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Critique du film : Fragile [2006], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mercredi 19 avril 2006 à 08h02

Elles voient des morts !

Des années après avoir été coupable d’une négligence qui a coûté la vie à un enfant, une infirmière renoue avec sa vie professionnelle en acceptant une place dans le service de nuit d’un hôpital en cours de déménagement. Impliquée grandement dans son travail, elle prend rapidement en affection Maggie, une jeune enfant condamnée par la mucoviscidose, qui lui affirme qu’un fantôme est présent dans l’établissement…
Encore une ghost story espagnole me direz-vous… Et encore une production Fantastic Factory, l’usine à cauchemar des trublions Brian Yuzna et Julio Fernandez. Vous avez raison, Fragile est une histoire de maison hantée à l’ambiance feutrée et oppressante, dans le pur style hispanique. Mais Fragile est aussi un film bien particulier, dans le sens qu’il est la création inattendue d’un Jaume Balaguerò désireux de se démarquer de son style narratif naturel.
Jaume Balaguero. L’amateur de thriller horrifique et fantastique connaît bien ce jeune réalisateur espagnol de 38 ans, car on ne peut pas dire que ses précédents films soient restés inaperçus, qu’il s’agisse de la Secte Sans Nom ou du superbe Darkness. Au regard de ces deux œuvres, il nous a habitué à son efficace technique narrative, basée sur les effets de cadre et la construction d’un suspense s’appuyant sur le nom vu et la fantasmagorie. Et il démontrait à cette occasion tous son savoir faire de réalisateur de films de genre.
Avec Fragile, Balagueró tente autre chose de beaucoup plus délicat et en réelle contradiction avec ses automatismes de réalisateur-technicien. Par cette démarche, il se rapproche du travail effectué par un étonnant Guillermo del Toro à l’occasion d’un somptueux Echine du Diable ; travailler le fantastique sur sa déviance relationnelle et affective, en s’attardant longuement sur les liens entre les personnages et le malaise qui peut en résulter.
Del Toro avait brillamment transformé l’essai. Une finalité pas réellement étonnante de la part de ce cinéaste caméléon. Mais qu’en est-il de Fragile, cette courageuse initiative d’un réalisateur - au registre déjà classifié – avide de prouver qu’il pouvait élargir l’éventail de sa créativité ? Pour ma part, je pense que le challenge est à demi-réussi…
La mise en place se fait de manière classique, avec un décor qui inspire habituellement ce sentiment de respect solennel et de recueillement. Un lieu qui se transforme en théâtre d’angoisse morbide dés la nuit venue et ses couloirs désertés : un hôpital. L’arrivée de cette infirmière, victime d’un trauma qu’elle ne parvient pas à digérer n’est pas le catalyseur des évènements mais elle se positionne, au tout début du moins, comme un témoin. Elle arrive d’ailleurs sur les lieux en même temps que le spectateur, et elle introduit ainsi les principaux protagonistes, au fur et à mesure qu’ils lui sont présentés, notamment les enfants. Et Maggie.
Sans aucun effet, hormis un ou deux coups dans le plafond, Balagueró feutre alors son intrigue fantastique et se penche sur les relations profondes - de manière pudique et délicate - qui s’établissent naturellement entre la petite Maggie et Amy l’infirmière dépressive. C’est cette relation qui va entraîner, au moment voulu, la mise en route de la partie horrifique. Et qui va amener le moment ou Amy décide de passer du statut de témoin à celui d’acteur. Et je dois dire que j’ai particulièrement apprécié cette surprenante première partie, lente et pesante, chargée de tristesse et de compassion. Certains la trouveront probablement ennuyante. Personnellement, malgré des longueurs, j’ai apprécié la prise de risque.
Au cœur d’un scénario qui a comme défaut majeur d’emprunter trop d’idées à droite et à gauche – Les Autres, Shining, Darkness, Sixième Sens, l’Echine du Diable -, c’est le traitement élégant de cette relation quasi maternelle qui sauve Balagueró du naufrage. En plus de quelques rebondissements et révélations dans le script, bien sur. Mais, faute d’originalité, le bateau tangue sacrément, et il finira par se renverser au cours d’un final spectaculaire stupide et bourré d’incohérence qui m’a douloureusement rappelé un pitoyable Amityville. Une triste conclusion. D’autant plus dommage qu’auparavant, le cinéaste espagnol nous offre une montée en puissance excellemment menée. Il retourne à cette occasion à son cinéma habituel, évocateur et traumatisant. Bien sur, il utilise les vieilles ficelles du métier – attaques soudaines, bruits énigmatiques, apparitions furtives, musiques propice au climax, etc. – mais tout cela est vraiment bien fait et les premières apparitions de la ‘’fille mécanique’’ sont bien flippantes. Une véritable leçon de réalisation.
Un des autres exploits de Balagueró est d’avoir rendu la crispante Calista Flockhart supportable. Même si elle renouvelle sa manie à rouler des yeux comme des billes à la moindre occasion, elle est suffisamment bien dirigée pour rester dans les normes du raisonnable et devient même émouvante par moment. Heureusement, car la bonne tenue du film tient sur ses épaules et celles de la petite Yasmin Murphy (Maggie). Je persiste cependant à penser que le film y aurait gagné si la production avait choisi une actrice plus ‘’racée’’.

La conclusion de à propos du Film : Fragile [2006]

Nicolas L.
70

Ce Fragile est un film atypique dans la carrière de Jaume Balaguero. Emouvant, sensible et poignant, il ne présente son véritable aspect fantastique qu’à partir de son milieu de métrage, et ne devient réellement horrifique que vers son dénouement. Un final qui est d’ailleurs raté. Alors, essai isolé par un cinéaste désireux de changer temporairement de registre ou véritable tournant dans une carrière déjà bien remplie ? L’on ne peut encore savoir. Tout ce que l’on peut dire, c’est que bien que restant mineur dans la filmographie de l’auteur, Fragile est un film intéressant, qui aurait mérité bien mieux que la honteuse sortie direct-to-DVD que lui a réservé la France.

Que faut-il en retenir ?

  • Excellente ambiance
  • Construction des liens entre les personnages
  • De bons effets
  • Une réalisation efficace.

Que faut-il oublier ?

  • Scénario peu novateur
  • Une fin stupide.

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