qui nous avait offert aussi un très bon Silent Running) expose de manière légère des idées théologiques, philosophiques et éthiques. Les spectateurs qui se concentreront sur le spectaculaire seront déçus, les autres y découvriront une perle SF du cinéma des années 80.

Que faut-il en retenir ?

  • Scénario intelligent
  • Interprétation excellente
  • Réalisation très propre

Que faut-il oublier ?

  • Un aspect un peu kitch
  • Une fin trop mièvre à mon goût

Acheter Brainstorm en un clic

Nous vous proposons de comparer les prix et les versions de Brainstorm sur Amazon, site de vente en ligne dans lequel vous pouvez avoir confiance.

Retrouvez les annonces de nos dernières critiques sur les réseaux sociaux

Sur Facebook | Sur Twitter | Sur Google+