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Class 84 >

Critique du Film : Class 84

Avis critique rédigé par Nicolas L. le mardi 3 janvier 2006 à 10:36

Guerre au lycée

Un jeune professeur de musique, Andrew Norris, obtient un poste d’enseignant dans le lycée Abraham Lincoln. Arrivé sur place, il se rend vite compte de l’insécurité qui règne dans cet établissement vétuste, mal équipé et aux murs couverts de graffitis. La principale cause d’inquiétude qui se dégage du lycée vient en fait, plus précisément, d’une bande de jeunes loubards ; un groupe de punks dirigé par Peter Stegman. Se faisant remarquer par son attitude, le jeune professeur est alors la proie de ce gang ; ses élèves sont ennuyés, sa voiture est dégradée et la situation se détériore progressivement jusqu’à ce que sa femme soit victime d’un viol. Fou de douleur, Andrew Norris décide qu’il est temps de mettre fin à de tels agissements. De la manière la plus radicale qui soit…
Dans les années 80, la sortie en salles du film Class’ 84 provoqua un véritable remous médiatique qui ne manqua pas, d’ailleurs, de le propulser à la tête du box office du marché vidéo. Si le déchaînement de violence choqua, la plus grande levée de bouclier concerna l’accusation d’œuvre réactionnaire – au même titre que les Inspecteur Harry et les Justiciers dans la Ville – qu’eut à porter le film de Mark Lester.
En fait, le film se voulait plus un constat de la dégradation des conditions scolaires américaines, ainsi que la perte de cette indispensable sérénité nécessaire aux lycéens dans le cours de leurs études, qu’un véritable encouragement à la vengeance. Malheureusement, le phénomène étant encore relativement neuf à l’époque et encore concentré dans les zones dites sensibles (les quartiers blacks, quoi), les réactions furent diverses et parfois sévères. Bon, c’est vrai que dans le style provoc, Mark Lester frappe assez fort. Dans Class’84, on a droit à la totale ; drogue, vandalisme, violence caractérisée, racket, puis finalement viol et meurtre… Une véritable descente aux enfers qui paraissait à l’époque, à la majorité des citoyens, une utopie réactionnaire.
Pourtant, le cinéaste frotte les foules dans le sens du poil. Très manichéens, le film représente les lycéens respectables sous les traits de l’américain moyen typique, issu de la petite bourgeoisie anglicane, et les vilains pas beaux dans les fringues en cuir de gosses issus de familles à problèmes. Seul le cas de Peter Stegman est un peu particulier. Ce meneur est en fait un véritable personnage double, une entité schizophrène, qui, parfaitement adorable dans son confortable cadre familial, devient un véritable démon lorsqu’il pénètre dans l’univers scolaire. Jouant sur les deux tableaux, il n’en devient que plus terrifiant et son attitude inacceptable et incompréhensible amène un climax de folie furieuse dans le film.
Bien que Class 84 souffre de nombreuses exagération et de personnages vraiment trop stéréotypés et manichéens, le cinéaste Mark Lester est à l’aise avec son affaire et il nous livre un véritable thriller horrifique de vision encore très agréable aujourd’hui. Traitant d’un sujet délicat et encore d’une désolante actualité, il instaure progressivement une atmosphère d’angoisse et de crainte, le film passant lentement du cadre du film dramatique à celui du film d’horreur. Les exactions du groupe deviennent de plus en plus violentes jusqu’à ce que les jeunes punks empruntent la voie du meurtre et par conséquent celle du non retour.
Les vingt dernières minutes de métrage sont apocalyptiques et extrêmement violentes pour l’époque et c’est probablement cette histoire de revanche furieuse qui a marqué les esprits contemporains. Cela n’a plus grand-chose à voir avec le début du métrage, comme si les personnages étaient projetés dans un autre monde, un purgatoire ou chaque individu se retrouve devant ses responsabilités, ses fautes et ses démons.
Dans les rôles principaux, c’est le très charismatique Perry King qui a le rôle le plus délicat, celui de passer de l’état d’un humble professeur de lycée à celui d’ange de la vengeance. On a le plaisir de voir aussi le regretté Roddy McDowall dans la peau d’un professeur terrorisé. A noter également la présence du débutant Michael J. Fox dans le rôle du jeune Arthur. Du coté des méchants, des acteurs de série B confirmés comme Timothy Van Patten, Stefan Arngrim et Lisa Langlois – vraiment très jolie en punkette – sont dans le ton et donnent vraiment un cachet ‘’too much’’ très années 80 au film. Effet un peu classique appuyé par l’excellente musique de Lalo Schiffrin et les chansons d’Alice Cooper.
En plus de variations bâties sur le même thème à travers la série de film The Substitute, Class 84 connut trois séquelles. Tout d’abord, un remake plus que moyen et inutile intitulé Class 89, puis le tonitruant Class 99 – avec Malcom McDowell, Pam Grier et Stacy Keach -, et enfin, pour finir, le navrant Class 2001.

75

Class 84 est un excellent film d’action horrifique portant haut les couleurs des années 80, si riche en séries B violentes et exutoires. Bien réalisé par un cinéaste chevronné et consciencieux, et interprété de manière convaincante par des comédiens talentueux, il mérite grandement, malgré quelques défauts mineurs, d’être découvert ou redécouvert.

Critique de publiée le 3 janvier 2006.

Que faut-il en retenir ?

  • Sujet délicat et d’actualité
  • Réalisation habile et efficace
  • Violence exacerbée
  • Interprétation de bonne qualité

Que faut-il oublier ?

  • Personnages stéréotypés
  • Œuvre réactionnaire ?
  • Aspect parfois kitch qui peut faire sourire.

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