Critique Madame Ching [2014]

Avis critique rédigé par Amaury L. le mardi 8 juillet 2014 à 10h18

Madame Ching se répète...

La piraterie est un monde d'hommes, sauf pour la terrible Madame Ching. Elle recherche des capitaines compétents qui pourront grassement l'enrichir. Aucune pitié ne sera accordée aux plus faibles. Il faudra parcourir les lointaines mers de Chine, mener des expéditions juteuses, faire face à des dangers mystérieux et pourquoi pas piller la richissime Hong-Kong.

Pas un matériel de fourbes.

Madame Ching possède un visuel attirant avec ses couleurs délicieusement exotiques et un Vincent Dutrait au crayonné inspiré. L'ouverture de la boîte ne manque pas de charme avec un plateau de jeu esthétiquement réussi, une centaine de cartes (Compétences, Navigation et Rencontre) joliment illustrées, une vingtaine de tuiles Expédition cartonnées, des pièces d'or et des gemmes, et huit petites Jonques en bois. L'éditeur Hurrican propose un matériel irréprochable et un rapport qualité-prix de haute volée. Un petit bijou de piraterie.

Dès règles sans filouteries.

Amasser le plus de points de prestige demeure le but du jeu.

Le jeu se déroule en une succession de tours au cours desquels les joueurs déplacent leurs jonques. Plus la jonque ira loin sur le plateau (représentant la mystérieuse mer de Chine), plus on gagne des pierres précieuses (des points de prestige). Un tour de jeu consiste à piocher autant de cartes Navigation (numérotées de 1 à 55 découpées en six couleurs) qu'il y a de joueurs. Ensuite, les joueurs choisissent secrètement une carte Navigation de leur main et la posent face cachée devant eux. Elles sont toutes révélées simultanément. Le joueur avec la plus haute valeur commence. Le pion Jonque du joueur progresse sur le plateau (qui comporte des cases numérotées de 1 à 56) en posant des cartes Navigation supérieures à celles précédemment posées (suite croissante). La jonque se déplace alors d'une case en ligne droite (carte de même couleur) ou en diagonale (carte de couleur différente). On stoppe une expédition en jouant une carte inférieure à la dernière posée. Cela marque la fin de l'expédition. On regarde le numéro de la case où se trouve la jonque et le joueur peut récupérer une tuile Expédition dont le numéro est inférieur et le plus proche. La Jonque repart alors de la case départ pour une nouvelle expédition. On refait sa main parmi les cartes Navigation retournées.

La partie se termine quand toutes les tuiles Expédition ont été récupérées. On compte les points promulgués par les gemmes, l'or, les cartes Compétences. Le total le plus élevé l'emporte et devient le bras droit de Madame Ching pour commander son précieux bateau, le China Pearl.

Le pirate se répète.

Madame Ching est l’œuvre de deux auteurs réputés, Bruno Cathala (Cyclades, Trollland...) et Ludovic Maublanc (Cash n' guns, Le fantôme de l'opéra.,.), et la collaboration avec l'éditeur suisse Hurrican augurait de présages optimistes. Matériellement, Madame Ching est une réussite incontestable même si les Sirènes auraient pu être plus affriolantes. C'est un plaisir de manipuler cet ensemble harmonieux, avec un rendu esthétique et thématique parfaitement conçu. Toutefois, Madame Ching flanche sur la mécanique offerte. La déception ne se situe pas sur les articulations mais plutôt sur la richesse.

En effet, le jeu fonctionne parfaitement, respecte les critères familiaux auxquels il se destine. On approuve complètement ce bel équilibre entre le hasard, la stratégie simple, le choix laissé aux joueurs dans la gestion de leurs expéditions, l’interaction qui mêle agressivité (quelques cartes permettent d'aller chatouiller ses voisins en leur volant quelques pierres précieuse par exemple) et optimisation de son propre parcours. Sur le fond, Madame Ching s'appuie sur des bases solides et efficaces. Cependant, un sentiment apparaît dès la première partie, une répétitivité dans les tours qui s'enchaînent. On pose une carte et on avance et ainsi de suite. Cette mécanique abordable demeure limitée et presque robotique. Il n'y a pas grand chose qui se passe, pas de tempête, pas d'attaques de pirates, pas de combat à mener. Madame Ching privilégie les pirates pacifiques et manque d'imprévus, de petites touches additionnelles qui casseraient la monotonie de la pose de cartes Navigation. Madame Ching se joue avec plaisir mais sa durée de vie semble faible en raison d'une linéarité mécanique handicapante.

 

 

La conclusion de à propos du Jeu de société : Madame Ching [2014]

Auteur Amaury L.
65

Madame Ching possède des illustrations et un matériel remarquables et le duo Bruno Cathala et Ludovic Maublanc donnent (presque) entière satisfaction. Le jeu est fin, équilibré, familial. Toutefois, on remarque une certaine linéarité dans le tour de jeu et le mode de déplacement des bateaux. La thématique reste en retrait au regard des mécanismes proposés, pas de combat, pas de galions à piller, pas d'abordage mais des missions à réussir. Les cartes Rencontre amènent de l’interaction entre les joueurs (on peut gêner son adversaire ou lui voler des gemmes) mais de manière restreinte et aléatoire (on pioche au hasard les cartes donc on ne fait pas ce que l'on souhaite réellement). Agréable le temps de quelques parties avant d'être cantonner dans un placard pour de longues années... Piraterie à court terme.

On a aimé

  • Fluide.
  • Fin mécaniquement.
  • Très belle réalisation graphique.
  • Matériel irréprochable.

On a moins bien aimé

  • Très répétitif (tour de jeu).
  • Parties un peu longues.
  • Durée de vie assez courte.

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