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Critique du film : High Rise [2016], par Vincent L.

Avis critique rédigé par Vincent L. le vendredi 22 avril 2016 à 17h37

La tour Montparnasse infernale...

Après avoir fait ses preuves dans le cinéma indépendant britannique avec trois longs-métrages remarqués (dont Kill List et Touristes, tous deux distribués en France), le cinéaste Ben Wheatley revient avec un long-métrage bénéficiant d'une visibilité plus importante. Adapté d'un best-seller culte (I.G.H. de J.G. Ballard), correctement loti financièrement, disposant d'un casting commercialement plus bankable (avec Tom - Loki - Hiddleston en tête d'affiche), son troisième film, High Rise, s'est frayé un petit chemin à travers l'atlantique, quittant le marché du direct to DVD pour atterrir dans nos salles obscures.

Ce serait pourtant une erreur de penser que le cinéaste s'est engagé sur la voie du mainstream. En effet, Ben Wheatley reste avant tout ce réalisateur iconoclaste dont la forte personnalité marque chacune de ses oeuvres. Celles et ceux qui ont d'ores et déjà pu voir Kill List ou Touristes le savent, on ne peut pas ranger le travail du jeune britannique dans des cases. Ses longs-métrages sont ainsi destabilisants, n'appartiennent à aucun genre pré-définis, contournent les schémas narratifs traditionnels et mettent constamment le spectateur dans une position où rien n'est jamais joué d'avance.

A ce titre, il est intéressant de constater que son adaptation du roman de Ballard est une véritable interprétation personnelle du matériau original. A une époque où "la fidélité à l'oeuvre d'origine" est un canon quasi-incontournable, voir Wheatley s'en emparer pour, au final, le détourner et se l'approprier totalement, s'avère franchement rafraichissant. Par bien des aspects, cela rappelle quelques adaptations remarquables qui ont marqué l'histoire du cinéma, à l'instar de La Mouche (devenu un pur traumastisme Cronenbergien) ou de The Thing (pierre angulaire du cinéma paraoïaque de John Carpenter).


Ainsi, si I.G.H. était un roman d'anticipation au propos politique fort, la vision de Ben Wheatley évacue d'un revers de la main toutes ces composantes de fonds qui, visiblement, ne l'intéressent pas outre-mesure. Du roman, le cinéaste ne va que conserver l'architecture pour proposer une version personnelle, véritable rêve éveillé dans lequel la fable sociale est pour ainsi dire quasi-inexistante. Le spectateur se trouve ainsi balancé dans ce monde sans aucune exposition, sans véritable présentation des enjeux, sans caractérisation des personnages. C'est brouillon, bordélique, mais force est de constater que ça marche.

High Rise ressemble ainsi à un rêve, un pur trip dans lequel toutes les notions de temps, d'espace ou de cohérence disparaissent pour laisser place à un enchevêtrement de situations, de dialogues et d'idées quasi-déconnectées les unes des autres (seul le lieu de l'action maintien un lien entre toutes ces composantes). D'une scène à l'autre, on change de genre, de propos, de thématique, les scènes suréalistes s'enchaînent et les idées de mise en scène fusent. Le personnages principal, quasi-léthargique, n'agit que comme spectateur du petit théâtre des absurdités qui rythme la vie de l'immeuble dans lequel prend place l'action du film.

A ce niveau, le film est donc pour ainsi dire irréprochable. La sensation de regarder un rêve est présente tout au long du film tant ce dernier sait s'affranchir de tous les schémas narratifs traditionnels. Et High Rise n'est pas un petit rêve propret à la David Lynch (façon Mulholland Drive) ou à la Emmanuel Carrère (façon La Moustache), qui n'utilisaient finalement l'argument onirique que pour introduire de l'étrange dans leur récit. C'est bien un enchevètrement de sensations complètement déconnecté de toute forme de réalité, impeccablement mis en scène par le réalisateur, qui au final se ressent plus qu'il ne se pense.


Mais si le film est un tour de force formel indéniable (aidé par un aspect technique très soigné), sa propension à évacuer systématiquement le fond de l'histoire en fait un objet filmique terriblement creux. Sur près de deux heures, le trip finit par petit s'essoufler et perdre le spectateur qui va progressivement assister au travail d'un cinéaste qui se regarde peut être un peu trop filmer. Alors certes, prises indépendamment, les nombreuses séquences du films sont brillantes (et techniquement très appliquées), mais mise bout à bout, c'est surtout la vacuité de l'entreprise qui finit par sauter aux yeux.

D'autant que High Rise n'est tout de même pas dénué de défauts. Ainsi, le scénario (adapté par Wheatley) comporte quelques fautes de goûts difficilement acceptables, notamment quant à l'écriture des quelques personnages féminin (elles sont soit des putes, soit des mamans). De même, le casting s'avère franchement inégal : autour de Tom Hiddleston, qui traverse le film comme un fantôme (mais gageons qu'il s'agit d'un parti pris), on va trouver du très bon (Luke Evans, complètement déchaîné), du franchement mauvais (James Purefoy, comme d'habitude) et du non-concerné (Jeremy Irons, que l'on a connu bien plus inspiré).

La conclusion de à propos du Film : High Rise [2016]

Vincent L.
55

Du pur Ben Wheatley ! Après Kill List et Touristes, le cinéaste impose son univers dans cette adaptation très libre du chef d'oeuvre de J.G. Ballard. Le résultat final est souvent bancal, mais jamais dénué de personnalité, et divisera à coup sur le public par ses partis-pris extrêmes. Mais si l'expérience est passionnante sur la forme, sa propension à sacrifier le fond et tout le propos politique du scénario en font au final un objet vide de sens. Dommage.

Que faut-il en retenir ?

  • Une adaptation pleine de personnalité,
  • Des partis pris de mise en scène intelligents,
  • Techniquement soigné,
  • Un film qui ne laisse pas indifférent.

Que faut-il oublier ?

  • Un film terriblement creux, 
  • De grosses fautes de goûts dans le scénario,
  • Un casting très inégal.

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