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Critique du Film : L'Ecorché
L'Ecorché >

Critique du Film : L'Ecorché

Avis critique rédigé par Nicolas L. le samedi 1 avril 2006 à 0317

Des bois vraiment peu fréquentables

Dans un trou perdu au fin fond d’une région montagneuse et désertée des Etats-Unis, le poste du shérif s’apprête à fermer ses portes, en raison de la démission prochaine de son shérif, traumatisé par une histoire de meurtre non résolue. Cependant, ce matin, les choses évoluent, lorsque se présente devant eux un jeune homme nu, couvert de sang, et fortement désorienté.
L’Ecorché est l’histoire d’une double vengeance, un film à tiroir alambiqué qui voit une petite communauté de vivants mise au pied du mur par des morts qui souhaitent réparation. Rien de bien original jusque là, les films dans lesquels les fantômes servent de film conducteur à une enquête sont légions dans les salles obscures et les vidéothèques. L’Ecorché vaut plus en fait de par la nature de son traitement, qui remplace les spectres inpalpables par des zombies dégoulinant d’hémoglobine, et le suspense gothique par le gore traumatisant.
Grâce à ce choix peu commun, l’œuvre fait dans sa première heure preuve d’une excellente narration qui plonge le spectateur plus qu’intrigué dans la perplexité. Qui est ce jeune homme ? Quel est le mystère qui entoure cette région aux multiples disparitions ? Le réalisateur donne les clés très lentement, une à une, avec une lenteur graphique qui nous renvoie directement aux films de zombis, une astuce qui nous leurre longtemps sur la nature exacte du jeune homme nu.
Bien sûr, de nombreux artifices sont quelques peu poussés, comme cette histoire de couteau disparu difficilement justifiable, ce ‘’red haring’’ trop voyant en la personne d’un chasseur cynique et omniprésent – il va finir par payer cher sa présence - et cette redondance un peu lourde sur les errances dans les bois de policiers dépassés par les évènements qui s’obstinent à se balader seuls. Cependant, d’autres sont sacrément bien amenés, notamment cette faculté médiumnique du contact sanguin qui donne l’occasion de flash back bien tordus et cette séquence de l’autobus, dans lesquels l’impuissance des témoins est cruellement mise en image.
A partir du moment où le pot aux roses est dévoilé, cela se passe beaucoup moins bien. Le cinéaste abandonne l’univers de Clive Barker et fait assurément le mauvais choix – ce n’est qu’un avis personnel, bien entendu. Avec cette sorte de Norman Bates féminin qui a atteint un stade ultime de folie en raison d’une double disparition mal vécue, Sheldon Wilson essaye de nous offrir un film à la Dario Argento, un giallo horrifique déviant dans le fantastique. On a droit à des plans de tueurs masqués armés d’un couteau et des séquences de bazar de l’épouvante bien fournis en maquillages convaincants. Hélas, l’intrigue dévoilée, l’intérêt tombe d’autant plus rapidement qu’elle se trouve être plus que banale, et même démesurément faible par rapport à la rudesse des séquences qui en découlent. Tout cela pour ça ? Aurait-on tendance à se dire…
Et ce que n’est pas le twist final, un effet surprise à peine digne d’un slasher de troisième zone qui va rattraper cette deuxième partie bien faible par rapport aux promesses entrevues lors de la première heure.
Au niveau des effets spéciaux, il faut d’abord signaler que l’Ecorché est un petit budget, dans la même veine – si j’ose dire – que le délirant Cabin Fever de Eli Roth. Si on part sur cette idée, on en arrive à la conclusion que les effets gore et les maquillages sont plus que concluants, même si le sang médiumnique manque un peu de tenue au fil des plans. On dirait parfois du sirop d’érable… L’ensemble reste cependant plus que correct.
De même que l’interprétation. Tous inconnus, pas de bimbos décérébrés, un shérif qui se la joue peut-être un peu trop chien battu mais qui est en général plus que convaincant dans les scènes de révélation, et deux adjoints pas très téméraires et naturels. Cette fragilité des humains en du reste mise en exergue par une excellente mise en scène de Sheldon qui utilise la caméra comme l’œil d’un rapace qui tournerait lentement, très lentement, autour de sa proie. Pas d’esbroufe, ni de steady cam déchaînée. Juste une observation latente omniprésente – en dehors de séquences de flash back, plus rythmés, à la manière d’électrochocs.

La conclusion de

L’Ecorché est un film inégal. Génial en son début, il reste captivant durant une bonne partie du métrage, avant de s’écrouler irrémédiablement comme un soufflet dans la dernière demi-heure. Les effets spéciaux sont corrects, le gore est saisissant, les acteurs sont bien mis en valeur et pas ridicules et la réalisation tend à démontrer que le jeune Sheldon Wilson – qui en est également le scénariste - est un cinéaste à suivre de prêt. Il s’agira pour lui de confirmer dans K.A.W., un film de science-fiction annoncé pour cette année.

Que faut-il en retenir ?

  • Un mystère bien entretenu et une intrigue captivante
  • Les effets gore
  • Une réalisation efficace et maîtrisée
  • Une interprétation correcte

Que faut-il oublier ?

  • Une dernière demi-heure décevante
  • De nombreux artifices inutiles
  • Le twist final, ridicule

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