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Rencontre avec...

Publié il y a 8 ans par Lujayne M.

Bernard Simonay

Bernard Simonay est l'un de ces auteurs français touche à tout : thriller, roman historique, fantastique... Au niveau de la Fantasy, il est notamment connu pour son cycle des Enfants de l'Atlantide, narrant le lointain passé de la Terre, et le cycle de Phénix, racontant son lointain futur...
Aujourd'hui, SFU est heureux de vous proposer une interview exclusive de l'auteur, dont le dernier livre, publié en Janvier, la Vallée des Neuf Cités, est une préquelle à Phénix...
SFU : Tout d’abord, parlez-nous un peu de vous...
Bernard Simonay : Je n’aime pas trop parler de moi. Je suis un personnage ordinaire. 56 ans, marié, trois enfants, trois chats, deux chattes envahissantes et une chienne pleine de poils et dégoulinante d’affection. J’oubliais le cochon d’Inde bavard et les poissons qui le sont beaucoup moins. C’est à peu près tout.
SFU Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ?:
B.S. : Quand j’étais gamin, (9-10 ans) je voulais faire du cinéma, écrire des scénarios et réaliser mes films. Mais le monde du cinéma me semblait complètement inaccessible. Alors, j’ai commencé à écrire les histoires que j’avais en tête. Et je suis tombé amoureux de la langue française.
SFU : Comment se passe une journée de travail « type » ? Comment trouvez-vous l’inspiration ?
B.S. : C’est tout simple. Je me mets devant mon ordinateur et, par l’esprit, je me plonge dans le monde du roman que je suis en train d’écrire. Je regarde ce qui se passe. Et je décris ce que je vois et ce que je ressens. J’écris le matin et l’après-midi, parfois le soir. Il n’y a pas de règle. J’écris quand j’en ai envie. Quant à l’inspiration, c’est un grand mystère. On ne sait pas d’où elle vient. Les idées surgissent comme ça. C’est une sorte d’état de grâce. Mais quelquefois, il ne se passe rien.
SFU : Quels sont vos auteurs favoris ? Quels films avez-vous aimé dernièrement ?
B.S. : Mes auteurs favoris sont nombreux. En ce moment, je dévore la trilogie de Millenium, du Suédois Stieg Larsson. Génial. J’ai bien aimé l’élégance du Hérisson. Je suis aussi en train de relire les Misérables de Victor Hugo. Je suis très éclectique. Mais je reconnais avoir été très influence au début par René Barjavel (La Nuit des Temps, les Dames à la licorne), et Robert Merle (Fortune de France, les Hommes protégés, Maleville) Je ne suis pas allé beaucoup au cinéma dernièrement. J’ai vu Benjamin Gates et la Croisée des mondes. Très bons moments, surtout le deuxième. Mais pas Astérix !
SFU : Qu’est-ce qui vous a donné l’idée de Phénix ? Pensiez-vous écrire tant de romans dans cet univers ? B.S. : A l’origine, l’idée est venue d’une scène d’un film qui s’appelle les mariés de l’an II , avec Jean-Paul Belmondo et Marlène Jobert. Dans ce film, les relations existant entre deux chouans, frère et sœur, sont pour le moins ambiguës. C’est à partir de là qu’est né Phénix. L’idée de base était d’écrire un roman parlant d’un amour incestueux entre un frère et une sœur. Sujet scabreux et difficile à traiter. Surtout que je voulais qu’il se termine bien. Impossible en restant dans le domaine réel. Je suis donc passé dans la dimension imaginaire. Phénix a été construit à partir d’un univers qui s’est précisé au fil des années. J’ai mis cinq ans à l’écrire. Il faut préciser que j’avais d’autres activités. J’ai commencé une suite avant même qu’il soit accepté par un éditeur. A l’époque, je ne croyais pas que je pourrais être publié. Très vite l’univers de Phénix m’est apparu très complexe, et d’autres idées me sont venues. Le projet de la Vallée des neuf cités est ancien. D’ailleurs, à la fin de la Malédiction de la Licorne (dans les annexes), ce projet est déjà cité, sous le titre « le roman de Lakor ». Mais il y en a d’autres, qui ne sont pas encore écrits, et qui figurent déjà dans ces annexes.
SFU : Parlons aussi de votre autre série fantastique, « les Enfants de l’Atlantide ». Peut-on imaginer que les deux séries sont liées ? Je veux dire, l’une se passe dans un lointain passé de la Terre, l’autre dans son lointain futur : Peut-on imaginer que les Titans sont encore là après le « Jour du Soleil » ?
B.S. : Tout à fait. Les deux séries sont liées. Dans l’Archipel du Soleil, Anéa évoque la venue, dans un futur très lointain d’un couple aux pouvoirs fantastiques. Il s’agit bien sûr de Dorian et Solyane. Mais ce lien est plus un gag d’auteur qu’un projet sérieux reliant, par exemple, les deux séries dans un roman commun. Quant aux Titans, il est précisé dans le Secret interdit qu’ils sont repartis sur leur planète d’origine, dans un univers parallèle. En laissant les Humains se débrouiller tout seuls.
SFU: Toujours au sujet des Enfant de l'Atlantide. Les deux derniers toma, la Terre des Morts, et le Secret Interdit, semblent relater deux fins différentes de cette saga : dans l'un, Astyan retrouve les Titans dans une Terre Parallèle, alors que dans l'autre, à notre époque, il ne les a toujours pas retrouvés... Pouvez-vous nous en dire plus ?
B.S. : Il n'y a pas deux fins différentes. Simplement, dans la Terre des Morts, Astyan retrouve ses frères titans sur un monde parallèle, mais il les ramène avec lui sur la Terre, où ils donnent naissance à diverses légendes. Il y aura un cinquième tome (dans quelques années), qui cloturera la saga, et dans lequel Astyan retrouvera Anéa, la seule titanide qui manque encore. Ensuite, les Titans décideront de ne plus se mêler de la vie des Humains et quitteront la Terre pour gagner la planète de leurs ancêtres, ceux qui leur donne vie dans l'Archipel du Soleil.
SFU : Vos écrits sont plutôt engagés, on sent que vous bouillez devant notre société actuelle, devant ce qui se passe dans le monde. Pensez-vous pouvoir faire bouger les choses, à votre niveau ? Qu’avez-vous envie de dire à nos dirigeants ?
B.S. : Si j’étais seul, mes écrits n’auraient aucun effet. Heureusement, un grand nombre de personnes réagissent devant l’absurdité du comportement humain. Mes romans ne sont que des grains de sable, ou des gouttes d’eau, si vous préférez. Mais j’ai le moyen, à travers ma plume d’amener mes lecteurs à réfléchir. C’est très peu, mais c’est mieux que rien. Et lorsqu’ils s’ajoutent aux efforts que font les autres, chacun à leur niveau, cela finit par faire avancer les choses. Quant à nos dirigeants… je préfère ne pas en parler, je risquerais de devenir grossier !
SFU : Que pensez-vous de l’internet ? Croyez-vous que les gens vivent de plus en plus dans le virtuel, ou est-ce un outil de communication permettant d’élargir son horizon et de rencontrer des gens ?
B.S. : C’est comme toutes les inventions humaines. Tout dépend de la manière de s’en servir. Certains passent des heures sur des sites pornos, d’autres s’investissent dans des mondes virtuels et mènent dans l’imaginaire la vie d’un héros de roman. Enfin, on peut utiliser l’internet comme un outil de recherche et de communication. C’est ce que je fais. Mon site me permet des échanges sympathiques avec mes lecteurs. Ceux qui utilisent l’internet pour d’autres raisons ne me gênent pas. Chacun est libre de mener sa vie comme il lui convient. Les seuls qui m’agacent sont les sinistres crétins qui fabriquent des virus.
SFU : Vous avez écrit des romans dans de nombreux genres (Thriller, historique, fantastique). Les éditeurs reçoivent-ils de la même façon un polar ou un roman fantastique ? Pensez-vous que la Fantasy/SF est un genre quelque peu déconsidéré en France ? Les choses sont-elles en train de changer ?
B.S. : Les éditeurs suivent leurs lignes éditoriales. Sauf exception, on ne proposera pas un roman fantastique à un éditeur qui publie des romans de terroir. En ce qui me concerne, j’ai toujours refusé de rester enfermé dans un genre donné. Cela n’a pas été facile à faire admettre à mon premier éditeur, mais c’était comme ça et pas autrement ! Sinon, je m’adressais ailleurs. Je précise que j’écris d’abord pour moi, par plaisir, et il est hors de question pour moi de suivre une mode ou d’écrire un roman de commande. L’écriture doit rester un plaisir. J’ai eu la chance d’être suivi par mes lecteurs, qui, à l’inverse de ce que pensait mon éditeur, adorent qu’on les emmène à chaque fois dans des univers différents. Même si parfois ils sont dépaysés. Cependant, je dois reconnaître que je suis une exception à cause de ça. La plupart des auteurs écrivent dans un genre donné et s’y tiennent parce que leurs éditeurs le leur demandent. Ce que les éditeurs n’ont pas compris, c’est que les lecteurs aiment le style d’un auteur. Le genre n’est qu’un décor dans lequel il s’exprime. Mais tous les créateurs, en France, rencontrent le même problème : un chanteur ne PEUT PAS être un bon comédien, ou se mettre à peindre des tableaux. On appelle ça l’étiquette ! Quant à la littérature Fantastique, je pense qu’elle a de belles années devant elle. Les pseudos intellectuels qui se gargarisent de mots ronflants et d’idées creuses ont toujours considéré que la SF et le fantastique étaient des genres mineurs destinés à des ados un peu débiles. Ces braves gens oublient que les premiers écrits de l’Antiquité étaient des histoires fantastiques. Voir l’épopée de Gilgamesh, l’Illiade et l’Odyssée, où les dieux n’hésitent pas à venir casser la croûte avec les mortels… Et je ne parle pas de la Bible… Les romans du Moyen-Âge étaient farcis de fantastique (La légende d’Arthur, celle de l’anneau des Nibelungen…) Et bien d’autres. La littérature fantastique est porteuse de messages, de symboles. Elle permet à la fois de s’évader, de rêver, mais aussi de se poser des questions sur le monde réel. Ce n’est pas une littérature innocente. Mais à mon avis, l’élément le plus fantastique, c’est l’aventure humaine, avec tout ce qu’elle peut comporter d’extraordinaire, d’émotions, de sentiments exacerbés, de haine, et d’amour, de courage et de lâcheté, vanité et d’héroïsme. Voilà le véritable fantastique.
SFU : Pouvez-vous nous parler de votre prochain livre ?
B.S. : Je viens de terminer un roman qui se passe sous la préhistoire, il y a 7 à 8000 ans. Parution en 2009. Je commence actuellement un roman qui se déroulera au XIXème siècle. Il s’agit d’un roman d’aventure qui verra le héros quitter, à seize ans, le foyer familial pour monter tenter sa chance à Paris, à la fin du règne de Louis-Philippe. Il fera la connaissance d’une jeune femme à l’esprit inconstant, avec laquelle il vivra une relation torride et passionnée. Il découvre également l’Egypte antique à travers les récits de voyageurs et la rencontre avec des savants comme Mariotte. Pris dans la tourmente de la Révolution de 1848, il doit fuir, et se retrouve en Algérie, récemment colonisée par la France. Puis d’autres aventures le ramèneront en France, puis l’entraîneront en Syrie dans le sillage d’Abl el Kader et, pour finir, en Egypte où il deviendra trafiquants d’antiquités. Et où sa compagne vivra un destin tragique inspiré directement de la légende de la reine Nitocris, la première femme pharaon. Donc, même s’il s’agit d’un roman réaliste, il y aura une petite dose de fantastique dans cette histoire…
SFU : Merci d'avoir pris le temps de répondre à nos questions !
B.S : Amitiés à tous

Source : SFU

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  • J'ai lus la série du Phoenix et celle des enfants de l'atlantide et je peut vous dire que cet auteur est vraiment merveilleux. J'ai hâte de lire les prochains...
    Jenny, le 23 avril 2008 21:11
  • Je devore les livres depuis que je suis en age de lire. J'ai maintenant 19 ans, et je peux affirmer sans contest que Bernard Simonay est mon auteur favoris ! Il a un incroyable talent d'ecriture, qui vous transporte en tout temps et tout espace,vous laissant un gout de reve, de reflexion (par rapport aux messages transmis), meme des heures apres avoir tourne la derniere page... Merci !
    utopiadream26, le 20 mai 2008 15:50
  • Tu as réussi ce que tu as toujours désiré. C'est cette passion des livres ainsi que le hasard, ou la vie ou le destin, peu importe, qui a permis que je retrouve sur ton chemin. Je suis sincèrement ravie pour toi et te souhaite de continuer à paver ta route avec des histoires toutes plus surprenantes les unes que les autres
    Maricle, le 2 juillet 2008 11:02
  • Je pense qu'Atlantide a existé et je suis heureux de me plonger dans ce passé oublié grace a vos livres. La fiction semble si proche d'une réalitée possible. Vous me semblez bien documenté. Merci!
    artbruno, le 12 septembre 2008 13:29