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Entretien avec Yann Bruzzo

Publié il y a 10 ans par Nicolas L.

Il nous parle des Ludopathes et de Talislanta

A l’occasion du Salon du Jeu - qui s’est déroulé dans le courant du mois de septembre 2006 au parc des Expos de la Porte de Versailles - j’ai pu rencontré la sympathique équipe des Ludopathes, et plus précisément échangé quelques mots avec le volubile Yann Bruzzo. Très enthousiaste, le membre de cette jeune entreprise toulousaine m’a présenté fièrement le produit phare (et pour cause, il est pour l’instant le seul !) de leur collection : Talislanta.
Bastable : Bonjour, Yann, pourrais-tu présenter à nos internautes Les Ludopathes ?
Yann : Bonjour, je m’appelle Yann Bruzzo, je suis l’un des quatre Ludopathes, avec Alexandre Gay, Laurent Dutheil et Patrick Trempond. Je suis en quelque sorte le responsable commercial
Bastable : sous quelle forme juridique se présente Les Ludopathes ?
Yann : Les Ludopathes se structure sous la forme d’une SARL. Elle est née il y environ un an et demi et se consacre au développement du jeu de rôle Talislanta.
En fait, c’est la concrétisation d’un rêve. A l’origine, certains d’entre nous avaient déjà plus ou moins opérés dans le monde du jeu de rôle. Certains ont été traducteurs pour Hexagonal, d’autres comme illustrateurs. Personnellement, je venais d’un horizon différent. Mais, de toutes manières, nous sommes tous de gros joueurs. Et de très longue date.
Nous but était d’être avant tout indépendant, de faire quelque chose qui nous plaise, d’être acteur et décideur et non pas subir les influences d’entreprises qui, de toutes façons, n’adhéraient pas trop à notre démarche. Donc, un jour, on s’est jeté à l’eau ! On s’est dit : on a les compétences, on est suffisamment grands et beaux (rire). On était persuadé qu’il y avait un marché alors, avec des fonds personnels, sans aucune aide extérieure, on a fondé cette société qui ma foi fonctionne plutôt bien, portant un jeu qui se vend correctement. On est content car notre travail est apprécié.

Bastable : le produit phare est donc Talislanta. Mais qu’est donc Talistanta ?
Yann : Talislanta est le nom d’un jeu de rôle et d'un continent qui se trouve la planète Archaeus. C’est un jeu américain qui fut créé par Michael Sechi en 1987 que nous avons traduit et largement adapté. On a également refait la maquette et les illustrations. Talislanta traite en fait d’un monde fantastique et exotique, dit de High Fantasy, très particulier qui n’a rien en commun avec l’imaginaire de Tolkien. On n’y trouve pas d’elfes, ni de nains, etc. C’est un imaginaire plutôt adulte, sans manichéisme, qui présente également un aspect post-apocalyptique. En effet, dans le background du jeu, il y a très longtemps, il y a eu un grand cataclysme dû peut-être à une utilisation abusive de la magie (qui dans ce jeu est l’équivalent de la technologie). Le clin d’œil de l’auteur sur notre situation actuelle est évident.
Donc, à force d’utiliser la magie, de puiser dans les énergies, le monde s’est écroulé et cela a failli bannir toute forme de vie. Les survivants ont dû s’adapter, se sont divisés en une myriade de peuples et au moment on les joueurs entrent en jeu, on voit réapparaître des nations. Les peuples les plus illuminés se situent donc dans une période de renaissance, avec une redécouverte humaine, spirituelle, magique et géographique, avec une grande part d’exploration. Les possibilités sont donc nombreuses, qui vont de l’ouverture de nouveaux comptoirs commerciaux à la recherche archéologique. En passant par la découverte de peuples vivant en autarcie et très souvent hostiles aux étrangers.
Bastable : Y a-t-il une construction théologique ? Un panthéon ?
Yann : Il n’y a pas vraiment de panthéon parce qu’il y a 72 peuples jouables qui se sont souvent spécialisés pour subsister ou qui ont adapté certains instincts de survie en règles de société. Il y a beaucoup de dieux mais pas vraiment de hiérarchie établie, il y a des entités astrales, de démons, d’illuminés, d’élémentaires et de créatures planaires avec un jeu de correspondance. Dans Talislanta, la théologie est simple et peu structurée et il y a très peu d’ésotérisme. En fait, c’est très nuancé, et la voie de la vérité peut changer d’un peuple à un autre.
Cela reflète en fait le jeu, qui s’adresse à tous les types de joueurs. On peut interpréter des personnages très complexes, comme des plus simples.
Bastable : mais si tu devais classer le jeu, tu le mettrais dans quel tiroir ? Action exploration ? Exploration ? Investigation réflexion ?..
Yann : Dans l’intrigue, je dirais…
Bastable : dans le style Agone ?
Yann : oui, voilà, c’est une bonne comparaison. Effectivement, il y a le coté exploration qui est sympa, mais à chaque fois que tu explore, tu ne le fais pas en vain car en plus de nouveaux espaces tu découvre de nouvelles éruditions et de nouvelles connaissances occultes. Néamoins, l’action est présente et les combats assez violents, à base de combat et de magie.
Bastable : ce n’est pas un jeu à personnage increvable.
Yann : exactement, il faut faire très attention où l’on met les pieds. Et ce danger avantage le coté role-play.
Bastable : c’est destiné donc à des rôlistes plutôt expérimentés.
Yann : je pense que des jeunes peuvent y jouer car, sur le fond, il y a une approche très américaine, très ingénue, sur laquelle nous avons rajouté une dimension plus adulte qui devrait séduire les vieux briscards. En définitive, les joueurs expérimentés pourront exploiter plus à fond les possibilités du jeu de rôle, dans le sens strict du terme.

Bastable : j’ai presque l’impression que tu me décris Lyonesse…
Yann : J’y ai joué à Lyonesse. Un excellent jeu.
Bastable : quelle est la mécanique de jeu ?
Yann : c’est un système D20 mais pas le D20 System (sourire). C’est le vieux système de Talislanta, qui à une époque où le simulationnisme faisait fureur (1987), surprit par sa simplicité avec une table de résolution universelle qui met en probabilité une caractéristique par rapport avec une action. Cette table favorise plus les réussites que les échecs. On a choisit de garder le système car on trouve qu’il colle parfaitement à la mode actuelle. C’était un système avant-gardiste.
Bastable : quels sont les produits disponibles ?
Yann : on a commencé par un kit d’introduction à 12 euros pour tâter un peu le terrain, voir si le produit avait du potentiel. Il contient un scénario d’une trentaine de pages et un écran à trois volets. Ensuite, à la vue des retours positifs, on a sorti la règle complète qui contient les règles de simulation, le descriptif du continent, une partie réservée au maître. Tout cela dans un seul ouvrage. Puis on a sorti un écran à 4 volets contenant aussi les Secrets du Faucheurs, une compilation des différentes extensions sorties en anglais dans les multiples éditions postérieurs du jeu. On y trouve des tas d’infos sur des lieux secrets et une bonne dose de synopsis. On a rajoutés aussi les sociétés secrètes les plus importantes qui met vraiment en avant le coté occulte du jeu.
Enfin tout récemment, est paru le premier tome des Chroniques Lunaires. Il s’appelle Phandir qui est le nom de l’une des quatre lunes de Talistanta et qui correspond à l’astre des secrets. On met en scène les sept royaumes qui sont développés dans le livre des règles ainsi que les sociétés secrètes qui sont développés dans les Secrets du Faucheur. Ce sont huit scénarios complètement interdépendant les uns des autres, avec une mécanique bien huilée illustrée par les interactions d’un système nommé l’échiquier invisible. Ce fut un gros travail avec 70 parties tests, des mois de travail et au final, ce produit qui devait faire 60 pages en fait 150 (rire). On est très content du résultat qui est lui, une pure création Ludopathes !
Bastable : parle-moi un peu des illustrations !
Yann : ahhhh ! Les illustrateurs ! Il y a Maroon et Laurence Carmouse, qui sont regroupés sous le label Pulpe de Poulpe et ils ont été rejoints depuis peu par Jean-Marie Arnodi, un architecte qui est chargée des illustrations des villes et des structures. A la maquette, nous avons David Erral.
Bastable : donc, Les Ludopathes, c’est Talislanta ?
Yann : oui, nous avons des projets, certes, mais nous allons avant tout continuer à développer la gamme. Nous avons une ligne éditoriale sur trois ans, après on verra, on a plein d’idées.
Bastable : et l’état du jeu de rôle en France ne vous échaude pas un peu ?
Yann (dubitatif) : quand on dit qu’en France le jeu de rôle est mort, je réponds nenni ! Je pense qu’il faut se bouger les fesses, c’est tout. Je constate que les Ludopathes sèment, et ils récoltent. On est de toutes les conventions, et souvent les jeunes accrochent et ils choisissent Talislanta parce que l’on est les seuls éditeurs sur place. Le jeu de rôle, c’est comme une bagnole, si tu ne mets pas d’essence dedans, à savoir un réservoir de joueurs, il n’avance pas. Mais c’est toi d’aller la chercher, le service à la pompe, c’est terminé !

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