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Critique du film : Maximum Overdrive [1986], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le lundi 3 octobre 2005 à 09h42

Beau comme un camion, et alors ?...

Lorsque la Terre se retrouve plongée dans la queue d’une comète, des étranges phénomènes se produisent. Parmi eux, on assiste notamment à la révolte de certains de nos appareils domestiques et de transport, qu’ils soient électriques ou à combustion.
C’est sur ce pitch hautement improbable que Stephen King construit son premier film. Après avoir présenté les personnages au travers de différentes introductions séparées (plus ou moins réussies), de la même manière que la construction de ses livres d’ailleurs, il réunit tout ce beau monde dans le Dixie Boy, une station service assiégée par des camions rebelles et belliqueux.
Et c’est dans cet endroit, que l’on assiste, durant 1h30, aux mésaventures de ces personnages aux caractères, il faut bien le dire, très stéréotypés. Il y a tout d’abord le patron, un businessman réac et sans scrupule qui embauche des délinquants en liberté conditionnelle pour mieux les asservir, Roda, la serveuse un peu hystérique sur les bords, un couple de jeunes mariés dont l’époux se sent une âme de héros, un vendeur de bibles obsédé et mal élevé, un adolescent soudainement orphelin, une jeune autostoppeuse très ‘’moderne’’ et enfin le héros, un jeune délinquant au look de James Dean, qui va tout faire pour essayer de sortir l’équipée du pétrin. A tout cela, il convient d’ajouter quelques seconds couteaux et figurants chargés d’assurer les effets gore, très sages cependant.
De l’autre coté de la cour s’agitent et manifestent les camions, camionnettes et autres utilitaires, les véhicules personnels restant curieusement fidèles à leur conducteur. On devine en cette horde sauvage un leader, un semi-remorque de farces et attrapes dont la calandre avant est ornée d’un inquiétant masque de clown qui n’est pas sans rappeler le visage de la créature de Ça - il y en a qui y ont vu le Bouffon vert. Comme des indiens harcelant un convoi de chariots bâchés, les camions tournent autour de la station service, vrombissant et klaxonnant sans cesse, et écrasant quiconque essayerait de s’échapper de ce traquenard. Puis vient le moment où ces colosses d’acier se retrouvent sans carburant.
C’est à cet instant que l’on assiste à la seule séquence intéressante de ce film d’une terrible monotonie. La négociation musclée entre les deux partis – ou plusieurs personnes y perdent la vie, camions compris – et la déchéance des humains qui se retrouvent réduits à un rôle de barmaid de tripot rempli de gros bourrins suants de testostérone. On assiste, amusé, au défilé de dizaines de véhicules venant se ‘’désaltérer’’ aux pompes, servis par des personnages épuisés par la tâche et dégoûtés de leur condition. Malheureusement, ce moment assez jubilatoire est gâché par des plans ridicules (comme le face à face entre Estevez et un camion) et de plus, il ne dure pas longtemps.
King repart ensuite dans le routinier en nous offrant une fuite sans suspense, par les égouts, qui s’achève par une croisière salvatrice. Pour clore le film, on nous apprend que des satellites (comment ? Ils fonctionnent encore ?) ont détruit un ovni, caché dans la queue de la comète.
Maximum Overdrive est un film écrit et réalisé par un Stephen King qui veut s’essayer au métier de cinéaste. Bénéficiant de moyens convenables, de la présence de Emilio Estevez (le frère de Charlie Sheen, qui est très en vogue à l’époque), et de la participation de AC/DC pour la musique, l’écrivain se lance sans filet dans l’aventure sans se rendre compte que, dés le départ, il n’a pas assez de matière pour construire son projet correctement. Ce scénario trop léger en main, il enchaîne les plans avec une régularité métronomique, sans aucun effet de montage entre chaque scène, hormis un fondu de temps en temps. C’est morne, sans rythme et sans aucun suspens. Ainsi, comme le contenu est aussi vide qu’une calebasse et que l’emballage est très loin d’être du Michael Bay, on assiste, à demi assoupi, à cette ronde interminable digne du salon du camion (si cela existe). Cependant, le pire, ce n’est pas d’assister à ce manège soporifique entrecoupé de temps à autres par un tir de roquette, mais c’est de se rendre compte du ridicule de certaines scènes. Notamment les dialogues entre les véhicules et les humains (avec les machines qui répondent en morse). On n’est vraiment pas loin d’Ed Wood sur le coup. Si King avait été conscient du problème (ne m’inquiétez pas, ne me dites pas qu’il l’était !), il se serait peut-être orienté vers le gore qui tache, surtout que l’humour qu’il distille dans le film est assez potache - comme la séance du couteau électrique achevé au marteau ou le mitraillage de canettes de coca. Mais non, faisant fi de cette possibilité (cause de la censure ?), il continue, la tête dans le guidon, d’essayer de construire un film d’horreur basique. Et il se vautre complètement.
J’ai déjà parlé de la réalisation, en manque totale d’inspiration, et du manque des effets horrifiques (les rares sont d’ailleurs très furtifs) qui, au moins, auraient entraîné des ahhh ! et des beurks ! plutôt que les ronflements du spectateur. Je voudrais dire aussi que je regrette également que Stephen King n’est pas laissé un peu plus délirer les comédiens. Lorsque l’on s’entoure de gueules de série B comme Emilio Estevez (génial dans Repo Man) et de Pat Hingle, on essaye d’en profiter. Pour son premier film, il aurait peut-être du demander l’assistance d’un bon assistant réa.

La conclusion de à propos du Film : Maximum Overdrive [1986]

Nicolas L.
30

Construit à la manière d’une comédie de série Z à la Troma, Maximum Overdrive n’en possède pas du tout les délires. Tout simplement parce Stephen King ne voyait sûrement pas le film comme tel. Aussi, sur un scénario stupide et inconsistant, il essaye de construire une œuvre horrifique, matinée d’humour, dans la grande tradition des Retour des Morts-vivants par exemple. Finalement, il échoue lamentablement dans l’exercice. A aucun moment le film n’est terrifiant, ni même inquiétant, et les seuls rires qui nous échappent sont provoqués par le ridicule de certaines situations.

Que faut-il en retenir ?

  • Musique d’AC/DC
  • Emilio Estevez, acteur rare.

Que faut-il oublier ?

  • Réalisation morne
  • Aucun suspens
  • Peu d’effets horrifiques
  • Scénario stupide
  • Personnages sans consistances.

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