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Critique du jeu de société : Last Bastion [2019], par Gaetan G.

Avis critique rédigé par Gaetan G. le jeudi 9 janvier 2020 à 14h00

Today we dine in Hell !

La mode du « remaster » ne touche visiblement pas que le jeu vidéo… Cette année, nombreux sont les éditeurs de jeux de plateaux à ressortir quelques grands classiques de la naphtaline. Sans se lancer dans un inventaire à la Prévert, on peut mentionner par exemple Jaipur, Caylus ou encore Yggdrasil.

Parfois, l’hommage est moins visible car le jeu change de nom au passage. C’est notamment le cas pour Last Bastion, la revisite d’une boîte de 2008 intitulée Ghost Stories. Le changement d’appellation peut laisser penser que le titre a été remodelé en profondeur au passage, en pratique ce n’est pas du tout le cas : les deux sont quasiment identiques sur le fond. Les principales différences tournent autour de l’univers, moins fort mais plus consensuel, et d’une l’accessibilité qui a été largement retravaillée afin de permettre à un plus large public de se frotter au jeu.

Et ça tombe bien, car c’est clairement ce qu’il fallait à Ghost Stories pour coller aux standards actuels et se refaire une nouvelle jeunesse. Mais regardons cela plus en détail.

Niveau matos, un sans-faute pour les Belges à sombreros

Première remarque, le matos délivre largement la marchandise pour un titre vendu aux alentours de la quarantaine d’€uros :

Les figurines, tout d’abord, sont vraiment réussies. Elles offrent un excellent niveau de détail, avec des poses dynamiques très flatteuses une fois sur la table de jeu. Léger bémol, la figurine de l’étendard a tendance à se déformer un peu et à se courber alors qu’elle devrait être bien droite. Allez, on va dire que c’est raccord avec le thème et que le bois 100% plastique a travaillé avec le temps. Pour le reste, c’est vraiment du tout bon. Au passage, les peintres en herbes seront ravis d’apprendre qu’il n’est pas nécessaire d’avoir un niveau de dingue pour peindre tout cela. Le niveau détail est suffisant pour obtenir un rendu sympa avec une première couche d’aplat et des ombrages réalisés en lavis / drybrush.

Passons à la direction artistique générale du titre, qui est également irréprochable. Les différents éléments (plateau, boîte, manuel, cartes) sont parfaitement cohérents, avec un petit côté rétro qui passe crème. Après, chacun appréciera ou non le résultat mais l’utilisation d’un thème médiéval-fantastique plutôt consensuel permettra de parler au plus grand nombre.

La boîte est livrée avec un thermoformage bien pensé : on ne passe pas 15 plombes à se demander où se range chaque élément, et tout reste bien en place une fois rangé. De plus, les espaces sont suffisants pour qu’on puisse stocker les différents éléments en carton dans une multitude de sachets zips – chacun ses petites habitudes, ne jugez pas.

Pour finir, le manuel est lui aussi une référence du genre. Sur la forme, le texte est clair, bien aéré et écrit dans un français impeccable. Personnellement, je ne trouve pas l’iconographie hyper intuitive, mais la boîte est livrée avec un second manuel qui liste les différents pouvoirs et effets, et qui permet de s’y retrouver rapidement en cas de doute ou de question. Clairement, c’est un des meilleurs manuels que j’ai vu depuis longtemps. Le fichier source est disponible en ligne, ce qui permet d’imprimer quelques copies supplémentaires de l’aide de jeu afin que chaque joueur ait la sienne. Irréprochable, on vous dit.

Reste un dernier point, celui de l’accessibilité. Last Bastion reste un jeu exigeant qui nécessitera quelques parties pour être dompté, mais il n’y a rien d’insurmontable si vous avez déjà joué à un 7 Wonders et si vous êtes doté d’un peu de persévérance. On sent bien que Repos Prod, son éditeur, a peaufiné son dernier bébé afin de le rendre accessible au plus grand nombre sans chercher à en réduire la difficulté.

Vu d’avion, ça a l’air simple

Last Bastion est un titre coopératif, dans lequel une bande de héros va devoir protéger le bastion en question de vagues incessantes de créatures démoniaques :

« Une poignée de héros vient de dérober les puissantes reliques de la Reine Funeste. Sans celles-ci, l’immortelle est affaiblie ; les récupérer est désormais son seul but. Retranchés dans le Bastion des Rois Anciens, les Hauts Mages tentent de les détruire, pendant que les héros défendent le lieu au péril de leur vie. Inlassablement, les hordes menées par des Seigneurs de Guerre prennent d’assaut les remparts. Si cette citadelle tombe, c’est toute une civilisation qui sera balayée, tout un monde qui plongera dans le chaos… »

La partie proprement dite commence par la pioche d’une carte de monstre. Chaque carte comporte une couleur dominante (bleue, verte, jaune ou rouge ou noir). Les 4 premières renvoient à l’un des 4 côtés du plateau, le joueur actif devant poser la carte sur l’un des 3 emplacements disponibles du plateau en question. Une carte noire, en revanche, doit toujours être posée devant soi.

Au début de la partie, tous les emplacements sont disponibles mais plus le match avance et plus ils vont venir se remplir. Il peut même arriver que le joueur actif n’ait pas d’emplacement disponible sur son plateau au début du tour. Si c’est le cas, il ne pioche pas de carte. A la place, il applique un effet très pénalisant indiqué sur son plateau (interdiction de se déplacer, perte d’un point de vie, perte d’un jeton bonus de son choix, etc.).

Certains monstres disposent d’un effet applicable à la pose. Pour vous donner un exemple, certaines créatures vont amener un copain avec elle. Le petit truc rigolo, c’est que l’effet d’activation de cette nouvelle carte s’applique, il peut donc y avoir des combos vraiment dévastateurs… Le jeu se caractérise par un rythme en dents de scies, avec des périodes plutôt calmes entrecoupées de phases très tendues où les menaces s’enchainent sans aucun respect pour la dignité des joueurs.

Certaines créatures peuvent également disposer d’un effet permanent qui s’applique à tous les tours. Avant de piocher la carte de monstre, le joueur actif regarde les 3 emplacements de son plateau individuels et applique les effets permanents des cartes posées dessus. Les effets en question sont variés, mais ils ne vont jamais dans le sens des joueurs. Le pire, sans aucun doute, implique de devoir lancer un dé noir au début de son tour. Celui-ci comporte sur ses différences faces un best-of des pires effets pouvant affecter le groupe, depuis a perte de vie jusqu’à l’arrivée d’un ou plusieurs monstres sur le plateau.

Une fois ceci fait, le joueur actif peut – enfin – réaliser son tour. Celui-ci se compose d’un déplacement et/ou d’une action, réalisables dans l’ordre de son choix. Pas grand-chose à dire sur le déplacement : le joueur actif peut déplacer sa figurine d’une case, diagonale comprise.

L’action, en revanche, mérite que l’on s’attarde un peu plus longuement dessus. Le joueur actif peut en effet soit attaquer un monstre directement adjacent à sa figurine (les diagonales ne marchent pas cette fois-ci), soit utiliser l’action du lieu sur lequel il se trouve. C’est l’un ou l’autre, et le choix est bien souvent cornélien…

Commençons par les actions des 9 tuiles. Il est possible de :

  • Déplacer jusqu’à deux cartes sur des emplacements de son choix ;
  • Donner un 1 point de vie et déplacer le joueur de son choix (cela peut être soi-même) ;
  • Récupérer deux jetons d’armement, choisis aléatoirement, qui vont venir faciliter les combats
  • Poser un chariot de bombe sur la case de son choix, le premier monstre qui s’y pose étant retiré illico presto du plateau ;
  • Supprimer un effet d’une carte du plateau ;
  • Enlever jusqu’à deux figurines « emprise du mal » ;
  • Ressusciter un camarade tombé au combat ;
  • Tuer un monstre de son choix en sacrifiant un point de vie ;
  • Placer une couleur de son choix sur le porte-drapeau. Tant que cette couleur reste visible, les monstres de cette couleur nécessitent un dégât de moins pour être tués.

Comme vous le voyez, l’ensemble reste simple à appréhender. La seule chose que l’on n’a pas abordé sont les figurines « emprise du mal ». Certains monstres en génèrent à la pose ou à chaque tour. La première va sur la carte du monstre, mais ensuite elles se mettent à envahir le plateau, empêchant de réaliser certaines actions voire provoquant la défaite immédiate du groupe.

Pour les combats, c’est un peu la même. Chaque monstre dispose d’un total de « point de vie » indiqué en haut à gauche de la carte. Cela représente le nombre de symboles de cette couleur qu’il faudra jouer pour détruire la créature. Pour y arriver, le joueur qui combat lance 3 dés à 6 faces, comportant une face par couleur plus un joker. Si cela ne suffit pas, le joueur actif peut ajouter autant de jetons d’armement qu’il le souhaite afin d’arriver au bon total. Le système fonctionne en mode tout ou rien : soit on inflige le bon total de blessure, et la carte est retirée du jeu, soit on n’y arrive pas et rien ne se passe…

Hélas, certains monstres disposent d’un effet de sortie qui s’active pile poil au moment où ils sont tués. La plupart de ces effets sont négatifs, comme vous l’imaginez, mais les monstres les plus puissants ont un effet positif ! C’est la carotte pour venir les tuer au combat, car vous ne bénéficierez pas de cet effet si vous les tuez par un autre moyen (par exemple le chariot de bombe).

Une fois que le joueur actif a fait son déplacement et/ou son action, on passe au joueur suivant et c’est reparti pour un tour. La partie comporte deux phases bien distinctes. Au début, il faut juste survivre. Ensuite, un boss apparaît 8 cartes avant la fin de la pile. Si les joueurs parviennent à le tuer, c’est la victoire. En revanche, c’est la défaite lorsque tous les joueurs sont à terre, lorsqu’on pose une troisième figurine « emprise du mal ».  sur le plateau central, ou lorsque la pile de monstre est épuisée.

On a globalement fait le tour. Précisons tout de même que chaque personnage dispose d’un petit pouvoir qui lui est propre, qui est perdu lorsque le héros en question est ressuscité. De plus, chaque joueur commence la partie avec un jeton « appel aux armes », que l’on peut dépenser au moment de son choix pour appliquer immédiatement une action bonus.

Vu de près, ça pique. Mauvais joueurs s’abstenir !

Je ne sais pas si cela transparaît à la lecture des règles, mais Last Bastion est un jeu difficile. Il suffit de quelques tours pour comprendre comment les mécaniques s’agencent, mais il vous en faudra probablement quelques parties pour gagner.

Ce qui fait la force du titre, et qui contribue grandement à sa difficulté, c’est la grande variété des approches offertes au joueur : face à un monstre puissant, il sera possible de le tuer, bien entendu, mais aussi de le priver de ses pouvoirs de sortie et/ou permanents histoire qu’il ne représente plus une menace le temps que l’on s’occupe de lui, de le déplacer sur un chariot de bombe qui traîne et que sais-je encore.

Au fur et à mesure de la partie, cependant, les possibilités offertes vont se raréfier et il faudra arriver à contenir la menace sans se faire déborder. Pour cela, tout l’art va consister à hiérarchiser correctement les problèmes. Il va falloir détecter les dangers à court-terme, ceux qu’il peut être possible de laisser de côté pendant un tour ou deux, et surtout les situations de risques qui sont susceptibles de dégénérer furieusement sur un manque de bol au tirage de cartes ou au lancé de dés.

Force est de constater qu’on ne joue plus du tout pareil après 5, 10 ou 20 parties. On tente plus de choses et on prend des risques différents. Bref, Last Bastion offre une belle courbe de progression. Personnellement, le niveau de difficulté standard m’offre toujours un beau challenge après une grosse dizaine de parties, et mon taux de réussite s’écroule dans les niveaux de difficultés supérieurs. Un ami me certifie gagner 1 partie sur 2 en mode « héroïque », sachant que c’est un fan hardcore du jeu et qu’il y joue vraiment souvent.

Le but n’est pas de vous dégoûter, juste de vous informer gentiment : les nouveaux joueurs risquent de se faire poncer bien copieusement la figure lors de leur(s) première(s) partie(s). De fait, le titre se destine avant tout aux joueurs à la recherche d’un certain challenge. Ce n’est pas la boîte idéale pour s’occuper une heure ou deux par ci par là, il faut quand même s’investir un peu dedans pour espérer gagner.

Ghost Stories v1.5

Vous êtes au courant puisque je l’ai spoilé sans aucune gêne dès l’introduction : le titre dont nous parlons aujourd’hui n’est pas tout à fait une nouveauté, puisque Last Bastion est un remaster de Ghost Stories, un grand classique datant de 2008.

Globalement et pour ceux qui connaissent, il y a peu de différences mécaniques entre ces deux titres. On ne va pas les lister, ça ne serait pas forcément très intéressant et elles ne modifient pas substantiellement l’expérience de jeu. La principale me semble être l’effet qui s’applique lorsque les 3 emplacements sont remplis au début de son tour : à Ghost Stories, cela fait perdre un point de vie, ici les effets sont plus variés ce qui offre quelques possibilités stratégiques supplémentaires. En pratique, le petit nouveau nous a semblé un poil plus fluide et un poil moins punitif que son ancêtre, mais c’est peut-être tout simplement nous qui avons progressés entre temps.

Globalement, la principale différence entre les deux est bien entendu le thème. On passe d’une ambiance chinoise aussi atypique que bien rendue à un médiéval fantastique beaucoup plus classique. Cela a certains avantages : certains concepts se révèlent tout de suite plus parlants (du genre les points de vie au lieu du Ki) ce qui facilite la prise en main par de nouveaux joueurs. En revanche, le thème de Last Bastion se révèle nettement moins immersif, ce qui pourra déplaire aux fans de la première édition.

Si vous avez déjà une boîte de Ghost Stories à la maison, il est peu probable que les maigres différences entre les deux titres suffisent à vous faire franchir le pas. Mais si vous ne connaissez pas ce dernier, Last Bastion se révèle incroyablement plus agréable à prendre en main. Pour l’anecdote, j’ai réouvert une boîte de Ghost Stories pour cette chronique et le manuel pique franchement les yeux. Pas forcément au niveau de la forme, c’est sûr que le niveau d’exigence a bien monté en 10 ans, mais il se révèle surtout nettement mieux conçu et agencé. Ghost Stories était un jeu expert, pour sûr, tandis que Last Bastion peut être mis entre beaucoup plus de mains…

Vous prendrez bien un petit guide stratégique ?

Pour finir cette chronique, je vais me permettre de vous donner quelques conseils stratégiques. Ce guide n’a pas vocation à être exhaustif, mais de vous accompagner lors de vos premières parties. Il est librement inspiré du guide stratégique de Ghost Stories, merci à Cyberfab pour son travail de dingue et ses conseils avisés.

Tout d’abord et comme on l’a dit plus haut, Last Bastion nécessite à la fois une bonne organisation et une bonne communication de l’équipe. Le titre est dur, mais pas impossible : une bonne analyse du terrain, associée à une bonne cohésion du groupe feront souvent la différence entre la victoire et la défaite. De fait, le jeu se construit en équipe. Parfois, il arrive même que le sacrifice d’un héros soit nécessaire pour que l’équipe remporte la victoire.

Après la mise en place du jeu, il est chaudement recommandé de bien analyser la configuration du bastion. Certains emplacements permettent de combattre deux monstres à la fois (les 4 emplacements dans les angles). Si en plus un de ces emplacements dispose d’un pouvoir hyper intéressant, il va devenir absolument crucial dans le combat qui s’approche.

En début de partie, grande est la tentation de latter rapidement les premiers monstres qui apparaissent. Ce n’est pas toujours là où se situe l’urgence. Peut-être pouvez-vous en profiter pour placer le chariot de mine, ou pour récupérer quelques jetons d’équipements qui vous faciliterons les combats futurs ? En plus, vous n’aurez peut-être plus beaucoup d’occasion de le faire par la suite… Profitez-en également pour placer judicieusement vos premiers monstres, puisqu’à ce moment de la partie vous avez le choix du roi.

Le jeton  « appel aux armes » sera sans aucun doute votre meilleur ami. Il permet de réaliser une seconde action en plus de votre action normale. On a souvent tendance à le garder envers et contre tout, ce qui peut se comprendre car plus d’une fois il vous sauvera de la défaite, mais c’est une erreur. De plus, certains gros monstres permettent de gagner un jeton « appel aux armes » lorsqu’ils ont vaincus. Pensez-bien à utiliser votre jeton juste avant de lui faire mordre la poussière, sauf si bien entendu il reste encore des jetons déjà dépensés qu’il serait préférable de récupérer à la place.

Gardez bien à l’esprit qu’un joueur qui meurt perd tous ses jetons, l’appel aux armes comme armements. Un joueur en mauvaise posture aura donc tout intérêt à les utiliser, faute de quoi ils risquent bien d’être perdus…

Dans un autre registre, c’est en général une mauvaise idée de laisser tranquille un monstre générant des figurines « emprise du mal ». Très rapidement, celles-ci vont diminuer les actions disponibles pour le groupe. Un des héros peut retirer jusqu’à deux figurines de ce type par tour, en général c’est suffisant pour contenir la menace sauf que cela implique qu’il ne se déplace pas. De ce fait, essayez de placer le héros en question sur un emplacement où il pourra également combattre et/ou réaliser une action favorable au groupe.

Lorsque vous vous frotterez à un monstre doté d’une résistance élevée, n’oubliez pas que vous pouvez être aidé de plusieurs façons :

  • Vous pouvez ajouter vos propres jetons armements aux résultats des dés ;
  • Un allié présent sur la même case que vous peut vous apporter ses propres jetons ;
  • Les monstres de la même couleur que la bannière voient leur résistance abaissée de 1.

Il est en général préférable de se donner un tour supplémentaire pour récupérer de l’équipement plutôt que de compter sur sa chance pour remporter un combat. Même si rater une bataille n’a a priori pas de conséquence négative, cela fait perdre une action au groupe… Or, chaque action est précieuse !

Si un monstre trop puissant vous menace, le moyen le plus simple de vous en débarrasser consiste à le déplacer droit sur le chariot de mine. Cela va le faire exploser et le retirera du plateau immédiatement. Attention cependant car vous perdrez son effet de sortie. Dans la plupart des cas c’est plutôt un avantage, mais les monstres les plus puissants ont un effet positif (reconnaissable à son cadre doré) qu’il serait dommage de gâcher. Encore une fois, Last Bastion est plutôt avare en gentillesse alors n’en rajoutez pas.

De manière générale, il faut éviter de remplir les 3 emplacements d’un plateau, à moins bien entendu que l’effet qui s’applique n’ait aucun impact sur le joueur en question. En fin de partie, en revanche, vous pouvez avoir recours à cette stratégie si vous manquez de temps. Rappelez-vous que :

  1. A chaque tour on pioche une carte de monstre SAUF si le plateau du joueur actif est plein ;
  2. Il n’y a que 8 cartes après celle du boss ;
  3. La partie est perdue si la pile de monstres est vidée.

Parfois, ce sera donc le seul moyen d’acheter quelques tours supplémentaires et de vaincre le lieutenant de la Reine Funeste ! Voilà. Je n’irai pas jusqu’à dire que vous savez tout, mais vous en savez suffisamment pour remporter votre première victoire. La première d’une longue série, en tout cas c’est tout le mal que je vous souhaite !

Le résumé du patron

Public cible : familial ++
Le jeu est donné pour du 14+, mais contrairement à d’habitude cela ne signifie pas qu’il s’adresse à un public de core-gamer. Au fond, le titre n’est pas si complexe. Certes, l’iconographie comporte moultes symboles et pouvoirs, mais cela se passe bien avec l’aide de jeu fournie. Le souci se situe plus au niveau de l’investissement demandé. Last Bastion ne pardonne pas grand-chose. Il faut être prêt à baver des ronds de chapeau lors de ses premières parties. Ce n’est pas forcément ce qu’attend le public familial, d’où le « ++ » ajouté à la fin

Nombre de joueur : de 1 à 4, meilleur à 4
Le titre adapte sa difficulté au nombre de joueur en considérant que les joueurs manquants sont tombés au combat (les règles qui s’appliquent sont exactement les mêmes, sauf qu’on ne peut pas les réanimer bien entendus). En pratique, ça tourne plutôt bien même si le titre est vraiment pensé pour être joué à 4. Je n'ai pas testé le mode solo.

Durée de partie : 1h
Le titre est plutôt court, et on dépasse assez peu les 45 minutes annoncées sur la boîte. Cerise sur le gâteau, la mise en place est rapide et le thermoformage facilite grandement le rangement.

Interaction : 100% coop
Last Bastion, c’est de la vraie, de la bonne coop’ avec des morceaux de bravoure dedans. Les discussions entre les joueurs font clairement partie de l’expérience, il est juste impossible de gagner si tout le monde fait son truc dans son coin. Gros bémol, le jeu est victime du syndrome dit de Pandémie : « attends, je vais jouer à ta place pour te montrer comment tu dois faire ».

Rejouabilité : Excellente
Je rapprocherais Last Bastion d’un titre comme Left 4 Dead : on connait globalement à l’avance le déroulement d’une partie, sauf que les coups de pression et les difficultés ne sont jamais positionnées aux mêmes endroits. La rejouabilité provient ici de la variation dans les conditions initiales (mélange de la pile de monstre, boss final au choix parmi 12, positionnement des tuiles du bastion) et de la maîtrise progressive des mécaniques

Courbe de progression : bonne
Les règles s’apprennent vite, comptez comme d’habitude 2 ou 3 premiers tours avant de se sentir à l’aise. En revanche, votre première victoire pourra vous demander un peu plus de temps. Last Bastion est dur et ne pardonne pas grand-chose. Le sentiment de progression est palpable, on ne joue pas du tout de la même manière à sa première, sa cinquième ou sa dixième partie… Pour les plus habiles d’entre vous, il est possible d’ajouter quelques boss additionnels histoire de pimenter encore plus l’expérience.

La conclusion de à propos du Jeu de société : Last Bastion [2019]

Auteur Gaetan G.
90

Last Bastion repose sur un principe de base aussi simple que finaud : l’action se déroule sur un plateau central de 3x3 tuiles, chaque case offrant une action bien spécifique et permettant d’atteindre une partie seulement des créatures démoniaques attaquant le bastion. Comme les monstres apparaissent à chaque tour, les joueurs doivent positionner leur figurine de manière complémentaire afin de contenir la menace.

Le résultat se révèle aussi intense qu’exigeant. Il faut dire qu’il y a de quoi se creuser les méninges, entre les pouvoirs asymétriques des différents héros, la disposition aléatoire des salles et les pouvoirs propres à chaque ennemi.

En revanche, on n’est pas sur un titre de niche réservé aux core-gamers : tout un chacun peut tenter l’expérience, pour peu qu’il soit prêt à s’investir – un peu – et à se faire rouler dessus par le jeu – beaucoup.

Petit détail, Last Bastion est le remaster fidèle (lire : quasiment identique, à l’exception principalement du thème et du manuel) de Ghost Stories, un titre initialement sorti en 2008. Les possesseurs de ce dernier peuvent sagement ranger leurs brousoufs, le titre restant trop proche de son aîné pour justifier d’avoir les deux boîtes à la maison.

En revanche, les autres peuvent franchir le pas sans problème. Après tout, le faible nombre de modifications apportées à cette nouvelle version est bien la preuve que le titre de base était déjà optimisé au quart de micropoil. Et il suffira d’une seule partie pour vous convaincre que le concept reste toujours aussi excellent après 10 années au compteur…

On a aimé

  • Un manuel hyper bien réalisé, qui permet au titre d’avoir une excellente accessibilité
  • Exigeant
  • Parties courtes et intenses
  • Excellent prix au vu du matos dans la boîte
  • Figurines soignées
  • Une remise dans l’air du temps d’un grand classique (Ghost Stories)
  • Excellente expérience coopérative

On a moins bien aimé

  • Un remaster au thème moins immersif / plus générique que son grand frère
  • Demande un certain investissement en temps
  • Pas suffisamment de nouveauté pour qu’on le conseille aux possesseurs de Ghost Stories

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