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Critique du Film : Bruiser

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 15 septembre 2005 à 09:50

Un film sans visage et sans âme

Henry Creedlow (Jason Flemyng) travaille chez Bruiser (litt. Cogneur), un magazine de mode, mais il est très loin d’en être un, de cogneur. Personnage gentil, voir effacé, il vit une existence morne et frustrante, soumis aux ordres d’un patron tyrannique et érotomane, et méprisé par sa femme, Janine, une magnifique garce brune. Et en finalité, son seul but dans la vie est de travailler d’arrache-pied afin de réunir assez d’argent pour achever la construction de sa maison.
Seulement, Henry commence à déprimer, il est sujet à des crises de violence, qui pour le moment, ne se déroulent qu’au fond de son imagination. Trop lâche pour agir, il hésite encore à prendre les choses en main. Et il continue, jour après jour, à se faire humilier par son patron, voir même être tout simplement ignoré par ses collègues.
Cependant, des évènements vont faire évoluer les choses. Tout d’abord, il commence à douter de l’honnêteté de son meilleur ami et partenaire financier, puis, lors d’une soirée, il aperçoit sa femme en plein ouvrage, s’appliquant à faire une gâterie à Milo Styles (Peter Stormare) le patron de Bruiser. Le retour au domicile conjugal est assez houleux et Janine abandonne Henry devant la maison, puis elle file chez son amant.
Le lendemain de cette soirée éprouvante, Henry constate avec horreur que son visage a laissé la place à un masque totalement blanc. Déstabilisé, il voit alors sa gouvernante voler dans ses affaires personnelles il la tue dans un accès de rage. L’homme timoré et peureux laisse alors la place à un individu en colère.
Il va d’abord régler son compte à sa femme, la défenestrant après l’avoir surpris dans une partie de jambes en l’air, puis il va éliminer son ami, qui a détourné une grosse partie de son argent. Enfin, pour finir, il va mettre fin de manière spectaculaire à l’existence de son patron, afin de pouvoir libérer son épouse, une femme dont il a toujours été épris.
Sa vengeance achevée, il retrouve alors son visage et il parvient à échapper à la police. Il peut alors entamer une nouvelle vie.
La première partie du film est placée sous le signe de la monotonie, de la platitude, avec une réalisation nonchalante afin de bien appuyer la morosité de la vie du héros et l’état anesthésié de son esprit. Seules quelques scènes un peu gore, reflet de la révolte essentiellement psychologique du personnage principal, viennent rompre ce rythme soporifique. Cette partie essaye en fait de justifier le violent passage à l’acte de Henry qui subviendra plus tard. On le voit ainsi, dans l’ordre, se faire engueuler par sa femme, emmerder par son caniche, chahuter par son ami, ignorer par l’élu de son cœur, chambrer par son patron, et envoyer paître par son banquier. Evidemment, tout cela sans une seule réaction de sa part. Finalement, il faut l’avouer, même si le concept est intéressant, on trouve un peu le temps long et on s’ennuie passablement à observer les agissements de personnages très caricaturaux comme le patron de Bruiser qui est un concentré des tous les défauts possibles. Bref, on sent venir le coup, c’est très insistant – on a compris au bout de dix minutes qu’il se considérait comme inexistant – et finalement assez lourd.
Après la séquence de la soirée, on assiste au changement tant espéré. Se réveillant avec ce masque blanc – que l’on devine plus métaphorique et psychologique que réel – le héros décide de reprendre les choses en main en usant de la violence. Débarrassé des traits que lui a attribué son existence sociale et organique, il est libéré de son carcan identitaire. Il lui vient alors à l’esprit qu’en plus de son visage, son passé peut être effacé. Il décide d’abord de se débarrasser physiquement des personnes qui l’ont blessé, et empêché de s’épanouir. En fait, avec ce nouveau ‘’film’’, George Romero nous embarque ni plus, ni moins, dans une simple histoire de vengeance.
Le héros tue d’abord les déceptions de sa vie (sa femme et son ami) puis joue les anges exterminateurs (déguisé en fantôme de l’opéra) en essayant de soulager celle qu’il aime, réellement, du poids de son mari. Les deux premiers meurtres sont tout ce qu’il y a de banal et plat, on se croirait dans un Derrick, et le dernier sombre dans le n’importe quoi, accompli dans une boîte de nuit remplie d’hystériques et d’obsédés sexuels. Romero devrait nous expliquer la fonction de ce laser de club hyper puissant, à part celle d’exploser la tête des noctambules.
Durant toute cette deuxième partie, Henry est poursuivi par la police, dont le chef est un inspecteur débonnaire qui se prend un philosophe ; on ne sait jamais qui se cache derrière un masque, déclare t’il un moment en fronçant les sourcils. Evidemment, comme c’est un flic cool, il est très mou lorsqu’il s’agit d’attraper le héros devenu criminel, et il n’interpelle même pas, à la fin, sa complice. Il a sûrement mieux à faire, comme se relire Confucius.
Même dans la deuxième partie, le rythme ne décolle pas. De plus, comme l’histoire part en eau de boudin, on cesse même de s’intéresser à l’intrigue, qui n’avance plus, faute d’arguments. Au final, on a l’impression d’observer les agissements de Darkman piqué par la mouche tsé-tsé.
Durant la première partie, Jason Flemyng est bon, vraiment le rôle de l’emploi sans trop en faire, mais il sombre ensuite en même temps que le film. Il est vrai, qu’avec un masque… Nina Garbiras, qui interprète le rôle de sa femme, est dotée d’une plastique superbe (dans le même style que Christina Applegate, c’est dire) et est parfaite dans le rôle de la garce odieuse, égocentrique et cruelle. Par contre, Peter Stormare qui incarne le patron, surjoue à vouloir trop en faire, et il en devient rapidement agaçant.

35

Une œuvre de Romero est trop rare pour être ignorée. Bruiser, à sa sortie, a donc attiré toute mon attention, notamment lorsque j’ai appris que le rôle principal était interprété par l’excellent Jason Flemyng. Le résultat final est, hélas bien en deçà des capacités du cinéaste. L’histoire est banale, le traitement aussi, et la l’intrigue soutenue est trop succincte pour assurer la durée d’un long métrage. Ce qui, au final donne une œuvre médiocre et bien peu passionnante.

Critique de publiée le 15 septembre 2005.

Que faut-il en retenir ?

  • Une œuvre de Romero
  • Une interprétation agréable

Que faut-il oublier ?

  • Scénario un peu ‘’léger’’
  • Réalisation propre mais sans génie
  • Manque de suspense

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