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Critique du Jeu Vidéo : Ni no Kuni II : l'Avènement d'un nouveau royaume - PC
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Critique du Jeu Vidéo : Ni no Kuni II : l'Avènement d'un nouveau royaume - PC

Avis critique rédigé par Gaetan G. le jeudi 5 avril 2018 à 1400

Léa passion RPG

Le premier épisode de la série, sorti en 2010 sur DS puis en 2011 sur PS3, avait fait figure de petit rêve éveillé pour beaucoup d’entre nous. Il s’agissait de la première coopération entre deux acteurs mythiques de l’industrie japonaise.

A ma droite, les studios Ghibli. On ne présente plus le bébé de Hayao Miyazaki, mondialement (re)connu pour ses dessins animés magnifiques aux scénarios nettement plus riches et complexes que les productions Disney (Nausicaä de la vallée du vent, Kiki la petite sorcière, Princesse Mononoké, Le Voyage de Chihiro, Le Château ambulant, Porco Rosso, Mon voisin Totoro, j‘en passe et des meilleures. La liste de ses chefs-d’œuvre est longue comme un jour sans pain).

A ma gauche, Level 5. Après s’être fait un nom dans l’industrie du jeu vidéo grâce à des jeux à licence vendus par palettes entières (Dragon Quest IX : Les sentinelles du firmament et Inazuma Eleven, principalement), ce dernier souhaitait asseoir sa stature à travers des productions plus originales et narratives.

Sur le papier, le mélange s’annonçait parfait et les astres semblaient alignés pour donner naissance à une tuerie absolue. Hélas, la réalité s’est révélée plus nuancée. Le résultat était à la fois merveilleux sur la forme et plutôt mauvais sur les mécaniques et le système de jeu en lui-même, notamment en raison d’une grande répétitivité des combats et d’une difficulté aux abonnés absents. Mais pour ceux qui parvenaient à passer au-dessus de ces petits défauts, la magie était bien là…

Le jeu s’est forgé, au fil des années, son petit statut de jeu culte. Inutile de dire que la seconde itération était attendue de pied ferme par les fans, et que tout le monde attendait de voir comment les imperfections de jeunesse du grand frère allaient être corrigés.

Beau, mais creux

Première bonne nouvelle : sur la forme, le jeu ne déçoit pas et reste toujours aussi enchanteur pour les mirettes. On est devant un véritable dessin animé interactif qui nous happe immédiatement et nous transporte dans son univers poétique, chatoyant et coloré. On reconnait bien la patte des studios Ghibli, ce qui est assez amusant pour le coup puisqu’ils ne sont plus à la manœuvre sur cet épisode. Mais Level 5 a bien fait son travail et a coché tout comme il faut chaque case du cahier des charge.

Les paysages sont tous plus enchanteurs les uns que les autres, et offrent une variété bienvenue qui incite à musarder truffe au vent pour découvrir tous les petits secrets cachés ici ou là. Les déplacements sur la carte se font en mode « super-deformed », dans un hommage discret mais bienvenu aux RPG de l’époque 16Bit et SuperNES (ça ne nous rajeunit pas).

Vous croiserez ici ou là des donjons générés aléatoirement dans laquelle la difficulté évolue en fonction des choix du joueur, au travers d’une « jauge de danger » qui augmente au fil du temps et qu’il est possible de faire redescendre en échange de quelques orbes violets. Comme ces orbes sont aussi la monnaie qui sert à déverrouille les coffres de récompenses, il faudra faire des choix et c’est plutôt bien vu.

Techniquement, la partition livrée est absolument impeccable quel que soit le support. Les PCistes seront ravi d’apprendre que le portage a été – pour une fois – parfaitement optimisé pour leur machine de bourgeois : le jeu tourne sans broncher en 4K et en Toutafon™ sur mon propre PC équipé d’une GTX 1070. Je n’ai rencontré aucun bug en une vingtaine d’heures de jeu, ce qui devient rare de nos jours… Par contre, profitez-en bien car cet épisode sera très certainement le dernier à être porté sur PC : il a été piraté le jour de sa commercialisation et les ventes s’en sont fortement ressenties (moins de 8 000 joueurs sur Steam la première semaine, j’imagine que l’éditeur ne doit pas sabrer le champagne en ce moment).

Après ce concert de louanges, il est temps d’aborder le premier sujet qui fâche : l’écriture. Fort tristement, celle-ci n’a pas bénéficié du même soin que les graphismes. Prenons par exemple les personnages. Le chara-design est magnifique, aucun problème là-dessus, mais on ne croise que des clichés à patte sans personnalité, sans enjeu, sans fêlure. Sérieusement, je veux bien être tolérant mais mon détecteur de niaiserie a explosé lorsque le héros du jeu m’a expliqué doctement qu’il souhaitait créer un royaume aux millions de sourires et où tout le monde il se ferait des bisous. Qu’il invite Dominique Strauss-Kahn, ça lui égaiera ses soirées.

Alors certes, une bonne histoire a besoin de personnages archétypaux et d’enjeux bien marqués, mais l’écriture est plus proche d’un Léa passion poney que d’un The Witcher 3 : Wild Hunt, m’voyez. De fait, on ne s’attache pas aux personnages et l’histoire se suit sans déplaisir, certes, mais sans beaucoup de plaisir non plus.

Le conseiller trop malin pour être honnête ? Check, il y est. La demoiselle à natte qui n’aime pas l’autorité mais qui se range sous la bannière du héros ? Check aussi. La grande brute qui a l’air kré kré méchante mais qui est en fait tout gentille dans son petit cœur ? Check, bien sûr. Et on peut continuer comme ça sur des pages et des pages, jusqu’à vous donner envie de terraformer la planète entière à grand coup d’ogive nucléaire. C’est bien dommage, car le matériau méritait clairement un meilleur traitement.

Des combats péchus, mais trop faciles

Le système de combat a bénéficié d’une refonte complète depuis le premier épisode, et il est beaucoup plus dynamique. Chaque personnage dispose de 3 armes de corps à corps, d’une arme à distance, de 4 pouvoirs activables, et de zones de buff générées régulièrement sur l’arène par des petits alliés nommés les mousses.

Le système offre donc beaucoup de variété. C’est bien. Mais en pratique on en a absolument pas besoin. C’est moins bien. Les combats sont beaucoup trop simples, et avec un minimum de doigté on roule sans aucun souci sur à peu près tout ce qui se présente, boss compris. Dans le dernier tiers du jeu, le niveau des ennemis augmente artificiellement d’une dizaine de niveau. Mais même ce rebondissement ne devrait pas vous réveiller de votre torpeur si vous avez pris le temps d’explorer un minimum la carte. Comme dans tout bon RPG japonais qui se mérite, celle-ci est remplie d’une montagne d’ennemis qui repoppent en permanence. L’expérience monte donc assez naturellement et régulièrement.

Dans un autre registre, le jeu essaie de varier les plaisirs en proposant occasionnellement des batailles d’armées. Il n’y a pas grand-chose à en dire, si ce n’est qu’elles sont un peu près aussi plaisantes qu’un passage chez le dentiste sans anesthésie.

Attendez, c’est un free-to-play ou bien ?

Au bout de quelques heures de jeu, vous aurez la possibilité de construire et de gérer votre petite ville bien à vous. C’est encore une fois un ravissement pour les yeux de la voir grossir et se structurer, d’autant qu’il y a pas mal de bâtiments à construire : forge, boutique, marché, école de magie, etc.

Ces différents bâtiments permettent de faire des recherches ou rapportent des matériaux de craft, pour peu que vous mettiez les bonnes personnes dedans. Il y a pas mal de PNJ à recruter, à chaque fois au travers d’une petite quête personnalisée. Vous allez adorer, car les développeurs se sont vraiment donnés du mal pour faire un pot-pourri des quêtes Fedex les plus génériques et les moins inspirées possibles. C’est bien simple, on se croirait presque dans un MMO coréen d’il y a une dizaine d’année. J’ai du mal à voir un roi, excusez du peu, qui court ventre à terre donner un morceau de coton ou une omelette à un apprenti cultivateur qu’il envisage de recruter. Et vous n’allez pas le faire une fois, ni deux, ni 10 : c’est 115 personnages qui pourront venir grossir vos rangs durant l’aventure…

Vous allez forcément devoir en passer par là, puisque les différents sorts ou les différents items à crafter se recherchent exclusivement dans lesdits bâtiments. Cerise sur le gâteau, le tout se fait à une vitesse digne d’un free-to-play sur Facebook qui chercherait frénétiquement à vous faire passer à la caisse. Certains pouvoirs, surtout au début, peuvent prendre pas loin d’une heure de temps (en jeu) pour être découverts. Rassurez-vous, il n’y a pas de micro-transaction à l’horizon : il faut et il suffit juste d’être patient.

Néanmoins, le mécanisme est un peu frustrant car il oblige à revenir assez régulièrement en ville pour « relever les compteurs » et lancer de nouvelles recherches. Cela casse le rythme, les temps de chargement pouvant être assez long (surtout sur console).

Elu meilleur jeu de l'année 2000

S’il était sorti vers la fin des années 90 sur PS1, Ni No Kuni 2 aurait été un pur chef d’œuvre. Il aurait très certainement eût droit à sa critique dithyrambique et son 40/40 sur Famitsu.

Le problème, c’est qu’il arrive 20 ans plus tard. Entre les deux, le centre de gravité des RPG a clairement basculé vers l’Europe et les Etats-Unis. The Elder Scrolls V : Skyrim ou The Witcher 3 : Wild Hunt, par exemple, ont posé les nouvelles bases du genre. Les jeux sont devenus plus ouverts, plus riches, plus immersifs, plus adultes aussi. Pas tant dans l’hémoglobine (même si elle est souvent là) que dans le soin apporté à l’écriture et à la complexité des relations humaines qui y sont décrites.

Force est de constater que les éditeurs japonais ont du mal à prendre le train en marche. On l’a bien vu avec la genèse compliquée et interminable de Final Fantasy XV. Nintendo est le seul à avoir su rebondir, avec un The Legend of Zelda : Breath of the Wild qui va clairement dans la bonne direction.

Le véritable défaut de Ni No Kuni 2, au fond, ce ne sont même pas tous les petits trucs énervants dont on a parlé plus haut. Ceux-là, on peut faire avec. Non : le véritable problème du jeu, c’est qu’il déroule le cahier des charges du RPG Nippon à l’ancienne en pilotage automatique, sans parvenir à s’en écarter d’une virgule. C’est une compilation paresseuse de poncifs, de clichés et de situations vues et revues milles fois. Level 5 ne cherche pas à innover, ni à prendre de risque. Le studio ne fait non plus jamais appel à l’intelligence du joueur.

Alors oui,  c’est une petite madeleine de Proust. Mais une madeleine de Proust oubliée au fond du placard de mamie pendant un paquet d’année, et qui commence sérieusement à sentir le renfermé. Encore une fois, c’est franchement dommage car le matériau d’origine est capable de beaucoup mieux.

La conclusion de

Ni No Kuni 2 est un écrin magnifique contenant un RPG plutôt poussif et mal écrit. C’est un jeu de combat pêchu mais brouillon, offrant pas mal de possibilités sans être capable de les mettre en valeur. C’est un jeu de gestion sympathique, dont la mécanique digne d’un free-to-play ne cesse de frustrer le joueur.

Prise isolément, chaque composante de ce gameplay n’a rien de transcendant et comporte trop de défaut pour valoir le coût. Et pourtant… Une fois combiné, la magie opère et l’ensemble se révèle agréable et intéressant.

Cela n'empêche pas de pester en permanence contre le scénario digne d’une fan-fiction de Naruto, ou de déplorer la lenteur du développement de la ville, ou de regretter le manque de challenge général. Mais on y revient, encore et encore. De manière assez surprenante, l’accumulation de petits soucis donne du charme à l’ensemble, et fait partie de l’expérience plus qu’il ne la détruit.

Au final, Ni No Kuni 2 n’est pas un chef d’œuvre, pas plus d’ailleurs que ne l’étais le premier épisode. Son côté très convenu fait qu'il conviendra parfaitement aux plus jeunes qui souhaiteraient s’initier en douceur au RPG japonais. Pour les autres, le passage à la caisse dépendra de votre capacité à passer outre les défauts mentionnés plus haut et à en apprécier la magie. Dommage par contre que rien n’ait fondamentalement évolué en 8 ans…

Que faut-il en retenir ?

  • Visuellement somptueux
  • Un RPG japonais à l'ancienne
  • Bien rythmé
  • Activités variées, on ne s'ennuie pas

Que faut-il oublier ?

  • Trop facile
  • Personnages aussi profonds qu'une pateaugeoire de piscine
  • Scénario du même tonneau
  • Manque clairement de prise de risque
  • "Créer un royaume aux millions de sourires", sérieusement ?

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