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Critique du Film : Cujo
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Critique du Film : Cujo

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 6 mars 2006 à 0754

Le Chien des Enfers

Cujo est un brave toutou, un débonnaire Saint-bernard qui s’amuse à courser des lapins dans les bois et à jouer avec le jeune fils de la famille Camper, qui l’a recueilli. Oui, mais voilà, depuis peu, Cujo est malade. Mordu par une chauve-souris enragée, il perd progressivement le contrôle de lui-même et se voit soudainement pris de pulsions meurtrières… Au même moment, un peu plus loin, cela ne va pas fort non plus du coté de la famille Trenton. Le très jeune Tad est sujet à d’éprouvantes terreurs nocturnes, la mère, Donna, a été pratiquement surprise en flagrant délit d’adultère et vit très mal sa culpabilité, et Vic, le père, en plus d’avoir la désagréable surprise d’apprendre qu’il est cocu, voit son emploi menacé par un scandale médiatique… C’est alors que des destins vont se croiser…
Dans Cujo, le roman, Stephen King, s’amuse à glisser progressivement l’horreur dans le quotidien. Il commence tout d’abord par l’horreur psychologique, la misère sociale et la crise domestique pour ensuite projeter le lecteur dans l’horreur charnelle et la douleur physique. Bien avisé de cet aspect, Lewis Teague, un réalisateur de série B pourtant bien peu réputé, se lance avec courage dans une véritable retranscription de l’œuvre, plus qu’une adaptation, en essayant de reporter à l’écran l’atmosphère si banale et pourtant si malsaine qui plane dans le livre. Il y parvient de plusieurs manières.
Tout d’abord, il décide de ne pas négliger la mise en place de l’intrigue en s’attardant très longuement sur la présentation des personnages. On voit d’abord Cujo, mordu au début du film, et qui, seul dans son coin, vit lentement et douloureusement sa transformation, le tout de façon parfaitement synchrone avec le processus de dégradation de l’harmonie fragile qui entoure la famille Trenton. Puis Teague se penche également avec sadisme et voyeurisme (la manière bestiale et sans affection avec laquelle l’amant ‘’baise’’ vulgairement Donna derrière la fenêtre est l’un des moments révélateurs) sur les secrets d’une famille banale. On assiste à l’implosion discrète et feutrée du bonheur de Donna Trenton, qui n’a cédé aux avances de son amant que pour un simple et futile plaisir sexuel, car comme elle avoue elle-même : j’ai un enfant exceptionnel et un mari exceptionnel. Une culpabilité forte qui devient obsessionnelle, la jeune épouse ne parvenant pas à se pardonner d’avoir succombé à ses pulsions primaires.
Clé de voûte du ménage Trenton, le petit Tad agit comme un véritable paratonnerre, absorbant toutes les incertitudes et les angoisses de ses parents. Ce fameux monstre, peut-être n’est-il finalement que le symbole du chaos qui menace cette famille jusque là harmonieuse, le porte-parole de l’explosion familiale à venir. A moins que cela ne soit le lointain grondement de Cujo. Car qu’est-ce donc que ce chien, à part le symbole d’une manifestation démoniaque ? L’animal enragé commence d’ailleurs par éliminer deux affreux bonhommes ; un voisin odieux et malsain, puis son maître, qui comptait profiter de l’absence de sa famille pour aller jeter son fric à Boston, au milieu d’alcool et de putes.
Son mari absent pour quelques jours, Donna va se retrouver seule face à sa culpabilité, seule face à ses démons, seule face à Cujo. Entraînée dans cette cour désertée par un enchaînement peu crédible de concours de circonstances (on le devine peu naturel), elle apparaît comme dans une arène, où une cour de tribunal, avec comme seule témoin le fruit de sa chair qui s’atrophie comme un vieux fruit desséché. Le film bascule alors dans l’horreur, une horreur graphique mais aussi psychologique, Donna assistant impuissant à la longue agonie de son fils, son ultime rempart contre la folie.
La partie de huis-clos qui se déroule dans cette vieille cour de ferme est extraordinairement mise en scène, notamment grâce à un montage excellent qui met en exergue toute la folie qui aliène le cerveau de Cujo. Certaines scènes sont très fortes. L’attaque de l’animal sur les portières de la voiture, qu’il finit par exécuter à grand coup de tête dans la tôle, est une des séquences les plus terribles, qui démontre la totale détermination de l’animal. On sait désormais qu’il ne cédera jamais, dû t’il en mourir. Le Saint-bernard, parfaitement dirigé, est d’ailleurs très impressionnant, couvert de sang, boue et de pus, la gueule écumant de rage et les yeux injectés de sang. Une véritable créature surgie tout droit des Enfers.
A l’intérieur de la voiture, on sent que Donna vit cette expérience comme une punition divine, et ses quelques sorties se soldant par autant de douloureux échecs, elle se soumet avant de réagir lorsqu’elle se rend compte que ses fautes vont même lui coûter son enfant, qui agonise, en pleine déshydratation. Elle décide alors d’agir et de prendre ses responsabilités pour aller affronter Cujo, la métaphore de ses démons. Il est dommage que Lewis Teague est dû changer la fin de son film par rapport à celle du roman. Les retrouvailles un peu mièvres de cette famille, à nouveau unie, sur les escaliers de cette ferme sentent vraiment le convenu hollywoodien. Cet happy end gâche un peu l’esprit du film en délivrant un message un peu déplacé : toute faute peut être pardonnée, à la condition d’en payer le prix. Mouais, si on veut…

La conclusion de

Sorti en salle la même année que Christine, Cujo a eu un succès bien moindre. Et pourtant, je trouve que ce film est largement supérieur à l’adaptation de John Carpenter (un réalisateur que j’adore pourtant)). Tout d’abord, j’ai fortement apprécié la fidélité de la mise en scène de Lewis Teague par rapport à l’œuvre originelle, au niveau purement narratif comme au niveau psychologique. Ensuite, j’ai été littéralement subjugué par le siège de Cujo autour de la voiture. Là, il ne s’agit pas d’une création de synthèse ou d’un effet spécial en animatronique, mais d’un animal dressé et dirigé de manière admirable. Il en ressort une formidable sensation de réalisme, notamment lorsque l’animal se mutile en essayant d’atteindre en vain ses proies. Un film qui marque les esprits.

Que faut-il en retenir ?

  • Cujo, très impressionnant
  • Une excellente adaptation
  • Interprétation de qualité
  • Des séquences très violentes et hystériques.

Que faut-il oublier ?

  • Une fin incongrue
  • Quelques longueurs dans la mise en place.

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