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Critique du jeu de rôle : Agone - Le jeu de rôle [1999], par Nicolas L.

Avis critique rédigé par Nicolas L. le jeudi 13 avril 2006 à 08h26

Serez-vous capable de déjouer les plans du Masque ?

Agone, du nom de l’un de ses plus grands héros, est le jeu de rôle qui vous amène au cœur des Royaumes Crépusculaires de l’Harmonde, un univers sorti tout drout de l’imagination de l’écrivain-rôliste Mathieu Gaborit.
Mais, en fait, que sont donc ces provinces au qualificatif si mystérieux et en quoi consiste cette étrange Harmonde ?
Une mythologie riche et originale
L’Harmonde est un univers d’Héroic Fantasy bâti sur une très solide mythologie qui met en cause de nombreuses composantes ésotériques et féeriques. Bâtie par des Dieux – et conçue d’après les fantasmagories de quatre Muses -, l’Harmonde a vu son visage terrestre et céleste évoluer grandement au cours des millénaires qui composent son Histoire, à travers des évènements dramatiques et notamment de cruelles guerres fratricides qui opposèrent les Dieux. Aujourd’hui, suite à ces guerres et les nombreux compromis qui en résultèrent, l’Harmonde est assombri par un voile obscur masquant les cieux, un voile créé par la trahison de la Dame de l’Automne, une des quatre déesses des Saisons, qui a succombé au charme du Masque. Plus encore que l’Ombre, un dieu ambigü qui occupe une place importante dans la direction de l’Harmonde, le Masque est l’incarnation du véritable ennemi, sous la forme d’une déité néfaste qui désire diriger à sa guise la totalité de cet univers, à la manière d’une sinistre dramaturgie.
Un monde politiquement évolué et aux multiples aspects
Issu de l’œuvre littéraire de Mathieu Gaborit, les Royaumes Crépusculaires représentent les subdivisions politiques de l’Harmonde. Au cœur du livre de base, le lecteur va découvrir une grande variété de systèmes politiques – qui vont de la république monarchique à la plus rude des théocraties, en passant par les nations nomades et barbares – avec de très nombreux descriptifs anthropologiques, culturels et sociaux. Une véritable mine de renseignement qui met en avant les multiples possibilités d’orientation de jeu. L’on s’aperçoit en effet que les scénarios peuvent tout aussi bien amener les joueurs du coté d’un épique grandiloquent que vers des investigations beaucoup plus réfléchies, en fonction des lieux et des genres.
Intrigue de couloir et conspiration
Néanmoins, vu la nature du monde et les façons d’agir des agents du Masque, l’orientation naturelle se fera plutôt dans le domaine des conspirations et des enquêtes d’espionnage. Bien que cela ne soit nullement obligatoire – vous pouvez tout aussi bien joué à Agone dans le pur style Conan RPG -, ce style vous permettra d’apprécier plus nettement l’univers si particulier créé par Gaborit, fourmillant de chuchotements d’alcôves, de compromis politiques, de trahisons, d’illusions et de mystifications. Et de magie…
Une magie omniprésente et impliquée
Une des originalités majeures d’Agone est en effet son système de magie. L’Harmonde est gérée par des lois mystiques qui mettent en action deux sources magiques de forte puissance mais à la philosophie et aux objectifs bien différents.
La plus commune de ces sources est l’Emprise, que je comparerais quelque peu à la sorcellerie. Elitiste et fortement réglementée par un organisme tout puissant, le Cryptogramme-magicien, elle fonctionne grâce à la manipulation chorégraphique de petites créatures magiques qui sont nommées les Danseurs. C’est l’échange entre ces petites entités, immortelles et asexuées, et le mage qui créé les effets magiques. Au niveau dogmatique, ce cryptogramme se divise en trois écoles – Jorniste, Obscurantiste et Eclipsiste – qui se différentient essentiellement par la nature du lien entre le magicien et ses Danseurs, mais aussi par ses orientations politiques.
La deuxième source de magie est la rarissime Harmonie, qui n’est réservée qu’à une certaines caste d’élus ; les Inspirés. Ces individus, directement consacrés par les bienfaits des Muses, peuvent créer des effets magiques (les Œuvres) au moyen de quatre Arts – peinture (Decorum), scuplture (Cyse), musique (Accord), poésie (Geste) – qui ont chacun leurs particularismes. Plus rare que l’Emprise, et d’autant plus redoutable…
Et les joueurs dans tout ça ?
Les joueurs interprètent cette caste d’élus rarissimes – tout au plus un millier d’individus – qui ont été choisi par un conseil ésotérique afin de défendre l’Harmonde contre les méfaits du Masque. Ces personnages – toujours des célébrités ou des individus au sommet de leur carrière - peuvent être de nature humaine, comme la plupart des habitants intelligents des Royaumes Crépusculaires, mais les joueurs ont aussi la possibilité de choisir ces races plus exotiques qui compose la gamme des Saisonins. En effet, chaque Dame des Saisons, il y a quelques siècles, s’est vu octroyé par les Dieux la possibilité de bénéficier de serviteurs. En fait trois espèces de serviteurs par Dame. En raison de son adhésion au parti du Masque, les Saisonins de la Dame de l’Automne ne sont pas accessibles, car hostiles. Restent les autres qui sont : les lutins, les satyres et les farfadets pour la Dame du Printemps, les ogres, les minotaures et les géants pour la Dame de l’Eté, les fées noires, les méduses et les nains pour la Dame de l’Hiver. Autant de choix qui vont ravir les joueurs avide d’exotisme, mais attention lors de la création du groupe de personnages, car certaines races sont peu tolérantes envers certaines autres.
Un système de jeu assez simple
Dans Agone, le test de compétence – qu’il s’agisse d’un combat ou d’une manœuvre plus pacifique – est assez simple et peut être résumé ainsi :
- Le joueur jette un D10 auquel il ajoute la somme des valeurs issues d’une caractéristique et de la compétence sollicitée. - Pour que l’action soit réussie, le total de la manipulation ci-dessus doit dépasser un seuil de difficulté défini par le meneur de jeu (EG, ou Eminence Grise dans le cadre d’Agone) et la marge de réussite entre le score obtenu et le seuil de difficulté détermine la qualité de l’opération.
Bien sur, des malus et des bonus peuvent se greffer à ce calcul – notamment grâce à certains dons accordés aux Inspirés – et dans certains cas, ces tests peuvent donner l’occasion de lancer ce que l’on qualifie de ‘’jet ouvert’’, avec des relances de dés que l’on pourra effectuer à chaque obtention de 0 (excellent) ou de 1 (pas bon du tout). Un manière différente et plus subtile de gérer les critiques et les maladresses (qui m’a rappeler un peu ce bon vieux Rolemaster…en moins âpre quand même…).
A noter également que le chapitre combat propose deux versions. La version de base, plus intuitive et rapide, et la version avancée, plus tactique, avec la présence de bottes et de coup spéciaux, qui sans tomber dans la simulation outrancière ajoute beaucoup plus de piment aux échauffourées.
Un jeu pour joueurs expérimentés
Les joueurs désirant se lancer dans Agone devraient au préalable avoir quand même une certaine expérience du jeu de rôle, et être à l’aise avec ce que l’on nomme communément le role-play. Dotés de personnages puissants et réputés, ils devront réussir à éviter le piège du ‘’grobillisme’’ qui leur tend les bras, car cela risque d’entraîner les parties dans de ridicules surenchères bellicistes et dénuées de sens. De plus, Agone doit rester avant tout un jeu de diplomatie, de négociations, et de coups bas, avec son lot d’assassinats et de scandales.
De même, les Eminences Grises, devant la richesse presque démesurée de cet univers, devront faire face avec courage aux multiples questions que ne manqueront pas de lui poser ses joueurs. La lecture des ouvrages de Mathieu Gasserit est fortement conseillée, voire indispensable, pour retranscrire l’atmosphère si particulière de ce monde magique et mélancolique. Sous peine de risquer fortement de dénaturer l’œuvre, en voyant se balader un groupe de personnages composé uniquement de minotaures, par exemple, tirant une charrette débordant de Danseurs.

La conclusion de à propos du Jeu de rôle : Agone - Le jeu de rôle [1999]

Nicolas L.
90

Agone, le jeu de rôle, est une transcription quasi parfaite de la géniale œuvre de Mathieu Gaborit, la Chronique des Crépusculaire. Excellemment documentée, bien expliquée, la règle présente des mécanismes de simulation simples qui permettent de se consacrer à une meilleure appréhension de ce monde quand même bien particulier. Cependant, en raison du très large éventail de possibilités d’action et la grande liberté qui est laissée au meneur de jeu, je ne conseillerais pas ce jeu aux nouveaux venus sur la planète jeu de rôle.

Que faut-il en retenir ?

  • Un univers unique et passionnant
  • Une tonne d’information disponible
  • Un système de magie très original
  • Si vous aimez le role-play, ce jeu est pour vous.

Que faut-il oublier ?

  • Déconseillé aux débutants
  • N’est pour le moment plus édité.

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